Haut de la page
Toutes les notions

Comment choisir et comparer les FNB

Une revue rapide des facteurs à considérer pour choisir entre deux FNB comparables
par John Gabriel, stratège en FNB auprès de Morningstar, responsable de la recherche sur les FNB canadiens.

Prendre vos précautions peut vous épargner beaucoup de souci quand vous voulez investir dans les FNB. Dans tous les segments du marché, il n'est pas rare de trouver deux FNB ou plus qui se ressemblent, mais proviennent de prestataires ou de familles de fonds différents. Alors que se poursuit la croissance de l'industrie des FNB, le nombre de produits comparables (ou dont le nom se ressemble) ne manquera pas d'augmenter.

Raison de plus pour épousseter votre trousse à outils de placement et apprendre à comparer les FNB à acheter. J'ai énuméré ci-dessous certains facteurs de différentiation cruciaux qu'un investisseur devrait avoir à l'esprit en comparant deux FNB similaires consacrés au même segment du marché.

Ratio des frais de gestion (RFG)

Le ratio des frais est ce qui prédit de la façon la plus fiable le rendement futur des fonds de placement, et les FNB n'y font pas exception : en d'autres termes, les fonds bon marché tendent en moyenne à avoir de meilleurs rendements que les fonds plus onéreux. Et à bien des égards, les FNB et les fonds indiciels sont des marchandises; comme il y a peu de différentiation entre eux, autant se décider pour le moins cher.

Par exemple les FNB Claymore Gold Bullion (non-hedged) et iShares Gold Trust sont deux produits très comparables, et tous deux détiennent de vrais lingots d'or, mais le fonds iShares coûte 0,25 %, et le fonds Claymore 0,50 %. Cette grosse différence de prix pour des produits aux caractéristiques de risque/rendement identiques nous conduit à accorder notre préférence au fonds iShares.

Construction de l'indice et avoirs sous-jacents

Deux FNB axés sur le même secteur qui portent des noms semblables peuvent détenir des avoirs sous-jacents complètement différents si les indices qu'ils pistent sont construits différemment. Cela, bien sûr, signifie que les deux FNB auront des profils risque/rendement différents. Vérifier ce qu'il y a sous le capot de chaque FNB permet de voir ce que le fonds détient, comment il pondère ses avoirs et à quel point il est diversifié ou non. Plus simplement, le nom ne suffit pas.

Par exemple, le Fonds BMO d'infrastructures mondiales ZGI détient 50 actions, avec environ 63 % de ses actifs concentré dans ses 10 avoirs principaux, alors que le FNB Claymore Global Infrastructure CIF en détient 60, avec seulement 37 % dans ses 10 avoirs principaux. Si vous tentiez de vous décider pour l'un ou l'autre de ces produits seulement à partir du nom, vous n'auriez aucun moyen de savoir que le fonds BMO piste un indice pondéré selon la capitalisation boursière, alors que le fonds Claymore sélectionne et pondère ses avoirs selon un processus quantitatif maison à plusieurs facteurs.

Ces compositions de portefeuille différentes ont créé un écart de 11 % entre les rendements produits par ces deux FNB. De plus, le FNB Claymore exige un RFG de 0,72 % pour sa stratégie maison, alors que le FNB BMO prélève 0,55 % pour pister un indice ordinaire.

Commissions d'achat et de vente

Lorsque vous comparez divers FNB et vous attardez sur leurs différences, penchez-vous aussi sur le prix que vous devrez payer pour les acheter et les vendre. Cas frais de transactions varieront en fonction de votre firme de courtage, et il est donc important de lire ce qu'il y a en « petits caractères ».

Si vous êtes un investisseur à long terme et que vous prévoyez investir une grosse somme sans y toucher, les commissions ne devraient pas trop vous concerner. En revanche, si vous vous livrez à des transactions fréquentes ou souhaitez adopter une approche d'achats périodiques par sommes fixes en investissant régulièrement de petites sommes d'argent à long terme, les frais de courtage peuvent vite s'accumuler et rogner vos rendements.

