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Titres à privilégier

Rogers Sugar Inc.

Frederic Tremblay, CFA, Analyste

  • La position de chef de file de Rogers Sugar dans le marché canadien du sucre raffiné lui procure des assises défensives et permet de générer des flux de trésorerie stables.
  • L'acquisition récente d'une position dominante dans le marché d'embouteillage et de distribution du sirop d'érable constitue un axe de croissance complémentaire (interne et en vertu d'éventuelles acquisitions) aux activités traditionnelles de sucre raffiné de la société.
  • L'attrayant dividende de Rogers Sugar est durable.

Rogers Sugar est un chef de file canadien dans le raffinage, la transformation, la distribution et la commercialisation de produits du sucre (sucre cristallisé, sucre à glacer, cubes de sucre, cassonade dorée et cassonade brune) par l'entremise de sa filiale Lantic. En 2017, la société a également fait son entrée dans le marché d'embouteillage et de distribution du sirop d'érable au moyen de deux acquisitions. La « nouvelle » société Rogers Sugar en sera à sa première année complète en 2018. Selon nous, le sirop d'érable est une heureuse addition au portefeuille de produits de l'entreprise, car il constitue une plateforme à fort potentiel de croissance, aussi bien sur le plan organique que par l'entremise d'une éventuelle consolidation continue d'un marché relativement fragmenté, sans compter les occasions de revenus et de synergie de coûts qu'il présente.

Encore totalement absente du marché au premier semestre de 2017, la société Rogers Sugar accapare maintenant selon nous une part prépondérante de 25 à 30 % du marché mondial d'embouteillage et de distribution du sirop d'érable grâce aux acquisitions de LB Maple Treat et de Decacer en août et novembre 2017, respectivement. Nous soulignons que la consommation de sirop d'érable s'accroît très rapidement à la faveur d'une hausse de la consommation par habitant et de la mise en valeur des marchés. Le sirop d'érable s'accompagne non seulement de perspectives de croissance organique plus saines que celles du marché canadien du sucre raffiné arrivé à maturité, mais également d'occasions de fusions et acquisitions plus nombreuses. En 2018, nous pensons que Rogers Sugar mettra l'accent sur l'intégration de ses récentes acquisitions tout en restant à l'affût d'autres occasions de fusions et acquisitions.

Le sucre raffiné demeure le plus gros des activités de Rogers Sugar (entre 75 et 80 %), alors que la société détient une part d'environ 55 % du marché canadien de type duopole et génère des flux de trésorerie fiables. Bien que la croissance du marché canadien du sucre soit relativement anémique, Rogers Sugar s'attend à réaliser pour une quatrième année consécutive une croissance du volume des ventes de sucre à l'exercice 2018, la direction misant sur une hausse de 1,4 %.

Nos prévisions commandent une hausse du BAIIA ajusté de 28 % d'un exercice à l'autre, à 107,2 M$ CA à l'exercice 2018, progression stimulée en grande partie par l'apport des récentes acquisitions dans le secteur du sirop d'érable et par des synergies connexes. Bien que la mise en œuvre prochaine d'un projet lié à la conformité aux normes d'émissions atmosphériques aux installations d'Alberta exigera des dépenses en capital supplémentaires, nous considérons que le dividende attrayant de 0,36 $ CA (rendement en dividendes de 5,9 %) de Rogers Sugar est durable compte tenu de nos estimations du ratio de distribution de 83 % à l'exercice 2018 et de 75 % à l'exercice 2019.

L'évaluation de Rogers Sugar est attrayante à nos yeux et nous estimons que la récente incursion appréciable de la société sur le marché à forte croissance du sirop d'érable commande une légère prime par rapport à sa moyenne historique de 9,5x le BAIIA. Nous avons établi notre cours cible de 7,50 $ CA en
appliquant un multiple de 9,75x à notre estimation du BAIIA pour 2019.

Notre recommandation à l'égard de l'action de Rogers Sugar en est une d'Achat–Risque moyen.

TELUS Corporation

Maher Yaghi, CPA, CMA, CFA, Analyste

  • Croissance vigoureuse du BAIIA consolidé de la société.
  • Meilleure croissance du dividende parmi les grandes capitalisations de l'industrie et attrayant rendement en dividendes de 4,5 % à l'heure actuelle.
  • Forte augmentation des flux de trésorerie par suite de la décélération du programme de dépenses en immobilisations.

Établie à Vancouver, TELUS est une entreprise de télécommunications qui offre une gamme complète de services filaires et sans fil. Les revenus de la société s'élèvent à plus de 13 G$ CA par année. TELUS poursuit ses activités principalement dans les provinces de l'ouest du Canada et dans l'est du Québec. Au fil des ans, la société a tablé essentiellement sur le réinvestissement de ses flux de trésorerie disponibles pour propulser son développement, et non sur les opérations de fusion et d'acquisition comme l'ont fait ses pairs à grande capitalisation.

