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Les cinq résolutions de l’investisseur autonome pour 2018

Saviez-vous que près d'une personne sur deux prend des résolutions au début de chaque année?

Hélas, selon le professeur Richard Wiseman de l'Université du Hertfordshire, en Angleterre, seulement 10 % d'entre elles atteignent leurs objectifs. D'après lui, la clé du succès consiste à découper chaque objectif en étapes concrètes et réalisables, ce qui procure un sentiment d'accomplissement personnel plus grand. De cette façon, les gens prennent plus facilement conscience de leurs progrès et sont moins vulnérables dans les moments difficiles. C'est pourquoi j'ai cru bon de vous présenter une liste de cinq résolutions simples mais essentielles à adopter quand on est un investisseur autonome. Pour ce faire, je me suis inspiré, entre autres, d'événements boursiers qui ont marqué la dernière année.

Résolution no 1 – Développer sa philosophie de placement

Nombre de personnes pensent – à tort – que la Bourse est un jeu. En effet, négocier des actions n'a jamais été aussi facile. D'abord, l'accès à l'information financière s'avère maintenant possible grâce aux avancées technologiques (sites Web spécialisés en finance, webinaires, réseaux sociaux). Ensuite, les barrières à l'entrée sont négligeables (achat d'un ordinateur, accès à Internet, frais de transactions). Enfin, pour générer du rendement, rien n'est plus simple : il suffit d'acheter une action et de la revendre à profit! Ainsi, au lieu d'appliquer une approche d'investissement rigoureuse, l'investisseur privilégie certains véhicules financiers très médiatisés comme les actions d'Amazon, les nouvelles sociétés de production de cannabis ou le Bitcoin, et ce, sans raison valable. Il est donc pertinent de créer sa propre méthode d'analyse pour établir ses stratégies d'investissement.

Résolution no 2 – Demeurer investi

En 2017, les indices de référence comme le S&P/TSX, le S&P 500, le Dow Jones Industrial Average et le NASDAQ se sont négociés à de nouveaux sommets historiques, en dépit de nouvelles potentiellement négatives comme les tests de missile de la Corée du Nord, l'attentat-suicide à Manchester, les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine, la menace de Donald Trump de résilier l'ALENA et les ouragans Harvey et Irma. Sachant que la douleur émotionnelle ressentie par une perte financière est plus importante que la satisfaction tirée d'un profit similaire, l'investisseur a tendance à se départir de ses actions lorsque ce type d'épisodes survient, ce qui nuit considérablement à sa performance boursière à long terme. D'ailleurs, une étude menée par la société BlackRock entre 1996 et 2015 a démontré que l'investisseur moyen a affiché un rendement annualisé moyen de 2,11 %, alors que celui du S&P 500 a atteint 8,19 %! Souvent, à la Bourse, l'approche passive, c'est-à-dire celle qui consiste à ne rien faire, est la meilleure stratégie.

Résolution no 3 – Diversifier son portefeuille

Au printemps dernier, l'action de Home Capital Group a chuté de plus de 80 % à la suite d'allégations de pratiques commerciales douteuses formulées par la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario. Bien qu'elle ait regagné une partie du terrain perdu depuis, l'action se négocie en deçà de son récent sommet, d'où l'importance de diversifier son portefeuille en répartissant ses investissements entre différents titres, secteurs d'activité et styles de gestion. Peu importe la qualité et la rigueur de votre processus d'investissement, il faut reconnaître que ce genre de situation est fréquent. Or, peu de personnes adhèrent à ce principe de gestion du risque. D'après une analyse de l'activité boursière de 40 000 comptes d'une firme de courtage à commissions réduites, le nombre moyen de titres en portefeuille est de quatre!

Résolution no 4 – Chercher plutôt les « aubaines »

Comme vous vous en doutez sûrement, l'expression « acheter bon marché et vendre à prix élevé » représente l'objectif ultime de tout investisseur désireux de générer un rendement satisfaisant à long terme. En général, les investisseurs ont plutôt tendance à faire l'inverse, c'est-à-dire « acheter à prix fort et vendre à bas prix ». Qui n'a jamais acquis une action simplement parce qu'elle avait monté en flèche, pour la revendre après une baisse prononcée de son cours? Il est donc préférable d'acheter pendant une phase baissière plutôt qu'haussière. Par exemple, un investisseur qui, entre 2000 et 2015, aurait acheté le S&P 500 chaque fois que cet indice se négociait à son plus haut niveau des 50 dernières sessions et qui aurait conservé ses achats pour les dix prochaines séances de négociation aurait obtenu un rendement moyen par transaction de 0,14 %. S'il avait opté pour une stratégie visant plutôt l'achat du S&P 500 lorsqu'il s'échangeait à son niveau le plus bas des 50 dernières sessions, le rendement moyen par transaction aurait été de 0,50 %.

Résolution no 5 – S'efforcer de garder les choses simples

Au cours des 50 dernières années, le S&P 500 a progressé près de 90 % du temps à l'extérieur d'une période de récession. Selon l'équipe d'économistes de Wells Fargo, une institution financière américaine réputée, la probabilité d'une récession aux États-Unis au cours des six prochains mois est de 0,20 %! C'est la raison pour laquelle il faut demeurer optimiste en ce qui a trait aux perspectives de rendement boursier en 2018; pour y parvenir, il est prioritaire de garder le cap en diminuant son activité transactionnelle. Autrement, vous risquez de vous nuire inutilement. En effet, les chercheurs Barber et Odean ont analysé les états de compte de plus de 66 000 investisseurs qui avaient un compte de courtage à commissions réduites entre 1991 et 1996. Leur objectif était d'évaluer le nombre de transactions effectuées et le rendement obtenu. À la surprise de plusieurs, les investisseurs qui se trouvaient dans le premier quartile sur le plan de l'activité boursière ont dégagé un rendement annuel moyen de 11,4 %, comparativement à 18,5 % pour ceux qui se classaient dans le dernier quartile.

Je vous invite donc à commencer l'année du bon pied en appliquant ces recommandations. De plus, je vous encourage à vous inscrire à l'un des nombreux programmes de formation offerts par Desjardins Courtage en ligne. Que ce soit l'analyse technique, les options ou la gestion du risque, il vous sera possible d'acquérir les connaissances, les compétences et les habiletés nécessaires pour établir et gérer adéquatement vos stratégies d'investissement. Ainsi, à l'image des principaux indices de référence, votre portefeuille pourrait atteindre de nouveaux sommets historiques.

Sources :

  • Brad M. Barber et Terrance Odean. Trading is Hazardous to Your Wealth: The Common Stock Investment Performance of Individual Investors, The Journal of Finance, vol. 55, no 2, avril 2000.
  • BlackRock. Investing and Emotions: the average investor underperforms, 2016.
  • J.B. Marwood. 10 Things That Don't Work Trading Stocks, 2016.
  • John C. Norcross. Auld lang syne: success predictors, change processes, and self-reported outcomes of New Year's resolvers and nonresolvers, Journal of Clinical Psychology, 58 (4), p. 397-405, 2002.
  • Meir Statman. Finance for Normal People: How Investors and Markets Behave, Oxford University Press, 2017.
  • North Derbyshire Clinical Commissioning Group, Make Your New Year's Resolution a Success, 30 décembre 2014.

L'auteur

Michel Villa

Michel Villa

Conférencier, chroniqueur et formateur en bourse