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Pour réussir à coup sûr en bourse

À l’aube de la saison de baseball, j’ai cru bon d’établir un parallèle entre un coup de circuit et notre désir de faire de l’argent rapidement avec le prochain investissement à rendement élevé.

L’an passé, Khris Davis, le joueur étoile des Athletics d’Oakland, une franchise de la Ligue majeure de baseball, a terminé bon premier au chapitre des coups de circuit avec un total de 48. En guise de reconnaissance, la direction de l’équipe lui a octroyé un nouveau contrat d’un an d’une valeur de 16,5 millions de dollars américains. Assurément, Khris Davis vaut son pesant d’or malgré le fait que son taux d’efficacité n’a été que de 24,7 % (l’équivalent d’une « moyenne au bâton » de 0,247). Cela veut dire qu’en moyenne, il frappe au minimum un coup sûr seulement une fois sur quatre!

Bien entendu, un coup de circuit est un événement spectaculaire au baseball. D’un seul élan, un joueur permet à son équipe de marquer au moins un point. Voilà pourquoi plusieurs négociateurs actifs s’inspirent de ce concept dans leur gestion de portefeuille. Avec un seul ou un nombre limité de placements, ils souhaitent réaliser un rendement exceptionnel. Malheureusement, une telle stratégie n’est pas profitable à long terme. Par exemple, il est tentant d’acheter des actions qui se négocient sous la barre du dollar, sous prétexte d’obtenir une aubaine et de profiter d’un effet de levier. Souvent, ces titres appartiennent à des secteurs d’activité prometteurs et en vogue comme la biotechnologie, l’intelligence artificielle et le lithium. Or, la plupart du temps, le rapport rendement/risque est défavorable. En effet, la firme d’investissement Crest Wealth Advisors a analysé le comportement de 5 000 actions ayant un prix inférieur à cinq dollars entre 1992 et 2003, et lorsqu’une action se retrouvait à moins de un dollar, il y avait 82 % de risques qu’elle y demeure en permanence.

Contrairement à Khris Davis, dont le salaire est garanti nonobstant sa performance, il est préférable de prôner une approche plus conservatrice. Au lieu de rechercher activement le prochain « coup de circuit », je vous invite plutôt à penser en termes de « coup sûr », c’est-à-dire en portant une attention particulière à la probabilité de succès ainsi qu’au potentiel de baisse de votre portefeuille. Pour y parvenir, un portefeuille équilibré composé d’actions et d’obligations correspondant à vos objectifs de rendement et à votre tolérance au risque constitue un bon point de départ.

À cet égard, voici les résultats d’une analyse effectuée par le blogueur boursier Ben Carlson pour un portefeuille 60/40 (60 % en actions du S&P 500, 40 % en obligations du Trésor américain à 5 ans) entre 1926 et 2018.

Horizon de placement Probabilité d’un rendement positif Probabilité d’un rendement négatif
1 an 80 % 20 %
5 ans 95 % 5 %
10 ans 100 % 0 %
20 ans 100 % 0 %
Meilleur rendement total enregistré sur 10 ans Pire rendement total enregistré sur 10 ans
363,4 % 0,4 %
351,7 % 4,6 %
347,9 % 8,9 %
345,4 % 12,1 %
344,4 % 12,3 %

*Le rendement total est calculé sur une période mobile des 12 mois précédents

Source : Ben Carlson. Diversification is (Almost) Undefeated, A Wealth of Common Sense, 15 janvier 2019.

À la lumière de ce qui précède, une stratégie aussi simple qu’un portefeuille équilibré détenu pendant au moins 10 ans vous assure à coup sûr un rendement positif. Pour ne pas rater votre coup, optez donc pour la prudence plutôt que de tenter le tout pour le tout!

Sources
  • Ben Carlson, Diversification is (Almost) Undefeated, A Wealth of Common Sense, 15 janvier 2019.
  • Leigh Gallagher, Avoiding The Pitfalls Of Orphan Stocks,Forbes, April 24, 2003

L'auteur

Michel Villa

Michel Villa

Conférencier, chroniqueur et formateur en bourse