Commentaire financier du jour

Canada

Une explosion des emprunts hypothécaires alourdit le fardeau de la dette des consommateurs au Canada malgré une diminution de l’utilisation des cartes de crédit, alors que les ménages consacrent plus d’argent à leur logement qu’à toute autre chose. Les nouveaux emprunts hypothécaires ont augmenté de 41 pour cent au premier trimestre comparativement à la même période en 2020, quand la pandémie s’est déclarée, selon un communiqué de la société d’information sur le crédit Equifax Inc. paru mardi. La limite moyenne des nouveaux emprunts hypothécaires – le montant d’emprunt autorisé – a bondi de plus de 20 pour cent à 326 930 $. L’augmentation du nombre et de la taille des emprunts hypothécaires que contractent les Canadiens a fait grimper les dettes à la consommation du pays à près 2 100 milliards $, malgré la diminution de l’utilisation des cartes de crédit au plus bas depuis six ans, selon Equifax. La pandémie a aidé à déclencher un essor record du marché immobilier du Canada alors que les taux d’intérêt ultra bas et une demande nouvelle de logements plus grands ont donné lieu à une guerre d’enchères autour des maisons individuelles. Avec le nombre de provinces qui ont décrété divers degrés de confinement au cours des 15 derniers mois, les Canadiens ont eu moins d’occasions de dépenser dans les restaurants, pour des vêtements, etc. Un taux d’épargne plus élevé combiné à l’aide au revenu d’urgence de l’État a été favorable à l’explosion du marché immobilier résidentiel tout en aidant les consommateurs à liquider les dettes de leurs cartes de crédit.

Le premier ministre Justin Trudeau s’apprête à assouplir les restrictions des déplacements à la frontière du Canada pour les voyageurs qui ont été entièrement vaccinés contre la COVID-19, selon des personnes bien informées des discussions. Le gouvernement concocte des plans pour assouplir la période d’isolement obligatoire de 14 jours pour les personnes qui ont reçu les deux doses du vaccin, ont-elles précisé, en revendiquant l’anonymat. Les voyageurs arrivant au Canada devraient se soumettre à un test de dépistage du virus et pourraient être contraints à une quarantaine plus courte. Le plan devrait être annoncé dans les prochains jours, mais le moment de l’annonce pourrait varier, selon ces informateurs. On ne sait pas encore clairement quand les changements entreraient en vigueur ni si le Canada rouvrira la frontière aux voyageurs en provenance de pays autres que les États-Unis en même temps.

États-Unis

L’administration Biden doit annoncer une série de mesures visant à consolider les chaînes d’approvisionnement critiques des États-Unis mardi, en renforçant les capacités de fabrication de produits clés sur le territoire national et en s’attaquant aux vulnérabilités existantes. En février, le président Joe Biden a commandé une analyse interagences de 100 jours des chaînes d’approvisionnement du pays. Le résultat de cet examen et les recommandations qui en découleront font l’objet d’un nouveau rapport de plusieurs centaines de pages, qui doit paraître aujourd’hui. Les premières recommandations du rapport sont concentrées sur quatre produits critiques pour l’économie des États-Unis : les batteries au lithium de grande capacité, les minéraux de terres rares, les semiconducteurs et les ingrédients actifs pharmaceutiques.

La Réserve fédérale en est aux premières étapes d’une campagne visant à préparer les marchés à une réduction de ses achats d’actifs de 120 milliards $US par semaine pour stimuler l’économie. Les commentaires des représentants de la banque centrale de ces dernières semaines laissent penser que la question de la réduction progressive des achats va probablement être débattue prochainement par le Federal Open Markets Committee, qui se réunira la semaine prochaine, et la Fed pourrait commencer les réductions des achats actifs plus tard cette année ou au début de l’an prochain. Au moins cinq représentants de la Fed ont publiquement commenté la probabilité de ces discussions ces dernières semaines. S’il peut y avoir des discussions, l’annonce d’une décision de réduire les achats ne serait faite que plusieurs mois plus tard, peut-être à la fin de l’été ou au début de l’automne. Cette annonce remettrait à plus tard encore le début de la réduction des achats, peut-être à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine. Comme la Fed ne réduira que progressivement le montant de ses achats chaque mois, elle continuera d’acheter pour des milliards de dollars d’actifs jusqu’à une date bien avancée en 2022, mais à un rythme de plus en plus lent.

Europe

Les actions européennes étaient à la hausse mardi alors que les investisseurs attendent des données sur la croissance et l’emploi de la zone euro pour le premier trimestre et restent préoccupés par la montée de l’inflation. L’indice paneuropéen était en hausse de 0,6 % la plupart des secteurs étant en progression, sauf ceux du pétrole et du gaz, des produits chimiques, des valeurs industrielles, des ressources de base et de l’automobile. Les investisseurs en Europe surveilleront mardi la publication de diverses données, dont les chiffres révisés du PIB et ceux de l’emploi pour le premier trimestre. Parmi les statistiques publiées en Europe mardi figurent l’enquête ZEW sur le sentiment économique en juin, l’indice de la production industrielle en Allemagne pour avril et les chiffres sur le commerce de détail du Royaume-Uni de mai.

Asie

Les actions de la région Asie-Pacifique étaient globalement en baisse mardi, car les investisseurs ont réagi à la publication des statistiques du produit intérieur brut du premier trimestre au Japon. Les données révisées du gouvernement parues mardi montraient que l’économie japonaise s’est contractée de 3,9 % au premier trimestre, une amélioration par rapport à l’estimation initiale de -5,1 %. La prévision médiane des économistes interrogés par Reuters était de -4,8 %. « Nous nous attendons à ce que l’économie connaisse une autre contraction au 2T, car le maintien des restrictions pèsera fortement sur le secteur des services », a déclaré Makoto Tsuchiya, économiste adjoint à Oxford Economics, dans un commentaire daté de mardi. « Cependant, nous restons optimistes et pensons que le rythme de la reprise prendra de la vitesse au deuxième semestre, à mesure que la demande intérieure se redresse, soutenue par l’accélération des campagnes de vaccination, tandis que la demande extérieure devrait continuer de soutenir le secteur de la fabrication. »

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.