Commentaire financier du jour

Canada

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, met la dernière main à une revue du mandat de l’institution à l’issue de laquelle il pourrait demander plus de pouvoirs au gouvernement du premier ministre Justin Trudeau pour laisser l’économie tourner en surrégime. Le mandat de ciblage de l’inflation de cinq ans de la banque centrale doit être renouvelé cette année, et d’après les indices, peu de révisions majeures sont en chantier. Mais M. Macklem pourrait pencher en faveur de changements de la conception et de la communication de l’objectif de 2 pour cent, éventuellement par une concentration sur les statistiques du marché du travail ou en mettant davantage l’accent sur la fourchette d’inflation autorisée de la Banque du Canada. Cela pourrait lui donner plus de latitude pour réagir à une performance insuffisante de l’économie au moment où d’autres banques centrales en font autant. La Réserve fédérale américaine a adopté le ciblage d’une inflation moyenne l’an dernier – en plus de son double mandat comprenant l’emploi maximum – qui permet à la banque centrale des États-Unis de dépasser son objectif de 2 pour cent, quoique certains événements de la semaine dernière laissent penser que cette tolérance a ses limites. La Banque centrale européenne est aussi engagée dans ce qui pourrait être une des plus importantes révisions de sa politique en près de deux décennies.

Avec l’assouplissement des restrictions pour les entreprises, les Canadiens, partout au pays, regagnent petit à petit accès à leurs détaillants non essentiels favoris, mais un nouveau sondage révèle que les consommateurs se sont habitués commerce électronique et pourraient ne pas vouloir revenir en arrière. PayPal Canada a sondé plus de 1 500 Canadiens et constaté qu’en moyenne les consommateurs dépensent 178 $ par mois en ligne. Cela représente une augmentation de 69 $ comparativement à avant la pandémie, et porte les dépenses mensuelles dans le commerce électronique au Canada a 5,5 milliards $. Les achats de produits d’épicerie en ligne représentent le segment du commerce de détail qui a accéléré le plus rapidement, selon le sondage, qui laisse penser que 49 pour cent des consommateurs ont effectué au moins un achat de produits épicerie en ligne, comparativement à 19 pour cent en mars 2020. En fait, les dépenses en ligne ont augmenté dans presque toutes les catégories du commerce de détail, selon le sondage, qui notait des bonds dans le mobilier pour bureau à domicile, les appareils de conditionnement physique et les fournitures scolaires.

États-Unis

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a reconnu mardi que certaines tensions inflationnistes sont plus fortes et plus persistantes qu’il l’avait prévu, mais sans atteindre le niveau des pires épisodes qu’ont connus les États-Unis dans le passé. Interrogé par un comité spécial de la Chambre des représentants, le chef de la banque centrale a continué d’attribuer l’essentiel de la récente flambée d’inflation à des facteurs étroitement liés à la réouverture de l’économie. Parmi eux, M. Powell a cité les billets d’avion, les tarifs hôteliers et les prix du bois d’œuvre en marge d’une demande des consommateurs généralement en hausse avec le redémarrage d’une économie qui, il y a un an, subissait d’importantes restrictions imposées par les pouvoirs publics dans les premiers jours de la COVID-19. Ces facteurs, dit-il, devraient se « résoudre d’eux-mêmes » au cours des prochains mois. L’inflation des prix d’ensemble était en hausse à 5 % d’une année à l’autre en mai, ce qui est pratiquement le plus haut niveau en 13 ans, sous l’effet d’un bond des prix des voitures d’occasion et d’une série d’autres biens dont la demande a augmenté quand les restrictions ont été assouplies. La plus récente mise à jour de l’indicateur préféré de l’inflation de la Fed, l’indice des prix de dépenses personnelles de consommation de base, sortira vendredi. Dow Jones estime qu’il marquera une augmentation de 3,4 % en glissement annuel, en mai, soit plus que les 3,1 % d’avril. Si cette estimation est exacte, cela représenterait le chiffre le plus important depuis avril à 1992.

Europe

La Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Banque d’Angleterre devrait maintenir son taux d’intérêt à un niveau bas record et poursuivre son programme d’achats massifs jeudi, mais les investisseurs surveilleront tout indice de resserrement de la politique l’an prochain. La plus récente réunion de politique monétaire de la banque centrale représentera le chant du cygne de l’économiste en chef appelant à plus de rigueur, Andy Haldane, qui a prévenu que le « tigre de l’inflation » arrive et qui a incité les autorités monétaires à réduire le programme d’assouplissement quantitatif de la banque chiffré à 895 milliards £ (1 240 milliards $US) de 50 milliards £. L’inflation des prix à la consommation du Royaume-Uni s’est élevée à 2,1 % en mai, dépassant les prévisions ainsi que l’objectif de 2 % de la banque pour la première fois en près de deux ans. L’inflation de base, dont sont exclus les prix volatils des aliments et de l’énergie, est remontée de 1,3 % en avril à 2 % en mai. La banque projette une hausse de l’inflation à 2,5 % d’ici la fin de l’année, mais le consensus table sur le fait que les pointes d’inflation seront transitoires. Pendant ce temps, le marché du travail et les autres indicateurs économiques donnent des signes de reprise, suscitant des spéculations sur le fait que la banque pourrait indiquer une trajectoire de sortie de sa politique extrêmement accommodante. Le principal taux directeur reste à un creux historique de 0,1 %.

L’activité économique de la zone euro a crû à son rythme le plus rapide en 15 ans ce mois-ci, selon les données préliminaires publiées mercredi. Les 19 pays ont récemment pris des mesures différentes pour rouvrir leurs économies alors que les programmes de vaccination continuent d’accélérer. La France, par exemple, a levé le couvre-feu et l’obligation du port d’un masque à l’extérieur. Les Italiens peuvent maintenant prendre leur café au zinc de leur bar favori, comme il est de tradition, alors que les restaurants ont rouvert leurs salles. De plus, davantage de touristes seront accueillis dans la région. L’indice PMI composé éclair d’IHS Markit pour la zone euro, qui porte sur la fabrication et les services, a atteint 59,2 en juin comparativement à 57,1 en mai. C’était le chiffre le plus élevé en 180 mois, ou 15 ans, selon IHS Markit.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.