Commentaire financier du jour

Canada

Statistique Canada dira ce matin comment l’économie s’est comportée en avril et donnera un aperçu du produit intérieur brut de mai. Son estimation initiale pour le mois d’avril était un recul de la production économique de 0,8 pour cent, ce qui, si les chiffres d’aujourd’hui le confirment, serait la première baisse depuis celle d’avril 2020, pendant la première vague de la pandémie. On ne s’attend pas à ce que le mois de mai soit bien meilleur vu les nombreuses restrictions qui étaient encore en place pendant le mois où le pays était aux prises avec la troisième vague de la pandémie de COVID-19. Les chiffres attendus pour ces deux mois expliquent pourquoi beaucoup d’économistes de banques privées s’attendent à une croissance quasi nulle du PIB réel au deuxième trimestre. Le dernier mois du trimestre, le mois de juin, est celui où les spécialistes attendent des indices d’une reprise tirée par la consommation avec l’augmentation des taux de vaccination et l’assouplissement des restrictions alors que les Canadiens qui avaient été confinés peuvent enfin dépenser leur argent en biens et services. Statistique Canada ne donnera pas sa première estimation du PIB de juin avant la fin du mois prochain où elle publiera aussi le chiffre définitif pour le mois de mai.

États-Unis

Un accord bipartisan sur les infrastructures conclu entre le président Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Joe Biden et un groupe de sénateurs non seulement ajouterait à la croissance économique, mais réduirait aussi la dette nationale, selon une nouvelle étude de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie. Les chercheurs de la Wharton School ont dit que l’investissement additionnel de 579 milliards $US dans les infrastructures augmenterait la production intérieure de 0,1 % et diminuerait la dette américaine de 0,9 % d’ici 2050. « Avec le temps, à mesure que les nouvelles dépenses diminuent, que la mise en application des règlements de l’IRS continue et que les recettes fiscales augmentent grâce à l’expansion de la production, la dette de l’État diminue par rapport à la base de 0,4 pour cent et de 0,9 pour cent en 2040 et en 2050 respectivement », écrit l’équipe de Wharton. En entrevue à CNBC mardi, l’économiste principal de Wharton, Jon Huntley, a dit que les améliorations des biens d’équipement publics (routes, ponts et autres infrastructures physiques) rendent les biens d’équipement privés (camions et trains transportant des marchandises pour les entreprises) plus productifs avec le temps. La diminution des nids-de-poule et des interruptions de service ferroviaire, additionnée d’année en année, augmente l’activité économique des États-Unis et encourage l’investissement par le secteur privé. Le programme global appuyé par un groupe bipartisan de sénateurs et l’administration Biden autorise 1 200 milliards $ de dépenses au cours des cinq prochaines années. Le supplément de 579 milliards $ comprend plus de 300 milliards $ pour des projets dans les transports alors que 266 milliards $ seraient affectés à des investissements dans le numérique, l’environnement et l’infrastructure énergétique.

Europe

Les investisseurs européens suivront de près une série de données économiques mercredi. Le PIB du Royaume-Uni pour le premier trimestre a été confirmé à -1,6 % en glissement trimestriel, ce qui était légèrement inférieur aux attentes, alors que l’investissement des entreprises a chuté de 10,7 % sur le trimestre, le pays ayant dû endurer des mesures de confinement strictes. L’Office for National Statistics a aussi révélé que l’épargne des ménages britanniques a fortement augmenté pendant la période, augmentant l’espoir d’une libération des dépenses de consommation refoulées à mesure que l’économie rouvre. L’inflation de la zone euro a baissé en juin à 1,9 % comparativement à 2,0 % en mai, en accord avec les prévisions et la cible de la Banque centrale européenne qui la veut « proche de, mais inférieure à 2 % ». Cependant, on s’attend à ce qu’elle remonte au-dessus de 2,5 % vers la fin de l’année, d’après les plus récentes projections de la BCE. « Cela s’explique en partie par l’inflation des prix du pétrole qui a commencé à diminuer, parce que la comparaison d’une année à l’autre avec l’augmentation du prix du pétrole de juin dernier réduit mécaniquement le chiffre », a dit Willem Sels, chef des placements des services de gestion privée et de gestion de patrimoine chez HSBC. « En fait, ce n’est pas seulement le pétrole qui a augmenté en juin 2020, d’autres prix ont également monté alors que certaines parties de l’Europe sortaient de leur premier confinement. Pour ces autres biens aussi, les effets de base atténuent l’inflation ce mois-ci. »

Asie

La société de livraison de produits d’épicerie chinoise Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Dingdong a clôturé en hausse de 2 cents dans son premier appel public à l’épargne aux États-Unis mardi, après une réduction de 70 % de la taille de son émission. La performance médiocre s’inscrit dans le cadre d’une augmentation des inscriptions chinoises en bourse aux États-Unis et fait écho aux craintes pour la croissance dans le secteur de la livraison de produits d’épicerie dans lequel des géants technologiques comme Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Alibaba, Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Meituan et Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. JD.com ont tous investi lourdement. Dans son premier appel public à l’épargne, Dingdong a néanmoins gagné une valeur marchande de 5,5 milliards $. Cela représente plus du double de la valeur de sa rivale soutenue par Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Tencent, Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Missfresh, qui a chuté de plus de 25 % dans ses débuts au Nasdaq, vendredi. Plus tôt cette semaine, Dingdong avait indiqué qu’elle fixerait le prix de son PAPE à la Bourse de New York à 23,50 $ l’action, soit le bas de la fourchette proposée et avec moins de 30 % du nombre initial d’actions. Dingdong a mobilisé 95,69 millions $ en conséquence, comparativement à une émission qui aurait atteint 357 millions $. La société a dit qu’elle est implantée dans 29 villes en Chine, avec une moyenne mensuelle de 6,9 millions d’utilisateurs ayant effectué des transactions au premier trimestre et une valeur brute des marchandises de 4,3 milliards de yuans. Cela représente une hausse par rapport à 2,92 milliards de yuans pendant la même période un an plus tôt.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.