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Commentaire financier du jour

Canada

Trois des six grandes banques du Canada ont dit mardi qu’elles s’attendent à ce que la plupart des emprunteurs qui se sont prévalus des programmes de report des remboursements liés à la pandémie recommencent à effectuer leurs paiements, ce qui contredit les craintes d’une forte augmentation des prêts en souffrance. À la Banque de Nouvelle-Écosse, 99 % des emprunteurs hypothécaires dont les reports ont expiré sont à jour dans leurs remboursements, selon un communiqué du prêteur. La Banque Scotia est maintenant exposée à 39 milliards $ de reports, contre 41,5 milliards au 31 juillet, et s’attend à ce que la « grande majorité » du reste des reports expire ce trimestre, a dit le chef de la direction, Brian Porter, dans le communiqué.

Les États-Unis ont annulé les droits de douane sur l’aluminium imposés au Canada il y a un peu plus d’un mois, après avoir été menacés de l’imposition de droits en représailles. Les droits de douane ont fait monter les prix de l’aluminium canadien face à une pénurie de boîtes de boisson en Amérique du Nord, ce qui a accru les craintes que la hausse de la matière première se répercute sur les brasseurs et sociétés de boissons non alcoolisées, et en bout de compte les consommateurs.

Le Fonds de placement immobilier Cominar a dit que son conseil des fiduciaires a entrepris un examen stratégique et retenu les services de deux banques d’investissement pour l’aider à évaluer ses options. Le processus sera supervisé par un comité spécial de fiduciaires indépendants avec les conseils de la Financière Banque Nationale et de BMO Marchés des capitaux. « Le FPI n’a pas établi d’échéancier définitif pour l’achèvement du processus d’examen stratégique et aucune décision n’a été prise à ce jour. Rien n’assure que ce processus d’examen stratégique mènera à une transaction et, si une transaction est entreprise, aucune assurance ne peut être donnée quant à ses modalités ou son échéancier », a dit la société.

États-Unis

Une dichotomie intrigante se manifeste aux États-Unis et on la constate de plus en plus ailleurs dans le monde. Le secteur de la fabrication se rétablit bien des profondeurs de la récession due à la COVID-19, mais celui des services a plus de mal à s’en remettre. Cette divergence de performance est logique. Les mesures de distanciation sociale ont beaucoup moins d’impact sur le secteur manufacturier que sur celui des services. En outre, la fabrication est soutenue par certains courants porteurs très importants, comme la reprise sous l’impulsion de mesures de relance en Chine, la demande comprimée, les niveaux de stocks déprimés et la grande détente monétaire. Les intentions d’investissement en immobilisations continuent d’augmenter fortement, ce qui confirme que d’importants soutiens pour les dépenses cycliques et l’activité de fabrication augmentent. Les secteurs de l’économie les plus touchés par la pandémie et les mesures de distanciation sociale qui restent en place sont ceux des loisirs, de la restauration, de l’hôtellerie et des voyages. Il représente environ 10 % du PIB, mais 25 % de l’emploi.

Amazon.com Inc. prévoit d’ouvrir 1 000 petits points de livraison dans les villes et les banlieues de l’ensemble des États-Unis, selon des personnes bien informées du dossier. Les installations, qui devront atteindre à terme le nombre de 1 500, rapprocheront les produits et clients, rendant les achats en ligne aussi rapides qu’une course en vitesse au magasin du coin. Cela aidera aussi la plus grande société de commerce électronique à défier sa rivale Walmart Inc. qui opère un retour en force.

Europe

L’enquête ZEW pour le mois de septembre révèle que les investisseurs ne deviennent que plus optimistes pour les perspectives économiques alors que la composante des prévisions de croissance de l’enquête a encore augmenté en Europe et à l’échelle mondiale. En outre, l’évaluation de la conjoncture économique s’est aussi nettement améliorée en Europe, malgré l’accroissement d’une deuxième vague d’infections. La hausse des attentes en matière de croissance est importante pour les actifs à risque et les cours des obligations. Dans le passé, quand la composante des attentes mondiales de l’enquête ZEW augmentait, cela a souvent entraîné une hausse des rendements quoiqu’avec un décalage temporel très variable. En outre, la vigueur de la composante des attentes en matière de croissance européenne laisse entrevoir un rebond de la performance relative du secteur des services financiers et des valeurs industrielles. Si la vague de consolidation actuelle dans le système bancaire peut continuer, cela facilitera un rebond du secteur des services financiers, même s’il n’est que temporaire.

Le ralentissement de l’économie mondiale ne sera pas aussi marqué qu’on le craignait précédemment cette année, bien que le rythme de la reprise diminue et que celle-ci nécessitera un soutien des gouvernements et des banques centrales pendant un certain temps encore, selon l’OCDE. L’économie mondiale se contractera de 4,5 % cette année, moins que la prévision de 6 % émise en juin, a dit mercredi l’institution dont le siège est à Paris et qui a revu à la hausse ses prévisions au vu des regains d’activité depuis le déconfinement. D’importantes révisions ont été apportées aux chiffres des États-Unis et de la zone euro, de même que de la Chine, dont on prévoit qu’elle affichera une modeste croissance, étant le seul pays du G20 jouissant de cette perspective.

Asie

En août, la production industrielle de la Chine s’est encore renforcée, augmentant à 5,6 % d’une année à l’autre et dépassant les attentes qui faisaient consensus (5,1 %). Les investissements en immobilisations ont aussi repris, passant de -1,6 % à -0,3 % d’une année à l’autre. Alors que les investissements en immobilisations privés continuent de se contracter, l’amélioration du taux de croissance de -5,7 % à -2,8 % a entraîné une embellie du taux de croissance de l’investissement en immobilisations global. Sur une base annuelle, le commerce de détail chinois a crû pour la première fois cette année en août. Les ventes au détail ont progressé de 0,5 % d’une année à l’autre et ont dépassé les attentes consensuelles (0 %). Les biens durables ont été avantagés, les ventes de voitures et d’appareils ménagers ayant augmenté de 11,8 % et 4,3 % respectivement, en glissement annuel. La vigueur des transactions immobilières, l’expansion des prêts aux ménages et la baisse du taux de chômage indiquent que la reprise entraînée par les mesures de stimulation ne fera que renforcer ces tendances existantes dans les dépenses de consommation.

Les autorités monétaires chinoises ne sont pas pressées de freiner une progression rapide du yuan, alors que les opérateurs font subir à la monnaie sa plus forte ascension enregistrée à ce jour. Le yuan s’est apprécié de 4,5 % depuis la fin de juin à 6,7566 pour 1 USD, et est en passe d’enregistrer la plus forte hausse trimestrielle selon les données depuis 1981. La monnaie est la plus performante en Asie au troisième trimestre, portée par un élan des achats proches du record depuis janvier. Le yuan est soutenu par la dépréciation du dollar américain alors que les médias chinois attribuent les gains à la reprise économique du pays. La Banque populaire de Chine a aussi contribué en évitant toute entrave, ce qui, pour certains opérateurs du marché, est une incitation propre à faire monter la monnaie davantage.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.