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Commentaire financier du jour

Canada

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a prévenu que l’économie du pays pourrait de nouveau se contracter temporairement sous l’effet d’une deuxième vague d’infections, tempérant la bonne nouvelle du démarrage de la campagne de vaccination contre la COVID-19. Dans son dernier discours de l’année, M. Macklem a dit que l’incertitude reste grande et que de nouvelles restrictions pourraient provoquer une petite contraction au début de 2021. Côté positif, « les nouvelles encourageantes concernant les vaccins permettent d’espérer un retour à des activités plus normales un peu plus tard l’an prochain ». S’adressant aux journalistes après son allocution, M. Macklem a dit que les données ne laissent entrevoir qu’une augmentation marginale de la production pendant les derniers mois de 2020, qui sera suivie de chiffres modestement négatifs ou légèrement positifs au cours des trois premiers mois de l’année. Globalement, les commentaires de M. Macklem reflètent une banque centrale qui reste dans l’expectative en matière de politique monétaire, en attendant de voir dans l’évolution de l’économie des indices qui guideront ses prochaines décisions.

Les actionnaires de deux sociétés d’énergie rivales ont voté en faveur de l’union de leurs forces mardi, libérant la voie pour l’offre publique d’achat multimilliardaire de Cenovus Energy Inc. sur Husky Energy Inc. Les deux sociétés de Calgary ont chacune tenu une assemblée extraordinaire des actionnaires pour voter sur le rachat entièrement en actions pour 3,8 milliards $. L’acceptation par les investisseurs des deux sociétés était retentissante, puisque plus de 90 pour cent des votes exprimés étaient en faveur de l’acquisition. Après le feu vert des actionnaires, l’autorisation réglementaire est le dernier obstacle important à la transaction. L’opération surprise annoncée en octobre devrait être menée à terme au cours du premier trimestre de 2021.

États-Unis

Les investisseurs du monde entier deviennent prudents en ce qui concerne l’investissement dans certaines sociétés chinoises désignées dans un décret-loi du gouvernement américain. MSCI, une des plus importantes sociétés d’indices boursiers au monde, a annoncé mardi le retrait de 10 titres chinois de ses indices à partir de la fermeture des bureaux le 5 janvier 2021. Ces retraits font suite au décret du président américain Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Donald Trump du 12 novembre qui interdit aux sociétés et aux particuliers américains de détenir des actions de sociétés de Chine dont la Maison-Blanche allègue qu’elles soutiennent l’armée chinoise. MSCI a dit dans un communiqué que cette décision est basée sur les réponses de plus de 100 participants au marché dans le monde qui ont relevé que « la vaste présence » des entités financières américaines dans les processus d’investissement des investisseurs du monde pourrait gêner sérieusement les transactions concernant les actions affectées.

La Fed pourrait entrevoir des perspectives à long terme plus brillantes dans ses prévisions économiques qu’elle publiera mercredi grâce aux progrès sur le front des vaccins, mais elle pourrait aussi décevoir au moins certains investisseurs qui attendent des changements immédiats de son programme d’achat d’obligations. Le marché est divisé au sujet de l’allongement de la durée des achats par la Fed de 80 milliards $US par mois d’obligations du Trésor américain, ce qui impliquerait une augmentation des achats de titres à plus long terme comme les obligations de 10 et de 30 ans. En théorie, cela devrait aider à maintenir bas les taux à long terme qui ont un impact sur les prêts hypothécaires et autres. La Fed publiera son communiqué à 14 h et son président, Jerome Powell, tiendra une conférence à 14 h 30 HE.

Europe

L’activité des entreprises dans la zone euro est relativement robuste en décembre, selon les données préliminaires du plus récent indice des directeurs des achats (PMI) pour la région. L’indice composé éclair PMI de la production de la zone euro, qui porte sur l’activité dans le secteur de la fabrication et dans celui des services, s’est établi à 49,8 en décembre, comparativement à 45,3 en novembre. En dessous de 50, il continue cependant d’indiquer une contraction de l’activité. Commentant les données de l’indice PMI éclair, l’économiste en chef d’IHS Markit, Chris Williamson, a estimé que « l’économie de la zone euro s’en tire mieux que prévu en décembre ».

La livre sterling a franchi la barre de 1,35 $US mercredi matin, ce qu’on attendait depuis longtemps, après que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit que des progrès ont été accomplis vers la conclusion d’un accord commercial pour l’après-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. S’adressant au Parlement européen, Mme von der Leyen, a indiqué que même si elle ne pouvait pas se prononcer encore sur la conclusion d’un accord, « il y a maintenant une voie vers une entente » et les cinq prochains jours seront cruciaux.

Asie

L’Australie demandera officiellement l’intervention de l’Organisation du commerce mondial dans un différend commercial avec la Chine. Pékin a imposé des droits antidumping et anti-subventions sur l’orge australienne à hauteur de 80,5 %. Ce n’est là qu’une des mesures prises par la Chine contre les exportateurs australiens en 2020. Le gouvernement et les représentants de l’Australie ont épuisé tous les recours pour tenter d’amener la Chine à un dialogue afin de régler les problèmes commerciaux, a dit le ministre de l’Agriculture, David Littleproud à CNBC. À part les droits de douane sur l’orge, la Chine a aussi pris plusieurs mesures contre d’autres exportateurs australiens, notamment une interdiction d’importation de plusieurs abattoirs producteurs de viande rouge. Pékin aviserait apparemment aussi verbalement ses sociétés d’électricité et aciéries d’arrêter d’apporter du charbon australien. En octobre deux groupes du secteur du coton en Australie ont dit que la Chine a commencé à décourager ses filatures d’importer du coton de leur pays.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.