Pour surmonter cet obstacle, Claymore Investments a lancé une série de programmes d'investissement par l'entremise d'un accord passé avec plusieurs firmes de courtage canadiennes. Le Programme de prélèvements automatiques des cotisations en espèces (PPACE) offert par cette firme permet aux porteurs de parts d'investir régulièrement (disons tous les mois ou tous les trimestres) dans un des FNB Claymore sans se soucier des commissions de courtage. Cette formule est conçue pour que les investisseurs puissent accumuler des actifs sur une longue période et tirer profit des avantages qu'apportent les achats périodiques par sommes fixes.

Écart entre cours acheteurs et vendeurs

Les investisseurs dans les FNB devraient aussi se soucier des écarts entre les cours acheteurs et vendeurs. Ces écarts ne sont pas un problème pour les fonds communs indiciels traditionnels. Le prix que l'on paie est égal à la valeur liquidative par part à la fin de la journée. Mais les FNB, comme les actions, sont sujets à des transactions intrajournalières sur les places boursières, et les acheteurs et les vendeurs doivent se mettre d'accord sur les prix. Les rapports Fiche-Éclair de Morningstar sur les FNB montrent le prix maximum qu'un acheteur est disposé à payer pour un FNB et le plus bas prix auquel un vendeur est prêt à vendre. Plus la différence entre les deux est grande, plus les coûts d'exécution de la transaction sont élevés.

La taille de l'écart donne une idée de la liquidité d'un FNB et de ses avoirs sous-jacents. Les FNB dont le volume transactionnel est élevé et qui détiennent aussi des titres extrêmement liquides ont des écarts acheteur-vendeur très faibles. Par exemple, l'écart du FNB iShares S&P/TSX 60 CIF s'élève toujours à seulement un cent. Les FNB moins liquides, de leur côté, montrent des écarts beaucoup plus élevés. Par exemple, celui du FNB Horizons AlphaPro Gartman ETF CIF était récemment de 1 %.

L'écart peut augmenter ou se resserrer selon la liquidité des avoirs sous-jacents des FNB concernés. La plupart des FNB ont des écarts assez minces. Même ainsi, je recommanderais qu'à l'exception des FNB les plus liquides, les investisseurs aient toujours recours à des ordres à cours limité pour aider à s'assurer que le prix d'exécution est juste.

Prime/rabais

La valeur liquidative par part (VLPP) d'un FNB se calcule en divisant la valeur totale des titres en portefeuille par le nombre de ses parts en circulation. Par ailleurs, le prix en bourse d'un FNB – celui auquel on achète et vend vraiment ses parts – est déterminé par la loi de l'offre et de la demande, tout comme dans le cas des actions. Par conséquent, le prix en bourse d'un FNB peut dévier de sa VLPP. Lorsque son prix en bourse est plus élevé que sa VLPP, le FNB se négocie à prime, ce qui veut dire qu'on paie davantage pour un FNB que la valeur réelle de ses avoirs. Lorsque le prix en bourse d'un FNB est plus bas que sa VLPP, il se négocie à rabais, et vous en faites l'achat à un prix inférieur à la valeur de ses avoirs.

De même que l'écart acheteur/vendeur, les primes et les rabais d'un FNB sont affectés par la liquidité de ses avoirs sous-jacents et son volume de transactions. Par conséquent, les FNB qui font le commerce de titres extrêmement liquides – comme les actions canadiennes à grande capitalisation ou les obligations gouvernementales – tendent à n'afficher que de faibles rabais et primes. Mais les chiffres de primes et de rabais prennent plus d'importance dans le domaine des FNB d'actions internationales, d'obligations non gouvernementales et de marchandises, ces catégories d'actifs pouvant de négocier à prime ou à rabais en raison de déséquilibres entre l'offre et la demande, voire d'autres facteurs. Cela ne veut pas dire que vous devriez éviter ces FNB, car ils pourraient présenter des avantages du point de vue de la diversification. Qui plus est, les primes et les rabais s'auto-corrigent souvent, et ce qui peut paraître une prime élevée aujourd'hui pourrait ne plus être là demain.