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Commentaire financier du jour

Canada

La Banque du Canada a donné l’indication prospective la plus nette à ce jour concernant ses plans de ralentissement des achats d’obligations gouvernementales à mesure que la reprise économique accélère, alimentant les attentes d’une première diminution dès avril. Dans un discours donné mardi, le sous-gouverneur Toni Gravelle a dit que la banque centrale démantèle les programmes de liquidité d’urgence déployée pour lubrifier les marchés quand la pandémie s’est déclarée l’an dernier, notamment les programmes d’achat d’obligations provinciales et de titres d’emprunt de sociétés. Il a laissé entrevoir comment la banque centrale prévoit de réduire son principal programme d’achat d’obligations gouvernementales – tout en promettant que la réduction serait progressive. La banque centrale achète pour au moins 4 milliards $ d’obligations fédérales chaque semaine pour aider à maintenir les coûts d’emprunt bas. Certains économistes disent que ce rythme n’est peut-être plus justifié, alors que les perspectives semblent indiquer une croissance de l’économie à un rythme beaucoup plus soutenu que ce qu’attendaient les autorités.

Le gouvernement fédéral a fixé une date pour le dépôt de son premier budget à part entière depuis plus de deux ans. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé mardi devant la Chambre des communes qu’elle présentera un budget le 19 avril, alors que les autorités fédérales cherchent à tracer la voie du Canada pour traverser la prochaine phase de la pandémie et pour la reprise subséquente. Ce budget sera présenté après la plus importante vague de dépenses du Canada en temps de paix de son histoire. Dans son Énoncé économique de l’automne publié en novembre, Ottawa projetait un déficit de 381,6 milliards $ – soit 17,5 pour cent du produit intérieur brut – dans l’exercice 2020-2021 après que des aides aux revenus sans précédent et qu’une destruction économique générale due à la pandémie eurent engendré un torrent de déficits. Les autorités fédérales avaient reconnu à l’époque que le déficit pourrait dépasser les 400 milliards $ selon la trajectoire du virus et les nouvelles mesures de confinement destinées à en freiner la propagation. Ce déficit record a amené Ottawa à laisser de côté sa promesse de longue date de maintenir l’ancrage budgétaire caractérisé par une baisse du ratio de la dette au PIB, adoptant plutôt ce qu’on a appelé des « garde-fous » budgétaires pour veiller à ce que le fardeau de la dette nationale n’échappe pas à tout contrôle. Ottawa projette que le ratio dette/PIB culminera cours du prochain exercice à 52,6 pour cent avant de redescendre progressivement sur l’horizon de prévision.

États-Unis

Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Intel a annoncé mardi qu’elle dépensera 20 milliards $US pour construire de nouvelles usines de puces informatiques à Ocotillo, en Arizona. L’action d’Intel a augmenté de 5 % à la suite de cette nouvelle après la fermeture des marchés mardi. L’annonce qui coïncide avec la première prise de parole publique du nouveau chef de la direction Pat Gelsinger depuis son entrée en fonction indique qu’Intel continuera de se focaliser sur la fabrication pendant les mutations de l’industrie qui ont conduit des concurrents à séparer de plus en plus la conception des puces de leur fabrication. La nouvelle tombe en pleine pénurie mondiale de puces informatiques qui freine des industries allant de l’automobile à l’électronique et fait craindre que les États-Unis prennent du retard dans la fabrication de semi-conducteurs. L’engagement d’Intel dans la fabrication a des implications pour la sécurité nationale. Intel a dit qu’elle conclut un partenariat avec Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. IBM pour améliorer la logique des puces et les technologies de conditionnement, ce qui « accroîtra la compétitivité de l’industrie des semi-conducteurs américaine et soutiendra les initiatives du gouvernement des États-Unis ».

Robinhood a déposé un dossier confidentiel pour lancer un premier appel public à l’épargne (PAPE), aux dires d’une source bien informée de CNBC mardi. Robinhood a par la suite confirmé la décision dans une note de blogue. Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Bloomberg avait déjà évoqué la déclaration confidentielle. La société a connu un début d’année en tourbillon quand la pandémie a aidé à attirer de nouveaux investisseurs du secteur détail, vers son application de négociation d’actions. Pendant la frénésie boursière alimentée par le biais de Reddit en janvier, Robinhood a gagné 3 millions d’utilisateurs, selon les estimations de JMP Securities. Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. CNBC avait dit plus tôt ce mois que Robinhood avait choisi le Nasdaq pour son PAPE, selon des sources bien informées. Goldman Sachs a conseillé la société dans cette opération. Robinhood a été fondée en 2013 par Tenev et Baiju Bhatt, qui partageaient une chambre à Stanford. Ils ont fait leur début dans les finances en vendant des logiciels de négociation à des fonds spéculatifs, avant de créer Robinhood pour mettre au point des méthodes permettant aux investisseurs du secteur détail d’acheter et de vendre des actions sans payer de commissions.

Europe

L’activité économique dans la zone euro a pris de l’expansion en mars, selon des chiffres préliminaires parus mercredi, mais les économies se préparent à une troisième vague d’infections de COVID-19 qui pourrait faire dérailler toute reprise. L’indice composé PMI éclair d’IHS Markit pour la zone euro, qui analyse et l’activité dans les secteurs de la fabrication et des services, a atteint 52,5 en mars comparativement à 48,1 en février. Toute indication au-dessus de 50 représente une expansion de l’activité économique. Les données préliminaires laissent entrevoir la première expansion économique de la région depuis septembre et la plus forte augmentation depuis juillet. Cependant on craint pour la performance de la zone euro au deuxième trimestre, car les restrictions sociales demeurent une réalité. L’Allemagne a décidé cette semaine de prolonger son confinement et a imposé des restrictions strictes pour le week-end de Pâques. En France, Paris et quelque 14 autres régions ont aussi mis en place des mesures de confinement devant la recrudescence des infections. La Pologne a également annoncé des restrictions des déplacements plus fortes.

Asie

L’Inde supplantera le Japon au rang de troisième économie au monde derrière les États-Unis et la Chine d’ici 2031, selon un récent rapport de BofA Securities. La division de banque d’investissement de Bank of America avait précédemment prédit que cela se produirait en 2028, mais a indiqué lundi que le choc économique de la COVID-19 retardera cet événement de trois ans. « Nous nous attendons maintenant à ce que l’Inde émerge comme la troisième économie du monde en 2031 (exercice 2032), plutôt qu’en 2028, à cause du choc de la COVID-19 », écrivent les économistes de BofA Securities, Indranil Sen Gupta et Aastha Gudwani, dans un rapport. Les chercheurs ont fait remarquer que l’Inde atteindra le PIB nominal du Japon exprimé en dollars en 2031 si elle croît de 9 % par an – dans l’hypothèse d’une croissance du PIB réel d’environ 6 %, d’un taux d’inflation moyen de 5 % et d’une dépréciation de 2 %. Si la croissance atteint 10 %, mais elle pourrait dépasser le Japon d’ici 2030, selon le rapport.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.