Commentaire financier du jour

Canada

Les plus grandes banques du Canada signalent que les problèmes financiers liés à la crise de la COVID-19 sont en grande partie chose du passé en Amérique du Nord – et plus tôt que ce que prévoyaient les analystes. Après une année de constitution de réserves de capital records en prévision d’une vague de défaillances sur les prêts, la Banque Royale du Canada et la Banque Toronto-Dominion – les deux plus grandes banques du pays – ont fait volte-face au dernier trimestre. La Banque TD a déclaré un déblocage surprise de 377 millions $ de provisions pour pertes sur créances au cours du deuxième trimestre de son exercice, alors que la Banque Royale a débloqué 96 millions $. Les analystes avaient projeté que les deux prêteurs continueraient de mettre des fonds de côté en prévision d’éventuelles mauvaises créances. Alors que les campagnes de vaccination rapprochent la réouverture des économies au Canada et aux États-Unis, que la vigueur du marché immobilier résidentiel alimente les prêts hypothécaires et que la hausse des actions soutient les marchés des capitaux et les activités de gestion de patrimoine, la TD et la Royale affirment qu’elles disposent de suffisamment de fonds propres pour absorber tous les chocs sur la voie de la reprise.

États-Unis

Les données de la US Transportation Security Administration (TSA) révèlent que l’activité économique se normalise rapidement. Le nombre de voyageurs passant aux points de contrôle de la TSA dans les aéroports américains continue d’atteindre de nouveaux records depuis la pandémie. Au cours de la semaine écoulée, leur nombre était inférieur de 28 % à celui de la même semaine en 2019. C’est beaucoup plus qu’à la même période l’an dernier où le nombre de voyageurs se situait à 90 % sous le niveau d’avant la pandémie. La forte augmentation des déplacements coïncide avec l’accélération de la campagne de vaccination aux États-Unis. La moitié des Américains ont déjà reçu au moins une dose de vaccin et plus d’un tiers d’entre eux ont reçu les deux. Ces progrès permettent aux autorités d’assouplir les restrictions et aux ménages de reprendre des activités auparavant exclues. La poursuite de la progression vers la réouverture de l’économie est cruciale pour la reprise du marché du travail. Les fournisseurs de services privés représentaient environ 75 % des emplois perdus au cours des 14 derniers mois. En particulier, l’emploi dans le secteur des loisirs et de l’hôtellerie-restauration est encore à 16,8 % sous le niveau de février 2020.

Europe

L’Union européenne aurait tout à gagner à émettre titres de dette communs pour se protéger des chocs asymétriques et renforcer sa politique monétaire, a dit Ignazio Visco, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Les banques centrales peuvent mieux contrôler les attentes d’inflation en utilisant une fourchette de croissance des prix plutôt qu’un objectif précis, selon une étude de la Banque centrale européenne qui pourrait avoir des implications pour la révision stratégique de l’institution. Le document de travail de Michael Ehrmann, chef de la division de recherche sur la politique monétaire et ancien de la Banque du Canada, a examiné les stratégies de ciblage de l’inflation dans 20 économies avancées et émergentes. Il conclut que la définition d’une fourchette dans laquelle la hausse des prix à la consommation est considérée comme acceptable augmente la crédibilité de la banque centrale, qui risque moins de rater son objectif.

Asie

La Chine permettra à tous les couples d’avoir un troisième enfant, décision surprise visant à ralentir la chute du taux de natalité du pays alors que les risques pour les perspectives de l’économie à long terme augmentent en raison du vieillissement rapide de sa population.

Le renforcement de la reprise mondiale à la suite de la pandémie de COVID-19 risque de laisser pour compte de nombreuses régions, alimentant les inégalités entre les pays et entre les territoires d’un même pays, a dit lundi l’Organisation pour la coopération et le développement économiques. Révisant ses chiffres à la hausse pour 2021, l’institution de Paris a relevé sa prévision de la croissance mondiale de 5,6 % à 5,8 %, tout en mettant en garde contre les divergences croissantes qui impliquent que le niveau de vie de certaines franges de la population ne remontera pas au niveau d’avant la pandémie avant longtemps.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.