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L’analyse technique de base

L’analyse fondamentale est la recherche de titres sous-évalués par rapport à leur valeur supposée réelle. J’utilise le mot « supposée » parce qu’il implique qu’on a étudié des sociétés sous l’angle de leurs ratios financiers, de leurs perspectives de croissance, de leur marché et du cadre de l’économie en général. C’est un travail complexe qui exige des connaissances poussées dans l’interprétation des états financiers, des secteurs du marché et de la croissance économique mondiale, et qui est assez dynamique pour s’adapter aux événements de toutes sortes qui peuvent modifier une analyse réalisée précédemment. Or, une seule personne a rarement le temps et toutes les connaissances requises pour faire le tour de tous ces aspects. Dans la plupart des cas, cette analyse est le fruit du travail d’une équipe composée d’économistes et d’analystes financiers qui œuvrent dans des institutions financières.

L’analyse technique part de l’hypothèse que les investisseurs institutionnels — gestionnaires de fonds de placement, de retraite, de fortunes privées — sont, autant que faire se peut, des êtres rationnels. Le marché exprime donc des prix qui sont le fruit du talent d’analyse et de synthèse de gestionnaires institutionnels.

Qu’en est-il du poids financier des investisseurs privés, des particuliers qui achètent et vendent des titres dans leur REER ou leur CELI ou dans des comptes sur marge ? Leur poids est loin d’équivaloir à celui des investisseurs institutionnels, qui placent des millions et des millions de dollars.

Le prix d’un titre à la Bourse représente le point d’équilibre entre acheteurs et vendeurs, entre toutes les raisons qui constituent l’offre et la demande. Une série de prix traduit donc une tendance du marché : neutre, à la hausse ou à la baisse.

L’analyse technique renonce à comprendre pourquoi un titre est à la hausse, à la baisse ou neutre. Elle agit tout simplement comme « thermomètre » du comportement des prix.

Nous pouvons choisir parmi plusieurs outils qui font office de thermomètres. L’outil de base, incontournable et relativement simple, est celui des moyennes mobiles, plus précisément les moyennes mobiles exponentielles (Exponential Moving Averages ou EMA).

Personnellement, j’utilise une moyenne mobile exponentielle rapide de sept périodes et une lente de 27 périodes. Une période peut couvrir une séance (quotidien), une semaine de séances (hebdomadaire) ou deux minutes à l’intérieur d’une séance (intra-session).

Les signes du début d’une tendance se manifestent quand les deux moyennes mobiles exponentielles se croisent :

  • Si la moyenne mobile exponentielle de sept périodes vient de croiser à la hausse celle de 27 périodes, on a un signal d’achat;
  • Si la moyenne mobile exponentielle de sept périodes vient de croiser à la baisse celle de 27 périodes, on a un signal de vente.

Voici des exemples graphiques, en date du vendredi 6 janvier 2017, de l’application de cette méthode. Ce jour-là, les sept titres suivants de la Bourse de Toronto ont donné un signal à long terme (hebdomadaire) avec le croisement à la hausse des deux moyennes mobiles exponentielles : BXE, FCU, IMG, JAG, OSK, REI/UN et UWE.

Les graphiques hebdomadaires de ces titres illustrent ces moyennes. On note donc qu’en date du vendredi 6 janvier dernier, au moment d’écrire ces lignes, les deux moyennes se sont croisées à la hausse lors de la fermeture de la séance de la première semaine de négociation de 2017. Sur le plan technique, elles indiquaient donc un achat.

Au moment de publier cette lettre, dans une semaine ou plus, et plus tard ensuite, l’investisseur pourra constater de façon concrète si cette méthode d’analyse technique donne des résultats positifs.

À plus court terme, ce même vendredi 6 janvier, les moyennes mobiles exponentielles de sept et de 27 périodes (graphiques quotidiens) ont donné un signal à la hausse pour les sept titres suivants cotés à la Bourse de Toronto : AVL, CG, FM, MAG, PDN, PLI et TVE.

Attention, toutefois : ces signaux techniques d’achat ne sont pas une invitation à investir dans ces titres. En effet, cet article paraîtra après le 6 janvier, et les signaux, entre-temps, auront vieilli. Une règle incontournable de l’analyse technique prévoit que l’on doit obéir au signal au moment où il se produit, jamais après, car il marque le début d’une tendance, mais personne ne peut dire quelle est l’espérance de vie de celle-ci. Autrement dit, voir que le titre a effectivement monté à partir de la date du signal ne signifie pas que la tendance va obligatoirement durer.

Mis à part les signaux du vendredi 6 janvier 2017, le lecteur pourra constater que le croisement des moyennes mobiles exponentielles de sept et de 27 périodes a produit de très bons signaux d’achat et de vente (ou de fin de tendance) pour la plupart des 14 titres illustrés dans les graphiques ci-dessous.

Comme le montrent ces graphiques, la qualité des signaux est meilleure quand le titre n’est pas trop volatil, c’est-à-dire quand il ne change pas de direction abruptement. Ceci est dû au fait qu’en raison de leur structure, les deux moyennes mobiles exponentielles sont lentes à s’adapter aux changements de direction des titres, mais elles donnent de très bons résultats quand ces changements mettent du temps à se produire.

BXE.TO (hebdomadaire)
BXE.TO (hebdomadaire)
FCU.TO (hebdomadaire)
FCU.TO (hebdomadaire)
IMG.TO (hebdomadaire)
IMG.TO (hebdomadaire)
JAG.TO (hebdomadaire)
JAG.TO (hebdomadaire)
OSK.TO (hebdomadaire)
OSK.TO (hebdomadaire)
REI/UN.TO (hebdomadaire)
REI/UN.TO (hebdomadaire)
UWE.TO (hebdomadaire)
UWE.TO (hebdomadaire)
AVL.TO (quotidien)
AVL.TO (quotidien)
CG.TO (quotidien)
CG.TO (quotidien)
FM.TO (quotidien)
FM.TO (quotidien)
MAG.TO (quotidien)
MAG.TO (quotidien)
PDN.TO (quotidien)
PDN.TO (quotidien)
PLI.TO (quotidien)
PLI.TO (quotidien)
TVE.TO (quotidien)
TVE.TO (quotidien)
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L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI

Charles K. Langford

Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).

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