Commentaire financier du jour

Canada

La faiblesse record des taux d’intérêt suscite non seulement une forte augmentation des prêts hypothécaires, mais elle alimente aussi une résurgence des marges de crédit hypothécaire – ce qui pourrait devenir problématique selon Equifax Canada. Le rapport le plus récent sur les tendances et données du crédit à la consommation de la société de surveillance du crédit et d’analytique a constaté que le nombre de nouvelles marges de crédit hypothécaire a bondi de 56,7 pour cent au deuxième trimestre comparativement à un an plus tôt. « La tendance des marges de crédit hypothécaire est inquiétante, car souvent les paiements sont liés à un taux d’intérêt variable », a dit Rebecca Oakes, vice-présidente adjointe de l’analytique avancée chez Equifax Canada, dans un communiqué de presse paru mardi. Elle craint que, si les taux d’intérêt augmentent plus tôt que prévu, beaucoup de propriétaires immobiliers se heurtent à des difficultés financières. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a souvent affirmé que le récent bond de l’inflation sera temporaire, mais il a aussi indiqué que les taux d’intérêt pourraient augmenter d’ici la fin de l’année prochaine.

Alors que la reprise économique du Canada continue, un nouveau sondage révèle que certains responsables de l’embauche ont du mal à pourvoir des postes clés. Un peu plus des deux tiers (68 pour cent) des entreprises canadiennes ont du mal à trouver des collaborateurs aux compétences requises, d’après un nouveau sondage de la société de conseil KPMG. Plus de la moitié des répondants ont indiqué qu’ils craignent de devoir recruter à l’étranger pour les postes vacants. Il ressort de l’étude que ce sont les employés possédant des compétences informatiques qui sont le plus difficiles à trouver. Près de 80 pour cent des entreprises sondées affirment que la pandémie de COVID-19 a changé leurs activités et qu’elles ont maintenant besoin de plus de collaborateurs compétents en matière de TI. Alors que le bassin de talents est limité, le sondage a indiqué que de nombreux postes seront créés à court terme. Près de sept propriétaires d’entreprises sur 10 ont dit qu’ils prévoient d’embaucher au cours des trois prochaines années. La cybersécurité et l’analytique des données faisaient partie des principales compétences recherchées.

États-Unis

Les actions de Robinhood ont chuté lundi après une série de mauvaises nouvelles pour l’application de courtage en valeurs. Le titre a perdu 6,9 % pour s’établir à 43,64 $ après que le président de la Securities and Exchange Commission, Gary Gensler, a dit à Barron’s que l’interdiction de la pratique controversée du paiement pour un flux d’ordres est « sur le tapis ». M. Gensler a dit que le paiement d’un flux d’ordres – les paiements que les maisons de courtage reçoivent pour avoir orienté les opérations de clients vers des mainteneurs de marché – comporte « un conflit d’intérêts inhérent ». Ces paiements sont une des principales sources de revenus de Robinhood et c’est ce qui permet à l’application de négociation d’actions préférées de la génération du millénaire d’offrir des opérations sans commissions. Le paiement de flux d’ordres est une pratique controversée qui a retenu l’attention de la Financial Industry Regulatory Authority et du public. Un porte-parole de la SEC à qui des éclaircissements étaient demandés a refusé de commenter cette affaire. M. Gensler dit depuis des mois que l’interdiction pure et simple des paiements pour des flux d’ordres est une des nombreuses options que pourrait retenir l’organisme de réglementation. La SEC a dit qu’elle envisagera aussi comme autre solution l’obligation de communiquer des informations plus claires et plus rigoureuses sur les courtages.

Les actions de Zoom se sont contractées de 12 % après la clôture de la séance lundi, car le créateur de logiciels de visioconférence a publié un bénéfice pour le deuxième trimestre supérieur aux attentes des analystes, avec cependant un ralentissement de la croissance par rapport au trimestre précédent. Voici les résultats de la société : Bénéfice : 1,36 $ par action après ajustement, pour un consensus de 1,16 $ par action d’après Refinitiv; Chiffre d’affaires : 1,02 milliard $, pour un consensus de 991,0 millions $ d’après Refinitiv. Le chiffre d’affaires a augmenté de 54 % sur douze mois pendant le trimestre clos le 31 juillet, d’après un communiqué. Au trimestre dernier, le chiffre d’affaires avait crû de 191 %. Pour le trimestre prochain, Zoom prévoit une croissance de 31 %.

Europe

L’inflation dans la zone euro s’est de nouveau accélérée en août avant la réunion cruciale de la Banque centrale européenne qui aura lieu dans à peine plus d’une semaine. Les prix à la consommation ont augmenté de 3 % ce mois-ci sur douze mois, d’après des estimations préliminaires publiées mardi, après avoir crû de 2,2 % en juillet. Lundi, l’Allemagne avait déclaré un taux d’inflation sans égal depuis 2008, avec une inflation d’ensemble de 3,4 % en août. La France a elle aussi enregistré son plus fort taux d’inflation en près de trois ans mardi. Lors de sa prochaine réunion prévue le 9 septembre, la BCE devrait aborder la question de l’avenir de son programme d’achats d’actifs, alors que son Conseil des gouverneurs semble divisé sur le moment à choisir pour commencer à réduire les mesures de stimulation. Lundi, le gouverneur de la Banque de France, Francois Villeroy de Galhau, a déclaré que la BCE devrait tenir compte de la récente reprise économique pour prendre des décisions quant à son programme de stimulation en réponse à la COVID.

Asie

En Chine, le secteur des services s’est contracté en août pour la première fois depuis le plus fort de la pandémie en début d’année dernière, d’après les données officielles publiées mardi. D’après l’enquête mensuelle menée auprès des entreprises par le Bureau de la statistique, l’indice des directeurs des achats (PMI) dans le secteur non manufacturier a baissé de 53,3 en juillet à 47,5 en août. Ce dernier résultat marquait aussi la première contraction en dessous de 50 depuis février 2020, quand la Chine a confiné plus de la moitié du pays afin de contenir la propagation du coronavirus. En dessous de 50, l’indice dénote une contraction de l’activité des entreprises par rapport au mois précédent, et une expansion s’il est supérieur à 50. Le repli de l’indice PMI des services ce mois-ci arrive alors que la propagation du variant Delta très contagieux à la fin de juillet et en août a poussé Pékin et beaucoup d’autres grandes villes à annoncer des restrictions de voyage et des confinements dans certains quartiers constitués d’immeubles d’habitation.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.