Nous prévoyons que le BAIIA de TELUS devrait faire bonne figure au sein de l'industrie en 2018, du fait de la tendance favorable des données sur les abonnés dont jouit la société. TELUS prévoit que la croissance du BAIIA se chiffrera entre 4 % et 7 % en 2018, en comparaison de 2 % et 4 % pour BCE et de 5 % et 7 % pour Rogers. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Dans un premier temps, la composition des revenus que génère la société est attrayante, puisqu'elle tire une forte proportion de son BAIIA des services sans fil tout en étant peu exposée au marché des services de télévision qui régresse. De fait, la société profite de la vigueur généralisée du marché des services sans fil au Canada, en raison de l'évolution favorable de la démographie et de l'amélioration notée en ce qui a trait à l'adoption du sans-fil par les consommateurs. Deuxièmement, TELUS détient toujours un avantage concurrentiel en ce qui a trait à la zone de couverture de ses services filaires du fait de l'excellente qualité de son réseau de fibre optique qui ne cesse de croître. Enfin, la société affiche l'un des meilleurs taux de désabonnement de l'industrie eu égard aux services sans fil, ce qui constitue un bon indicateur du degré de satisfaction de la clientèle dans son ensemble. Les facteurs qui précèdent compensent largement les pressions actuellement ressenties dans le marché traditionnel de la téléphonie résidentielle, la société pouvant offrir des services sans fil en remplacement des services de téléphonie traditionnelle.

Nous estimons que le dividende versé par TELUS en 2018 équivaudra à environ 88 % de ses flux de trésorerie disponibles. Il s'agit d'une grande amélioration par rapport au taux de 112 % enregistré par la société l'année dernière, surtout si l'on considère une croissance annuelle du dividende de 7 à 10 % qui s'avère inégalée parmi les sociétés à grande capitalisation. Ce resserrement prévu de la situation de trésorerie s'explique par une forte croissance du BAIIA et une baisse quant au déploiement des dépenses en immobilisations. Afin de profiter de coûts d'emprunt se situant à des niveaux historiquement bas, TELUS avait fait le pari d'investir massivement dans son réseau de fibre optique jusqu'au domicile (FTTH). À notre avis, c'était la stratégie à adopter. Outre ce réseau filaire de qualité supérieure, TELUS s'est récemment vu décerner le titre de société proposant le réseau le plus rapide au pays, caractéristique susceptible de rehausser encore davantage la satisfaction de la clientèle. Le ratio de la dette nette/BAIIA est de 2,7x actuellement. Ce paramètre d'endettement nous paraît gérable et il devrait commencer à diminuer vers la fin de 2018.

Les activités sans fil de TELUS ont affiché une solide performance au cours des derniers trimestres, ce qui devrait contribuer à assurer la rentabilité future de la société. Notons également que le lancement d'un nouveau produit de services de télévision par Shaw Communications (principal concurrent sur le marché filaire dans l'Ouest canadien) n'a pas eu d'incidence ou presque sur les résultats de TELUS. C'est un signe de l'attrait élevé des produits commercialisés par TELUS.

L'action de TELUS s'échange à un escompte de 0,4x sur la base de Valeur d'entreprise(VE)/BAIIA (EF2) en comparaison de ses pairs du secteur canadien des télécommunications, et ce, malgré une croissance du BAIIA et du dividende sans pareille au sein de son industrie. Nous sommes donc d'avis qu'il y a de la marge de manœuvre pour une éventuelle expansion du multiple. À son cours actuel, l'action de TELUS affiche un rendement en dividendes attrayant de 4,5 %. Notre cours cible de 52,00 $ CA pour l'action de TELUS repose sur la moyenne de deux modèles d'évaluation, à savoir l'actualisation des flux de trésorerie et la valeur de l'actif net.

Liste des titres à privilégier

Société Symbole Cours ($ CA) Capitalisation boursière (M$ CA) Recommandationnote de bas de page 1 Cours cible ($ CA) Rendement en dividende (%) Rendement total potentiel (%) Secteur
Société financière Manuvie MFC 24,68 48 912 Achat–RSM 30,00 3,6 % 25 % Assurance vie
Alimentation Couche-Tard inc. ATD.B 62,47 35 249 Achat-RM 78,00 0,6 % 25 % Produits de consommation
Financière Sun Life inc. SLF 53,75 32 813 Achat-RSM 58,00 3,4 % 11 % Assurance vie
TELUS Corporation T 45,35 26 963 Achat-RM 52,00 4,5 % 19 % Télécommunications, médias et techn. de l'info
Algonquin Power & Utilities Corp AQN 12,76 5 507 Achat-RM 16,00 4,6 % 30 % Énergie et services publics
Uni-Sélect inc. UNS 22,94 970 Titre favori–RM 34,00 1,6 % 50 % Consommation discrétionnaire
Transat A.T. inc. TRZ 10,72 416 Achat–RM 20,00 87 % Transport et aéronautique

Commentaires explicatifs

  • Modification de cours cible : UNS passe de 37 à 34 $.
  1. M : Risque moyen; RSM : Risque supérieur à la moyenne
    Sources : Desjardins Marché des capitaux, Bloomberg, FactSet
 
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