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Commentaire financier du jour

Canada

Le Québec reporte de deux ans l’objectif d’équilibrer ses comptes, se donnant une marge de manœuvre pour soutenir la reprise après la pandémie alors qu’il accélère les vaccinations et augmente ses dépenses en santé et en éducation. La deuxième province du Canada aura besoin de sept ans pour éliminer son déficit, plutôt que les cinq prévus précédemment, selon les documents du budget déposé jeudi. Elle prévoit maintenant un déficit de 12,3 milliards $ au cours de l’exercice qui commencera le 1er avril, soit 48 pour cent de plus que son estimation de novembre, après un déficit de 15 milliards $ cette année. Ce chiffre s’entend après les cotisations au Fonds des générations, un fonds de réduction de la dette, que le gouvernement a promis de maintenir. Un budget équilibré est projeté pour l’exercice qui se terminera en mars 2028. Le gouvernement ne prendra pas de mesures de réduction du déficit au cours des deux prochaines années avant que l’emploi retrouve ses niveaux d’avant la pandémie. Le budget est fondé sur une prévision de croissance de 4,2 pour cent cette année après une contraction de 5,2 pour cent en 2020. Le Québec a réservé 1,5 milliard $ au cours du prochain exercice pour aider à stimuler la croissance, notamment des fonds pour maintenir les salariés en place et stimuler l’investissement des entreprises. Il réduit aussi le taux d’imposition des petites entreprises pour égaler sa voisine, l’Ontario.

Les efforts du Canada pour combattre le changement climatique ont été couronnés de succès avec une victoire majeure : la Cour suprême a en effet statué que la taxe carbone nationale instaurée par le premier ministre Justin Trudeau est constitutionnelle. « Le Parlement a compétence pour adopter cette loi en tant que matière d’intérêt national, a dit la Cour suprême dans sa décision jeudi, appuyée par six des neuf juges. Il s’agit d’une matière cruciale pour nous permettre de répondre à une menace existentielle à la vie humaine au Canada et dans le monde entier. » Cette décision signifie que la politique environnementale la plus ambitieuse du pays à ce jour, qui établirait un prix de base pour le carbone devant monter à 170 $ la tonne d’ici 2030, pourra être maintenue. Justin Trudeau a annoncé une augmentation de la taxe carbone à une conférence de presse à Ottawa en novembre 2020. La décision est déterminante pour l’objectif du Canada de parvenir à zéro émission nette d’ici 2050. C’est aussi une victoire pour Justin Trudeau, qui a accédé au pouvoir en 2015 en promettant de s’attaquer au changement climatique, mais s’est heurté à une vive opposition du secteur des combustibles fossiles et des provinces riches en pétrole comme l’Alberta.

États-Unis

Les banques pourront accélérer le versement de dividendes aux actionnaires et les rachats d’actions cette année, mais pas avant le 30 juin et sous réserve qu’elles passent avec succès la série actuelle de tests de résistance, a fait savoir la Réserve fédérale jeudi. Les plus grandes institutions de Wall Street avaient vu limiter sur la base de leur bénéfice leur capacité de verser des dividendes et de racheter des actions pendant le plus clair de l’année dernière par mesure de précaution pendant la pandémie de COVID-19. La Fed avait dit l’an dernier qu’elle commencerait à autoriser des décaissements ordinaires au premier trimestre de 2021, l’annonce de jeudi reporte donc cette date de plusieurs mois. « Le système bancaire continue d’être une source de vigueur et le retour à notre cadre normal après les tests de résistance de cette année préservera cette vigueur », a dit le vice-président à la supervision, Randal Quarles, dans un communiqué. Les actions des banques ont augmenté après la fermeture des marchés à l’annonce de cette nouvelle, Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Wells Fargo et Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. JPMorgan Chase ayant gagné environ 1 %.

Europe

L’Union européenne a rehaussé d’un cran ses règles rigoureuses régissant l’exportation des vaccins contre la COVID, tout en augmentant la pression sur Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. AstraZeneca pour qu’elle livre davantage de doses du vaccin contre le coronavirus à la région. Cela a lieu alors que le déploiement poussif des vaccins dans la région est de plus en plus critiqué, bien que l’UE continue d’exporter des millions de doses. Pour essayer de se placer dans une position de négociation plus forte vis-à-vis des entreprises pharmaceutiques qui ne respectent pas leurs objectifs de livraison, l’UE a renforcé ses règles strictes sur les exportations de vaccins. Avant d’autoriser les livraisons de doses contre la COVID-19, l’UE examinera si le pays destinataire applique des restrictions pour les vaccins ou les matières premières et évaluera si celui-ci est en meilleur état épidémiologique qu’elle. Les données publiées jeudi ont révélé que l’UE a exporté 77 millions de doses de vaccins contre la COVID depuis décembre vers 33 pays dans le monde. En même temps, 88 millions de doses ont été livrées à des pays membres de l’UE, dont 62 millions ont été administrées. Par conséquent, l’UE a exporté plus de vaccins qu’elle n’en a donné à ses propres citoyens jusque-là.

Asie

Les données depuis le début de l’année démontrent que la Chine commence à s’attaquer à sa dette. Une enquête sur le premier trimestre par China Beige Book, publiée jeudi a conclu que les emprunts par les entreprises d’État ont reculé et sont au plus bas depuis que cette étude a été lancée, il y a 10 ans. Les emprunts totaux sont descendus au plus bas en trois ans, alors que ceux des grandes sociétés ont touché un plancher des cinq dernières années, selon le rapport. Étant donné les liens avec l’État, les entreprises liées au gouvernement représentent « le meilleur signal » concernant l’intention politique des autorités, a dit le directeur général de China Beige Book, Shehzad Qazi, dans une note. La société conduit des enquêtes trimestrielles auprès des entreprises de la Chine. Les économistes ont relevé que l’objectif d’un PIB de 6 % relativement bas pour cette année donne aux autorités la latitude de s’attaquer à des problèmes tels que l’endettement élevé, sans trop devoir s’inquiéter pour la croissance. Avant la pandémie due au coronavirus l’an dernier, la Chine avait essayé de freiner la croissance de la dette avec des résultats contrastés.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.