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Éloge de la simplicité

Pourquoi se compliquer la vie quand ça peut être si simple ? Par exemple, prenez les fonds négociés en bourse : existe-t-il d'autres stratégies d'investissement aussi simples que diversifiées qui puissent permettre à un investisseur de faire mieux que les trois quarts des gestionnaires de fonds ? À cette question, les adeptes des « Dogs » du Dow Jones vous répondront que si. Selon ces derniers, un investisseur n'a qu'à investir dans les 10 titres de l'indice Dow Jones (lequel en compte 30 au total) offrant le rendement en dividende le plus élevé (c.-à-d. dividende annuel divisé par le cours de l'action). Douze mois plus tard, celui-ci n'a qu'à recommencer le processus en investissant de nouveau dans les 10 titres procurant le meilleur rendement sous forme de dividende.

En tant qu'investisseur, le fait qu'il s'agisse de titres dont le cours s'est replié durant la dernière année ne devrait pas vous inquiéter outre mesure. En effet, les mal-aimés des investisseurs offrent au moins l'avantage d'être disponibles à prix d'aubaine. À cet égard, un rendement en dividende supérieur à 3 % constituera parfois un frein à toute baisse plus prononcée de l'action.

Une étude publiée en 2003 dans le Financial Analysts Journal confirme que la stratégie des «Dogs», appliquée au marché canadien, a procuré d'excellents résultats ces dernières années. Selon les deux auteurs de la recherche, les 10 titres du TSE 35 (aujourd'hui on parle plutôt du TSX 60) qui, année après année, ont offert les meilleurs rendements en dividende ont également obtenu un rendement total supérieur à ceux des indices de référence, en l'occurrence le TSE 35 et le TSE 300.

Bien que le recours à cette stratégie d'investissement eût impliqué un nombre de transactions plus élevé que celle consistant à investir dans un fonds négocié en bourse, il n'en demeure pas moins que les rendements dégagés auraient toutefois été supérieurs à ceux obtenus par cette seconde approche. Mieux encore : bien que plus coûteuse sur le plan fiscal qu'une stratégie consistant simplement à investir dans un indice, la méthode des «Dogs» du TSE 35 a procuré des rendements nets plus élevés.

Les revenus de dividendes étant plus fortement imposés que les gains en capital, les chercheurs se sont demandés si la stratégie des « Dogs » du TSE 35 était fiscalement avantageuse. Même en supposant un taux d'imposition de 40 % pour la stratégie des « Dogs » du TSE 35, contre un taux d'imposition de 20 % pour l'investissement dans un fonds indiciel du TSE 35, la première option supplantait la seconde. À risque égal, un investissement dans les 10 « Dogs » du TSE 35 s'avérait également plus rentable qu'un placement dans les 35 compagnies composant le TSE 35.

Des chiffres en provenance d'Angleterre, d'Australie et d'Europe continentale (l'indice Stoxx 50) font état de rendements très impressionnantsà long terme pour les « Dogs étrangers ». Par un drôle de paradoxe, il semble qu'au cours des dix dernières années, la stratégie des « Dogs » ait mieux fonctionné sur les marchés étrangers qu'aux États-Unis, pays d'où cette stratégie de placement tire pourtant ses origines.