Commentaire financier du jour

Canada

Le PDG d’Alstom SA, Henri Poupart-Lafarge, prévoit des mois coûteux et pénibles, alors que le constructeur de matériel ferroviaire s’efforce de redresser des activités en difficulté du rival canadien qu’il vient d’acquérir. Alstom précisera ce mardi une trajectoire pour améliorer la rentabilité du groupe fusionné après la conclusion de la reprise de Bombardier en janvier. La société française prévoit une sortie nette de trésorerie au premier semestre de cette année et un retour au niveau de la marge d’avant l’acquisition seulement à l’exercice 2024-2025, selon un communiqué. Les actions de la société ont perdu 8,2 pour cent avant l’ouverture de la séance à Paris, soit la plus forte chute en cours de journée depuis mars l’an dernier, et elles étaient encore en baisse de 4,3 pour cent à 11 h 53, heure locale. Il n’y aura « plus de squelettes » à l’avenir, a dit le PDG dans une interview, les provisions pour les contrats problématiques reliés à Bombardier ayant été plafonnées aux quelque 1,08 milliard € (1,3 milliard $US) déjà annoncés. « L’élément clé, c’est de redresser Bombardier. » Alstom a obtenu d’importantes commandes de trains ces derniers mois, profitant d’une vague d’investissement dans les transports carboneutres dans le monde. Mais l’intégration des activités de Bombardier après un rachat pour 5,5 milliards € a été un processus chaotique dès le départ.

États-Unis

Le pétrole a bondi à son niveau le plus élevé depuis six ans après le report sine die des discussions entre l’OPEP et ses alliés producteurs de pétrole, le groupe n’ayant pas réussi à conclure un accord sur la politique de production pour le mois d’août et au-delà. Mardi, les contrats à terme sur le brut Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. West Texas Intermediate ont augmenté de 1,6 %, soit de 1,18 $US, à 76,34 $US le baril. À un certain point, le WTI a culminé à 76,98 $US, ce qui était le prix le plus élevé depuis novembre 2014. Le brut de référence international, le Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Brent a augmenté de 0,2 %, soit de 15 cents, à 77,31 $US le baril – soit le niveau le plus élevé depuis la fin de 2018. Les discussions avaient commencé la semaine dernière entre l’OPEP et ses alliés, c’est-à-dire le groupe OPEP+, alors que l’alliance énergétique cherchait à établir une politique de production pour le reste de l’année. Vendredi, le groupe a voté sur une proposition qui aurait augmenté de 400 000 barils par jour les livraisons au marché, chaque mois d’août à décembre, pour un total additionnel de 2 millions de barils par jour à la fin de l’année. Certains membres ont aussi proposé la prolongation des réductions de la production jusqu’à la fin de 2022. Les Émirats arabes unis ont cependant rejeté cette proposition et les pourparlers se sont prolongés de jeudi à vendredi alors que le groupe essayait de trouver un consensus. Initialement, les discussions devraient reprendre lundi, mais elles ont finalement été annulées.

Europe

Les commandes industrielles allemandes ont, contre toute attente, baissé en mai d’après les données officielles publiées mardi, chutant de 3,7 % pendant le mois pour marquer une forte baisse depuis le premier confinement dû à la COVID, en 2020. Un sondage Reuters auprès d’économistes avait produit une prévision consensuelle indiquant une augmentation de 1 % après une augmentation révisée à la hausse de 1,2 % en avril. L’enquête ZEW sur la confiance des Allemands dans l’économie a aussi affiché un creux inégalé depuis janvier, descendant à 63,3 en juillet comparativement à 79,8 en juin, bien en dessous de la prévision consensuelle de 75,2. Cependant, le commerce de détail dans la zone euro a augmenté plus que prévu en mai après un repli en avril, selon les chiffres d’Eurostat publiés mardi. Les ventes dans les 19 pays membres ont augmenté de 4,6 % d’un mois à l’autre, dépassant une prévision de Reuters de 4,4 %.

Asie

Alors que les dépenses de consommation en Chine restent léthargiques malgré la reprise économique après la pandémie, une faiblesse similaire dans le commerce de détail se manifeste ailleurs en Asie. « Pour la plupart des régions d’Asie, nous constatons encore une reprise de la consommation privée, mais elle est lente et reste inférieure au niveau d’avant la pandémie », dit Lloyd Chan, économiste principal d’Oxford Economics. M. Chan dit que la reprise par à-coups et plutôt inégale des dépenses de consommation de la région peut en grande partie être attribuée à la pandémie qui continue, alors que les éclosions sporadiques se poursuivent dans de multiples pays d’Asie. Comparativement aux pays développés de l’Occident, la plupart des pays asiatiques ont été lents à vacciner leurs populations, essentiellement pour des raisons telles que le manque d’accès à des vaccins. Au 1er juillet, seulement 12,65 % de la population du Japon avaient été entièrement vaccinés contre la COVID-19, selon Our World in Data. En Asie du Sud-Est, des pays tels que l’Indonésie et les Philippines n’ont entièrement vacciné que 5 % ou moins de leurs populations. Singapour fait partie des exceptions régionales, ayant vacciné près de 37 % de sa population au 4 juillet.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.