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Commentaire financier du jour

Canada

Moody’s Investors Service a maintenu la note de crédit du Canada, la plus haute, avant une mise à jour économique et financière du gouvernement Trudeau qui devrait dévoiler une explosion de la dette. La vigueur économique du pays et « l’efficacité de sa politique » lui confèrent « un degré très élevé de résilience aux chocs », écrivent les analystes de Moody’s dont William Foster, dans un rapport paru jeudi qui réitérait la note Aaa avec des perspectives stables. Moody’s a dit que les taux d’intérêt historiquement bas atténuent l’impact de la forte augmentation des dépenses engagées cette année pour contrer la pandémie de COVID-19, qui produira le plus important déficit budgétaire depuis la Deuxième Guerre mondiale. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, doit publier des projections mises à jour du gouvernement au cours des prochaines semaines. Moody’s s’attend à ce que le produit intérieur brut canadien se contracte d’environ 6 % cette année et à ce que cela soit suivi d’une croissance de 5 % et 3,5 % respectivement en 2021 et 2022. Cela représente une baisse plus forte cette année, mais un rebond plus rapide que l’estimation médiane de la plus récente enquête de Bloomberg auprès d’économistes.

États-Unis

La décision du secrétaire au Trésor Steve Mnuchin de laisser plusieurs programmes de prêts d’urgence de la Fed expirer le 31 décembre réduira considérablement la capacité de la banque centrale de soutenir le système financier. Mais certaines personnes bien informées de cette situation disent que la Fed disposera encore d’un pouvoir de prêt considérable en cas de choc dans le système. M. Mnuchin a émis une lettre jeudi disant qu’il ne prolongera pas les programmes de la Fed qui utilisait des fonds prévus par la loi CARES du Congrès. Créés en réaction à la panique financière qui a accompagné les confinements au printemps, ces programmes ont donné à la Fed la possibilité de prêter jusqu’à 4 500 milliards $US à divers marchés financiers. M. Mnuchin a déclaré que l’intention du Congrès était de laisser les fonds expirer.

Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. Pfizer et Ce lien ouvrira dans un nouvel onglet. BioNTech demanderont une autorisation d’urgence à la Food and Drug Administration pour leur vaccin contre le coronavirus. L’annonce faite vendredi a eu lieu deux jours après que Pfizer a indiqué qu’une analyse finale des données révèle que son vaccin développé avec BioNTech est efficace à 95 % pour prévenir la COVID-19, est sûr et prévient la grave maladie. Pfizer est la première société engagée dans la course au développement d’un vaccin contre la COVID-19 à demander l’autorisation d’urgence de son utilisation par la FDA. Son vaccin à base d’ARN messager, ou mRNA, contient du matériel génétique et doit, selon les scientifiques déclencher le système immunitaire pour combattre le virus. Le vaccin doit être conservé à une température de -70 °C, ce qui rend une distribution généralisée potentiellement difficile. À titre de comparaison, le vaccin de Moderna doit être conservé à une température de moins de -20 °C.

Europe

Le conglomérat allemand Thyssenkrupp prévoit de supprimer 5 000 postes de plus pour freiner les pertes dans son vaste empire, a-t-il annoncé jeudi, après avoir déclaré un déficit d’exploitation de 1,6 milliard € (1,9 milliard $US) au cours du dernier exercice. Malgré la fermeture de son activité d’ascenseurs en juillet pour plus de 17 milliards € pour aider à financer la restructuration et réduire la dette, le groupe reste en crise, et sa PDG, Martina Merz, a dit qu’il faudra une restructuration plus draconienne pour arrêter l’épuisement de trésorerie. La société a dit qu’elle s’attend à prendre, au printemps prochain, une décision sur l’avenir de sa division sidérurgique, qui a inscrit une perte de près de 1 milliard €, car le ralentissement mondial dû au confinement pour combattre la COVID-19 a laminé la demande.

Les négociateurs en chef d’un accord post-Brexit ont suspendu les discussions directes jeudi, car un membre de l’équipe de l’UE a subi un test positif de COVID-19, mais les représentants ont continué de travailler à distance pour conclure un accord EU-R.-U qui devra entrer en vigueur dans six semaines à peine. La ministre des Affaires européennes de la Finlande, Tytti Tuppurainen, a dit que les discussions pourraient encore aboutir et qu’un accord « global » pourrait être passé à temps avant la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne le 31 décembre. Certains États membres de l’UE, dont les Pays-Bas, la France, la Belgique et l’Espagne, ont demandé à la Commission européenne – qui mène les négociations avec la Grande-Bretagne au nom du bloc – d’actualiser les plans d’urgence en vue d’un possible Brexit sans accord.

Asie

Une série de défaillances de sociétés d’État très en vue en Chine – normalement des valeurs sûres pour les investisseurs – ont bousculé le marché du crédit et ébranlé les investisseurs, ce qui a provoqué la chute du marché obligataire de la semaine dernière. Alors que l’hémorragie continue, pointant vers des indices de nouvelles défaillances sur des obligations, les observateurs se demandent pourquoi un plus grand nombre d’entreprises d’État sont laissées livrées à elles-mêmes maintenant comparativement aux deux dernières décennies et quels segments du marché le gouvernement choisira de soutenir. La société minière d’État, Yongcheng Coal and Electricity, n’a pas honoré une obligation de 1 milliard de yuans (151,9 millions $US) la semaine dernière, provoquant une enquête d’État élargie sur trois banques souscriptrices soupçonnées d’inconduite.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.