Commentaire financier du jour

Canada

La Banque du Canada a exprimé son optimisme au sujet des perspectives d’une reprise forte plus tard cette année malgré une série de statistiques faibles, maintenant intacte les attentes d’une reprise de la réduction des achats d’obligations en octobre. Dans un communiqué publié à Ottawa mercredi, les autorités monétaires ont laissé leur principal taux d’intérêt à son plancher historique et ont maintenu le rythme actuel des achats d’obligations, mais elles ont réitéré la prévision d’une accélération de la croissance au deuxième semestre de cette année. Le ton empreint d’un optimisme prudent donne à penser que les grands argentiers sous la houlette du gouverneur Tiff Macklem n’ont pas été ébranlés par les statistiques de l’activité économique plus faibles que prévu de la semaine dernière qui avaient jeté un doute sur le rythme de la reprise. Les analystes avaient largement anticipé cette décision de ne pas bouger, beaucoup s’attendant à ce que la banque centrale recommence à réduire l’assouplissement quantitatif dès le mois prochain. La banque centrale a maintenu son taux de financement à un jour de référence à 0,25 % de même qu’un engagement à ne pas le relever avant que les dommages infligés par la pandémie de COVID-19 soient entièrement réparés. La banque a aussi dit qu’elle continuera d’acheter pour 2 milliards $ d’obligations du Canada par semaine, tout en réaffirmant que le rythme des achats d’actifs diminuera à mesure que la reprise se poursuit.

États-Unis

La secrétaire au Trésor, Janet Yellen a prévenu mercredi la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, que le simple spectre d’une défaillance des États-Unis peut avoir à lui seul des conséquences dramatiques pour les marchés financiers américains et a appelé les dirigeants démocrates à relever ou suspendre le plafond de la dette le plus tôt possible. Mme Yellen a réitéré que les législateurs ont jusqu’au mois d’octobre avant que son département épuise ses efforts étendus pour éviter ce qui constituerait un cas de défaillance historique. « Un retard qui remettrait en question la capacité du gouvernement fédéral d’honorer toutes ses obligations entraînerait probablement des dommages irréparables pour l’économie américaine et les marchés financiers du monde », a dit Mme Yellen à Mme Pelosi, D-Calif., dans une lettre datée de mercredi. La plupart des économistes estiment qu’une défaillance des États-Unis déclencherait un grave ralentissement économique et ferait grimper en flèche les coûts d’emprunt dans toute l’économie américaine. Malgré les conséquences graves, les législateurs n’ont pas beaucoup avancé. Le plafond empêche le Trésor d’émettre de nouvelles obligations pour financer les activités du gouvernement une fois qu’un certain niveau de dette, ou une date préétablie, sont atteints. Ce niveau atteignait 22 000 milliards $US le 30 août 2019 et le plafond a été suspendu jusqu’à la fin de juillet 2021. La nouvelle limite de la dette inclut les emprunts additionnels de Washington depuis l’été 2019. Le Congressional Budget Office a estimé en juillet que le nouveau plafond sera probablement légèrement supérieur à 28 500 milliards $US.

Europe

Les participants du marché surveillent attentivement la Banque centrale européenne cette semaine alors que l’institution de Francfort est réunie pour discuter des mesures de stimulation pendant la pandémie sur fond d’inflation galopante et de croissance économique solide. Certains, à l’intérieur et à l’extérieur de la Banque, croient qu’il est largement temps que la BCE réduise ses mesures de stimulation monétaire alors que les problèmes des chaînes d’approvisionnement mondiales font monter les prix de toutes sortes de marchandises. Mais l’incertitude au sujet de la pandémie due au coronavirus persiste. « Alors que la BCE pourrait ralentir modestement le rythme de ses achats d’actifs d’urgence au quatrième trimestre, nous ne nous attendons pas à ce qu’elle annonce quand et comment elle retirera son important programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP) ni si et dans quelle mesure elle augmentera son modeste programme d’achats d’actifs (APP) standard et le rendra plus flexible », a écrit Holger Schmieding, un des économistes en chef de Berenberg Bank, dans une note de conjoncture. La BCE, dirigée par Christine Lagarde, a mis au point un nouveau programme d’achats d’actifs dans la foulée du coronavirus en mars 2020 pour soutenir la zone euro. Le PEPP doit prendre fin en mars 2020 et son enveloppe totale potentielle s’élève à 1 850 milliards € (2 190 milliards $US).

Asie

La société de commerce et de jeux électroniques Sea Ltd. cherche à mobiliser 6,3 milliards $US par une vente d’actions et d’obligations convertibles en ce qui constitue la plus importante mobilisation de capital à ce jour en Asie du Sud-Est, profitant de l’intérêt croissant des investisseurs pour la région. Il s’agit de la deuxième opération de financement majeure en moins d’un an de la société de sociétés de 185 milliards $ qui cherche à renforcer son expansion mondiale en testant de possibles nouveaux marchés et c’est la plus récente d’une série de transactions en Asie du Sud-Est. Sea, connue pour sa plateforme de commerce électronique Shopee, compte vendre 11 millions de certificats américains d’actions étrangères avec l’option d’en offrir 1,65 million de plus dans le cadre d’une option de rallonge (greenshoe), a dit la société de Singapour dans ses déclarations réglementaires jeudi. Elle mobilise aussi pour 2,5 milliards $ d’une obligation convertible qui comporte une option de rallonge de 375 millions $. Au cours de clôture de Sea de 343,8 $ à New York mercredi, l’action pourrait mobiliser jusqu’à 3,8 milliards $. L’opération combinée serait la plus importante mobilisation de capital à ce jour par une société du Sud-est asiatique, selon les données de Refinitiv.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.