Commentaire financier du jour

Canada

La Colombie-Britannique a perdu sa note de crédit maximale de S&P Global Ratings, qui a dit que la dette provinciale augmentera fortement au cours des prochaines années à cause du choc économique de la COVID-19. La troisième province du Canada par la taille accusera un déficit au cours de cet exercice qui est « nettement plus important » que prévu au début de la pandémie et allongera probablement le délai de retour à l’équilibre budgétaire, selon un communiqué de presse de S&P paru mercredi, expliquant la diminution d’un cran de la note à AA+. Ce verdict tombe moins de deux semaines après une décision similaire de Fitch Ratings. La ministre des Finances, Selina Robinson, a présenté un budget en avril qui prévoyait un déficit de 9,7 milliards $ pour cet exercice lequel se terminera le 31 mars 2022, et des déficits moins importants pendant les deux années suivantes. Au total, la dette de la province à la charge des contribuables atteindra 102 milliards $ ou 172 pour cent du revenu d’ici mars prochain, montant à 195 pour cent d’ici 2024, a dit la société de notation. Ces chiffres signifient que les paramètres budgétaires et d’endettement de la Colombie-Britannique ne sont plus comparables à ceux de ses semblables notés AAA, ont dit les analystes de S&P, dont Stephen Ogilvie. Avant la pandémie, la dette représentait environ 123 pour cent du revenu.

États-Unis

Des procureurs généraux de différents États s’en prennent de nouveau à Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Google avec une poursuite antitrust, alléguant cette fois que la société a abusé de son pouvoir à l’égard des développeurs d’applications par son magasin d’applications sur Android. L’affaire représente la quatrième poursuite en violation des lois antitrust contre la société par des autorités américaines au cours de la dernière année. En se concentrant sur le magasin d’applications (Play Store), la poursuite porte sur un aspect des activités de Google très similaire à celui d’Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Apple. Le magasin d’applications d’Apple (App Store) a fait l’objet de contestations en justice et a soulevé des questions des autorités législatives pour savoir s’il impose des frais injustes aux développeurs pour des paiements des clients par leurs applications et s’il privilégie ses propres applications au détriment de celles de ses rivaux. Les plaignants allèguent que Google a utilisé des tactiques anticoncurrentielles pour prélever une commission de 30 % sur les paiements des consommateurs et le contenu numérique de leurs téléphones Android. Les développeurs d’applications, disent-ils, n’ont pas d’autre choix que d’utiliser le logiciel de Google pour la distribution, en partie parce que Google a « ciblé des magasins d’applications potentiellement concurrents ». Pendant ce temps, les consommateurs n’ont pas d’autres choix puisque le système Android est le seul système d’exploitation disponible sur beaucoup de téléphones.

Europe

Volkswagen AG et BMW AG ont accepté de payer 875 millions € (1 milliard $US) d’amendes à l’Union européenne pour une collusion dont les autorités de réglementation disent qu’elle a bridé le déploiement de la technologie AdBlue de dépollution des gaz d’échappement. VW doit payer environ 502 millions € et BMW paiera près de 373 millions €, a dit la Commission européenne dans un communiqué envoyé par courriel jeudi. La pénalité pour BMW est nettement inférieure à sa provision initiale de 1,4 milliard €. BMW a fait volte-face en mai en acceptant un règlement de la poursuite, après avoir précédemment indiqué qu’elle combattrait l’UE en justice. Un règlement signifie que les sociétés reconnaissent les accusations de l’UE en contrepartie d’une réduction de l’amende et acceptent habituellement de ne pas contester la décision de l’UE devant les tribunaux. Daimler AG a évité une amende parce qu’elle a été la première à dévoiler le cartel à l’UE. Les trois sociétés s’exposent maintenant à des poursuites de clients demandant une indemnisation. Ces constructeurs automobiles « possédaient la technologie nécessaire pour réduire les émissions nocives au-delà de ce qui était légalement exigé par les normes d’émission de l’UE. Mais ils ont évité de se faire concurrence en n’utilisant pas tout le potentiel de cette technologie », a dit Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne. Les actions privilégiées de Volkswagen avaient chuté de 1,4 per cent à 11 h 36 à Francfort. Les actions de BMW ont baissé de 1,3 pour cent.

Asie

L’exécutif chinois a surpris les investisseurs tard mercredi soir en affirmant que la banque centrale stimulerait l’économie en réduisant le montant des fonds que les banques doivent garder en réserve. « Ce signal politique laisse penser à un ralentissement probable de l’économie en juin », dit Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, dans une note. Selon lui, les autorités connaissent probablement déjà les statistiques du commerce de détail et disposent d’autres données macro-économiques concernant le mois de juin. Les données économiques du mois dernier et le produit intérieur brut du deuxième trimestre doivent être dévoilés la semaine prochaine, jeudi. Les investisseurs en ont peut-être déjà une idée. Lundi, l’association chinoise des constructeurs automobiles a affirmé que les ventes de voitures de tourisme en Chine ont chuté de 14,9 % en juin par rapport à l’année précédente. Les voitures constituent une composante importante du commerce de détail. La Banque populaire de Chine avait réduit son ratio de réserves obligatoires (RRR) pour la dernière fois en avril 2020, alors que le pays émergeait du plus fort de sa lutte contre la propagation de la COVID-19. La Chine a réussi à maîtriser rapidement les éclosions sur son territoire et a été la seule grande économie à afficher une croissance l’an dernier. Mais la propagation persistante de la maladie ailleurs dans le monde et l’augmentation des prix des matières premières ont ajouté aux incertitudes de l’Empire du Milieu.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.