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Commentaire financier du jour

Canada

Un nouveau sondage de MNP Ltd. a révélé que 53 pour cent des répondants estiment être à 200 $ ou moins près de pouvoir payer leurs factures et honorer leurs dettes mensuelles. Ce chiffre est alarmant, car il représente un record inégalé depuis cinq ans de l’indice des dettes à la consommation de l’agence et un bond de 10 points par rapport à l’enquête de décembre. De ce nombre, 30 pour cent ont dit qu’ils sont déjà insolvables, et qu’il ne leur reste pas d’argent à la fin du mois. Les programmes d’aide gouvernementaux ont offert un peu de souplesse financière au cours de la dernière année, mais, au mieux, ces programmes étaient temporaires. De bien des manières, les prestations au titre de la COVID-19 ont masqué la gravité de la situation des Canadiens qui croulent sous les dettes. « L’anxiété que ressentent les Canadiens à l’idée de ne pas arriver à joindre les deux bouts – ou qui sont déjà dans l’incapacité de le faire – nous indique qu’il pourrait y avoir une avalanche de ménages en retard dans leurs remboursements ou n’honorant pas des prêts, des crédits hypothécaires, des paiements pour leur automobile ou pour leurs cartes de crédit », dit Grant Bazian, président de MNP Ltd., dans un rapport publié jeudi.

États-Unis

Le président Joe Biden a dit mercredi qu’il est prêt à négocier l’augmentation de l’impôt des sociétés proposée dans son plan d’infrastructures de 2 000 milliards $US. La remarque du président au sujet de l’impôt des sociétés a été faite à l’issue d’un discours dans lequel il a défendu la taille et la portée de son plan de réfection des infrastructures. Les républicains n’ont pas tardé à critiquer ce plan qui financerait trop de projets qui, à leur avis, ne relèvent pas des infrastructures. Le chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell, R-Ky., a essayé de caractériser ce plan comme un cheval de Troie pour des politiques libérales, et d’autres élus du GOP ont prétendu que seule une petite fraction de la facture massive serait consacrée aux « infrastructures réelles ». La proposition de M. Biden, appelée American Jobs Plan, comprend environ 2 000 milliards $US de dépenses sur huit ans. La Maison-Blanche a proposé un financement sur 15 ans pour ce plan, en partie en augmentant l’impôt des sociétés à 28 %. Les républicains avaient réduit cet impôt de 35 % à 21 % dans le cadre de la législation fiscale Trump de 2017. Le plan d’infrastructures mettrait aussi en œuvre d’autres mesures, comme l’augmentation d’un impôt mondial minimum pour les multinationales et l’élimination d’échappatoires permettant l’optimisation fiscale à l’étranger, pour assurer le financement.

Plus de 3 200 bulletins de vote ont été recueillis dans une élection syndicale aux enjeux élevés pour les entrepôts d’Amazon en Alabama, selon le syndicat Retail, Wholesale and Department Store Union. L’élection était ouverte à plus de 5 800 employés à l’entrepôt de Bessemer, et portait sur l’adhésion au syndicat RWDSU. Avec 3 215 voix exprimées, cela représente un taux de participation d’environ 55 %, ce qui est plus que le syndicat RWDSU avait estimé initialement. Les travailleurs avaient jusqu’au 29 mars pour envoyer leur bulletin par courriel. Le dépouillement a commencé la semaine dernière dans le cadre d’une vidéoconférence privée présidée par le NLRB, au cours de laquelle Amazon et le syndicat pouvaient contester les votes sur la base de facteurs tels que les signatures illisibles ou la définition du droit de vote selon la classification des emplois.

Europe

Robert Holzmann, le gouverneur de la banque centrale d’Autriche, a dit à CNBC jeudi qu’il croyait que la Banque centrale européenne pourrait être en mesure de réduire ses achats d’obligations au cours de l’été. La BCE avait lancé un programme d’achat d’obligations d’urgence en mars 2020 pour amortir le choc économique dû à la pandémie. Ce programme, appelé PEPP, doit en principe durer jusqu’en mars 2022 et portait sur un total de 1 850 milliards € (2 200 milliards $US). Les membres les plus faucons de la banque centrale de la zone euro sont moins favorables à l’utilisation du montant total prévu par le programme d’achat d’urgence face la pandémie, s’inquiétant d’une intervention longue et importante sur les marchés. Mais les colombes de la BCE sont plus prudentes, craignant un ralentissement des mesures de stimulation trop précoce étant donné que l’économie de la zone euro est encore fragile. La réduction des achats d’actifs au deuxième semestre de cette année et le démantèlement progressif du programme PEPP, pourraient par conséquent être utiles dans ce débat plus large concernant les méthodes de la BCE.

Les marchés européens recevront un coup de pouce des annonces les autorités médicales britanniques et européennes de mercredi concernant le vaccin contre la COVID AstraZeneca/Université d’Oxford. Les deux autorités ont dit que, si une corrélation entre le vaccin et des cas très rares de thrombose était possible, les avantages de l’administration du vaccin en dépassent les risques. Le Royaume-Uni a dit qu’il donnera un vaccin contre la COVID différent à sa population de moins de 30 ans.

Asie

Le vice-premier ministre de Singapour a annoncé jeudi qu’il s’écarte pour laisser la place à un « dirigeant plus jeune ayant un horizon plus long devant lui ». Heng Swee Keat, dont on s’attendait à ce qu’il remplace le premier ministre Lee Hsien Loong, est le ministre coordonnateur des politiques économiques et le ministre des Finances. M. Heng quittera sa fonction de ministre des Finances au prochain remaniement du cabinet. M. Lee a déjà dit qu’il conservera son poste de premier ministre jusqu’à ce que la crise de la COVID-19 soit résolue. M. Heng devait prendre sa place, mais a renoncé au rôle de chef de ce qu’il est convenu d’appeler « l’équipe 4G » – ou les dirigeants de la 4e génération à Singapour.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.