Commentaire financier du jour

Canada

Le nombre de bureaux vacants au centre-ville de Toronto, la capitale financière du Canada, frise un point culminant depuis 2008. L’ère du télétravail incite les entreprises à remettre en question leurs besoins à long terme de locaux. Le taux de vacance du deuxième trimestre était de 10 pour cent, en hausse d’un point de pourcentage depuis les trois premiers mois de l’année et pas loin des 10,1 pour cent atteints au début de 2008, quand le monde était plongé dans la récession, selon un rapport publié lundi par la maison de courtage commercial CBRE Ltd. Avec le reflux de la pandémie aux États-Unis, Wall Street reprend vie à New York, mais son équivalent torontois, Bay Street, reste en grande partie fermé, puisque les mesures pour maîtriser une récente flambée d’infections demeurent en place. Les cadres financiers du Canada se sont fait moins entendre que leurs vis-à-vis américains pour plaider pour un retour au bureau, en raison du succès du télétravail. Au centre-ville de Toronto, un des marchés de bureaux les plus denses avant la pandémie, la montée des taux d’inoccupation semble ralentir à mesure que les taux de vaccination progressent et que l’économie rebondit.

États-Unis

Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. JPMorgan Chase veut hisser la tendance à l’investissement durable à un niveau supérieur. Pour cela, la plus grande banque américaine par l’actif s’est engagée à acheter Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. OpenInvest, une société en démarrage de San Francisco soutenue par Andreessen Horowitz et fondée par d’anciens employés de Bridgewater Associates, a appris CNBC en exclusivité. C’est la troisième acquisition d’une société de technologie financière par JPMorgan depuis décembre, quand la banque a repris 55ip, qui automatise la construction de portefeuilles fiscalement efficaces. Ce mois-ci, JPMorgan a dit qu’elle acquiert la société britannique de conseil en robotique Nutmeg pour renforcer ses efforts dans les services bancaires numérisés outre-Atlantique. Son chef de la direction, Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Jamie Dimon, a dit l’an dernier que la banque se montrerait beaucoup plus dynamique dans la recherche d’entreprises à racheter pour acquérir des capacités et répondre aux menaces des acteurs de la technologie financière et des géants technologiques. Le secteur bancaire traditionnel a commencé à perdre du terrain face à des acteurs en croissance rapide et disruptive comme Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. PayPal et Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Square, alors qu’Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Alphabet et même le détaillant Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Walmart ont chacun annoncé des intentions concernant le financement de la consommation. La dernière transaction de la banque, à des conditions qui n’ont pas pu être déterminées, aidera les conseillers financiers de JPMorgan à personnaliser les investissements des clients sur le créneau ESG, qui met en avant des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance. Les fonds ESG ont attiré les rentrées record d’argent cette année, poussant l’actif sous gestion total à près de 2 000 milliards $US.

Europe

Jens Weidmann, membre de la Banque centrale européenne, a dit que le programme massif d’aide face au coronavirus devrait être réduit progressivement, mais d’autres s’inquiètent d’une levée prématurée des mesures. C’est la grande question sur la table de la BCE : quand retirer le programme d’achat d’urgence face à la pandémie – connu sous l’acronyme anglais PEPP – qui devrait durer jusqu’en mars 2022 et atteindre un total de 1 850 milliards € (2 200 milliards $US). La BCE pourrait choisir d’y mettre fin avant ou après cette date estimative. Les acteurs du marché se posent la même question au vu de l’embellie des données économiques dans la zone euro. « Nous entrevoyons deux conditions préalables qui doivent être réunies avant de mettre complètement fin aux achats dans le cadre du PEPP », a dit Jens Weidmann, un faucon à la BCE, gouverneur de la banque centrale allemande, lors du sommet Euro Finance à Francfort lundi, selon CNBC. Ces conditions seraient le retrait total des restrictions liées à COVID-19, comme la distanciation sociale, et une reprise économique solide, a-t-il ajouté. Cependant, la trajectoire de la pandémie est incertaine et malgré les statistiques économiques solides de ces dernières semaines, il reste des inquiétudes inspirées par le risque de miner davantage la reprise économique en cas de retrait prématuré si des mesures de stimulation.

Asie

Les entreprises et les consommateurs chinois ne sont pas optimistes pour l’économie comme les données globales pourraient l’indiquer, selon une étude indépendante du China Beige Book publié mardi. Dans son enquête trimestrielle la plus récente, la société basée aux États-Unis a constaté qu’un indicateur des emprunts commerciaux chinois est descendu à son plus bas niveau dans toute l’histoire de l’étude et que les prévisions de demandes de prêts au cours du prochain semestre ont chuté – malgré les taux d’intérêt bas. Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que le nombre de détaillants qui ont contracté des prêts a chuté à creux record, selon le rapport. La tendance est inquiétante pour une économie que le gouvernement essaie de dynamiser par la consommation individuelle. L’étude a indiqué que l’activité économique au deuxième trimestre était similaire à celle du premier, avec des chiffres d’affaires et des bénéfices inchangés et une certaine augmentation de l’embauche. Le PIB de la Chine a augmenté de 18,3 % au premier trimestre après une contraction l’année précédente – et de 10,3 % par rapport au même trimestre en 2019. Le PIB du deuxième trimestre doit être publié le 15 juillet. Cependant, la croissance du commerce de détail a été inférieure aux attentes des analystes au cours des deux derniers mois.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.