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Commentaire financier du jour

Canada

Des douzaines de chefs de direction les plus en vue du Canada ont mis de côté leurs instincts de compétition et appellent tous les dirigeants à adopter immédiatement des mesures de distanciation sociale pour enrayer la propagation rapide de la COVID-19. Cela aura une incidence économique importante sur nos entreprises à court terme, mais c’est crucial pour résister à cette tempête et accélérer la reprise, disent-ils en substance dans une lettre. À 11 h 30 HE dimanche, les signataires comprenaient les patrons des six grandes banques du Canada, d’importants régimes de retraite dont l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada et la Caisse de dépôt et placement du Québec, ainsi que les groupes d’assurances Société Financière Manuvie et Financière Sun Life, entre autres. Le nombre officiel de cas de contamination confirmés au Canada s’établissait à 304 à 17 h 45 HE dimanche, en plus de 17 cas probables. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, a prévenu qu’il fallait immédiatement aplatir la courbe de croissance de l’épidémie dans le pays disant que c’est le moment maintenant d’agir pour tous les Canadiens.

Le premier ministre, Justin Trudeau, s’adressera de nouveau au pays après une fin de semaine au cours de laquelle les autorités sanitaires ont renforcé le ton à propos de la COVID-19 alors que les provinces prenaient des mesures plus strictes pour enrayer la propagation du virus. La conférence de presse de M. Trudeau, prévue à 13 h, a lieu quelques heures après une réunion des ministres du gouvernement qui ont promis une intervention forte. Certains de ces ministres doivent parler aux journalistes après l’allocution de M. Trudeau.

États-Unis

La Réserve fédérale américaine est passée à l’action dimanche pour sauver l’économie des États-Unis des conséquences de l’épidémie liée au coronavirus, réduisant son taux directeur d’un point de pourcentage complet, le ramenant à zéro, et promettant d’augmenter ses positions en obligations d’au moins 7000 milliards $US. Dans une allocution soulignant l’urgence de la situation, le président de la Fed, Jerome Powell, a dit lors d’une réunion de presse téléphonique convoquée à la hâte que les perturbations dans la vie des personnes et les entreprises se solderont probablement par une croissance faible au deuxième trimestre pour les États-Unis et qu’il est difficile de savoir combien de temps les effets dureront. Cela a laissé un rôle clair à la politique budgétaire pour aider à amortir le choc. La Fed a sorti certaines des armes les plus lourdes de son arsenal. Son taux directeur se situe maintenant dans une fourchette de zéro à 0,25 pour cent, soit le même plancher record que lors de la crise financière de 2008 où il a été maintenu jusqu’en décembre 2015. M. Powell a dit qu’il ne pense pas que des taux négatifs, comme ceux utilisés en Europe et au Japon, constitueraient une politique appropriée aux États-Unis.

Europe

L’indice paneuropéen Stoxx 600 a chuté de 8 % près du début de la séance, les actions du secteur des voyages et des loisirs s’étant effondrées de 14,3 %, prenant la tête des pertes, alors que tous les secteurs et les grandes bourses s’enfonçaient dans le rouge. Ce lundi, les marchés réagissent à toutes les fermetures qui touchent le continent. L’Espagne a imposé un confinement national de 15 jours, interdisant à ses 46 millions de citoyens toute circulation non essentielle. Le pays a imposé l’état d’urgence et a confirmé le nombre de cas de COVID-19 le plus élevé d’Europe après Italie. Pendant ce temps, la France et l’Allemagne ont arrêté une grande partie de leurs économies et renforcé le contrôle aux frontières dans un effort accru pour contenir le coronavirus. Les appels au gouvernement du Royaume-Uni pour qu’il prenne des mesures plus draconiennes se multiplient, et ce, après que l’administration Trump a étendu l’interdiction d’entrée aux États-Unis aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Asie

La Chine a subi un ralentissement encore plus marqué que ce que craignaient les analystes au début de l’année alors que le coronavirus a provoqué la fermeture d’usines, de commerces et de restaurants dans tout le pays, soulignant les répercussions à prévoir dans l’économie mondiale tandis que le virus se propage sur toute la planète. La production industrielle a plongé de 13,5 pour cent en janvier et février par rapport à un an plus tôt, comparativement à une estimation médiane d’une contraction de trois pour cent. Les ventes au détail ont chuté de 20,5 pour cent pendant la période, comparativement à une baisse projetée de quatre pour cent. Les investissements en ont immobilisations ont chuté de 24,5 pour cent, alors qu’on prévoyait une baisse de deux pour cent. Le taux de chômage a bondi à 6,2 pour cent, soit le niveau le plus élevé enregistré. Il est maintenant quasiment certain que le produit intérieur brut se contractera au premier trimestre comparativement à la même période de l’an dernier – pour la première fois depuis qu’on relève des données comparables, soit 1989.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.