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Commentaire financier du jour

Canada

La Banque du Canada a réitéré son engagement à maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas historique pendant plusieurs années, mais s’est montrée moins disposée à prendre des mesures encore plus énergiques et a dit qu’elle pourrait ajuster son programme d’achat d’obligations. Dans une décision mercredi, les grands argentiers sous la direction du gouverneur Tiff Macklem ont maintenu le taux de financement à un jour à 0,25 % et ont dit qu’ils le laisseront inchangé jusqu’à ce que les capacités excédentaires dans l’économie se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de « manière durable ». La banque centrale a aussi réitéré son engagement à acheter des obligations du gouvernement au rythme actuel et à maintenir les mesures de stimulation extraordinaires par la politique monétaire pendant ce qu’elle a appelé la phase de récupération de la reprise. Son attitude accommodante est essentiellement la même que dans son dernier communiqué sur la politique monétaire en juillet faisant partie des efforts de la banque pour aider à tirer le Canada de la récession la plus profonde depuis les années 1930. En même temps, la banque a indiqué qu’elle est prête à apporter des ajustements à sa politique en réduisant l’assouplissement quantitatif, si c’était nécessaire.

La construction immobilière résidentielle neuve a bondi au plus haut niveau en plus d’une décennie. Le marché de l’habitation du Canada continue de défier les anticipations d’un ralentissement. Les mises en chantier résidentielles ont grimpé à 262 396 en août sur une base annualisée, soit une hausse de 6,9 % par rapport au niveau déjà élevé de 245 425 unités un mois plus tôt, selon un rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement paru mercredi. Le total mensuel le plus élevé depuis septembre 2007 était principalement attribuable à la construction neuve à Toronto et Vancouver, particulièrement de logements collectifs, comme les appartements en copropriété.

États-Unis

La reprise de près de 70 % des prix de l’or au cours des deux dernières années a été spectaculaire et a permis au métal jaune de dépasser l’indice S&P 500 de 40 % pendant la même période. Historiquement, l’or dépasse les actions quand les risques d’une stagflation augmentent. En fait, un « indicateur de la stagflation » simple (l’écart entre l’inflation selon l’IPC et la croissance du PIB réel) explique bien la performance relative de l’or. Dans les années 1970, quand l’inflation mesurée par l’IPC était élevée et que la croissance était faible, l’or s’est apprécié. Au cours de la première décennie du millénaire, l’or s’est aussi démarqué quand l’inflation était amplifiée par la faiblesse du dollar américain et la vigueur des prix des matières premières et denrées. Cette fois-ci, c’est l’effondrement de la croissance qui lui a valu un rendement supérieur. En bout de compte, la véritable cause du rendement supérieur de l’or est la chute des taux d’intérêt réels. Si la baisse des taux d’intérêt réel a aussi permis au ratio de valorisation des actions de monter, leur chute se matérialise souvent en marge d’une économie molle, qui pèse sur les bénéfices. C’est particulièrement vrai cette fois-ci où la montée de « l’indicateur de la stagflation » était entièrement expliquée par l’effondrement de la croissance. À l’avenir, l’or continuera de dépasser les actions dans l’une ou l’autre des deux conditions suivantes : soit la croissance reste très faible et justifie des taux réels bas pendant une période prolongée (rognant les BPA), soit l’inflation augmente nettement plus vite et maintient des taux réels bas, la Fed restant délibérément en retrait. BCA Research s’attend à ce que le deuxième scénario se réalise au cours des prochaines années et à ce que l’or reste donc très recherché pendant la décennie.

Europe

Les marchés des emprunts primaires en Europe ont connu une nouvelle avalanche de transactions jeudi, car les emprunteurs se dépêchent d’émettre des titres avant une recrudescence possible de l’instabilité financière. Les émissions d’obligations, dont celles du constructeur automobile japonais Nissan Motor Co. et de la ville de Hambourg, devraient ajouter au moins 5,6 milliards € (6,63 milliards $US) au total du marché de cette semaine déjà fort de 44 milliards € de nouvelles dettes. L’activité se produit alors que les investisseurs attendent la réunion de la Banque centrale européenne et la publication de nouvelles projections économiques qui pourraient révéler que la reprise après le déconfinement reste fragile. On s’attend généralement à ce que la BCE maintienne sa politique sans changement, mais les investisseurs surveilleront de près les commentaires de la présidente Christine à laquelle on ne manquera pas de demander s’il faut s’attendre à de nouvelles mesures de stimulation monétaires cette année.

Asie

Le prochain plan quinquennal de la Chine débutera en 2021 avec des prévisions d’augmentation de ses réserves d’État titanesques de pétrole brut, de métaux stratégiques et de denrées agricoles, selon des personnes bien placées informées des discussions. Pékin entend bien tirer les leçons de la crise du coronavirus et de la détérioration des relations avec les États-Unis et leurs alliés, selon ces personnes qui ont participé à l’élaboration du plan. Cela consiste à veiller à ce que les stocks secrets du pays, qui font probablement partie des plus importants au monde, soient suffisamment garnis pour résister aux perturbations de l’offre qui pourraient handicaper son économie, ont dit ces personnes en revendiquant l’anonymat tant cette question est sensible. Les plus hauts dirigeants de la Chine présenteront le mois prochain sa stratégie pour 2021-2025 qui comprendra une augmentation de la consommation intérieure et la fabrication d’une plus grande partie des moyens technologiques critiques en Chine, pour tenter de protéger la deuxième économie du monde d’une aggravation des tensions géopolitiques et de l’effritement des chaînes d’approvisionnement. La sécurité des approvisionnements en nourriture, carburants et combustibles et matériaux est une condition préalable à une plus grande autonomie pour le plus grand importateur de marchandises au monde. Le nouveau programme d’achat visera en particulier à apaiser les craintes de la Chine au sujet de sa sécurité énergétique et alimentaire, selon ces informateurs.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.