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Commentaire financier du jour

Canada

En réponse à la propagation rapide du virus et aux restrictions des déplacements qui s’ensuivent alors que les gouvernements ferment les frontières, Air Canada a dit qu’elle limitera les vols et les trajets dans un avenir prévisible. La société continuera de desservir, outre-mer, Londres, Paris, Francfort, Delhi, Tokyo et Hong Kong, réduisant ses plans de vol internationaux de 101 aéroports à six, du premier avril jusqu’à la fin du mois. De la même manière, les destinations aux États-Unis passeront de 53 à 13 – New York (aéroports Laguardia et Newark), Boston, Washington, D.C., Chicago, Houston, Seattle, San Francisco, Los Angeles, Denver, Orlando et Fort Lauderdale. Et ses vols intérieurs n’échappent pas aux restrictions. Air Canada a annoncé la réduction des aéroports desservis de 62 à 40 en avril, mais maintient le service à destination de toutes les provinces et de tous les territoires.

États-Unis

Ford et General Motors confirment la fermeture prochaine de toutes leurs usines nord-américaines à cause de la menace du coronavirus. Fiat Chrysler en fera autant, selon deux personnes informées du dossier mercredi. Ford a dit qu’elle fermera ses usines jeudi à la fin du quart de travail du soir, jusqu’au 30 mars, tandis que GM a indiqué qu’elle amorcera une « suspension ordonnée systématique » de la production au moins d’ici le 30 mars. Les activités seront évaluées hebdomadairement après cela. Des commentaires ont été demandés à Fiat Chrysler, sans réponse. Les personnes qui ont évoqué la fermeture ne voulaient pas être identifiées puisqu’il n’y a pas encore eu d’annonce officielle.

La Réserve fédérale a repris une autre formule de sa réaction à la crise de 2008 tard mercredi soir, invoquant son pouvoir d’intervention d’urgence pour créer un filet de sécurité pour les fonds communs de placement du marché monétaire. Le nouveau Money Market Mutual Liquidity Fund accordera des prêts aux institutions financières pour le rachat d’actifs de fonds du marché monétaire qui investissent principalement dans des titres de dettes de sociétés, du papier commercial et des titres de dettes d’agences (prime funds). Ces fonds n’achètent pas de titres du Trésor et ont commencé à susciter des inquiétudes ces derniers jours. Ils faisaient l’objet de lourds décaissements alors que de grandes sociétés et des investisseurs institutionnels cherchaient à se procurer des liquidités face à la tourmente soulevée par le coronavirus. Cela a exercé une pression sur les marchés de financement des sociétés, avec les retraits de ces fonds. C’est le deuxième programme en deux jours qui utilise le filet de sécurité de 10 milliards $US du Exchange Stabilization Fund du département du Trésor.

Europe

Les actions européennes ont ouvert la séance à la hausse après le dévoilement par la Banque centrale européenne d’un nouveau programme d’achat d’obligations massif et alors que sa présidente, Christine Lagarde, a indiqué que l’engagement de la banque à soutenir l’euro était « sans limite ». L’indice Stoxx Europe 600 a progressé de 1,7 pour cent, rebondissant après avoir clôturé au plus bas depuis juin 2013. Les actions italiennes se sont démarquées, l’indice FTSE MIB ayant grimpé de 4,3 pour cent alors que les obligations du pays étaient en tête des gains réalisés dans la zone euro. Parmi les secteurs, celui de l’automobile s’est le mieux comporté alors que le sous-groupe des voyages accusait une nouvelle baisse. La BCE a lancé un programme d’achat d’obligations de 750 milliards € (814 milliards $US) mercredi soir dans ses efforts pour protéger la région de l’impact économique de la pandémie liée au coronavirus.

Le confinement de l’Italie est prolongé au-delà du 3 avril, la date fixée actuellement, a confié le premier ministre du pays à la presse alors que la liste des victimes s’allonge à un rythme record. Parlant au quotidien italien Corriere della Sera, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a dit que les mesures prises pour fermer les écoles et les universités et pour restreindre les déplacements en Italie devront être prolongées. Ses commentaires confirment les spéculations que le gouvernement allongera la période de confinement, car les cas de contamination au coronavirus ont empiré. Selon ces règles de confinement, les Italiens ne peuvent sortir de chez eux que pour acheter de la nourriture ou des médicaments (les épiceries et pharmacies sont les seuls établissements qui restent ouverts), ou pour exécuter des services essentiels ou se rendre au travail. La plupart des magasins ont été forcés de fermer jusqu’au 25 mars, mais cette fermeture semble aussi devoir être prolongée.

Asie

Les actions chutaient dans la région Asie Pacifique jeudi où les craintes de l’impact économique de la pandémie ont continué de saper le moral des investisseurs. Les grands marchés de la région ont fortement baissé, l’indice Kospi de Corée du Sud ouvrant la voie avec un repli de 8,39% alors que l’indice Kosdaq plongeait de 11,71 %. La Bourse de Corée avait dit plus tôt dans la séance que les mécanismes d’interruption des opérations avaient été déclenchés après le recul de l’indice Kospi de 8 %. La négociation a été suspendue pendant 20 minutes, selon Reuters. L’indice Hang Seng de Hong Kong a cédé 2,27 % jusqu’en après-midi, à la dernière heure de la séance. En Australie, l’indice S&P/ASX 200 a clôturé en baisse de 3,44 % après un bond antérieur de plus de 2 %. Les statistiques de l’emploi publiées jeudi par l’Australian Bureau of Statistics situaient le taux de chômage corrigé des effets saisonniers de février à 5,1 %. Les actions de la Chine continentale ont connu un sort variable au cours de la journée avec une baisse de l’indice composé de Shanghai de 0,98 % alors que l’indice composé de Shenzhen a augmenté de 0,279 %. L’indice Nikkei 225 du Japon a dérapé de 1,04 %, le conglomérat poids lourd Softbank Group s’étant effondré de 17,22 %, sa chute la plus forte en un jour, selon Reuters. Pendant ce temps, l’indice Topix a gagné 0,97 %. Globalement, l’indice MSCI Asie sans le Japon a perdu 4,3 %.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.