Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

Les manifestations contre un pipeline de gaz naturel bloquent le réseau ferroviaire au Canada – artère économique essentielle dans un pays en expansion tributaire du commerce extérieur – et poussent les dirigeants d’entreprises à dénoncer une folie et l’écoterrorisme. La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, le plus important transporteur ferroviaire du pays, a annulé 400 trains au cours de la semaine écoulée et a dit jeudi qu’elle suspendra ses activités dans l’Est du Canada, ce qui pourrait entraîner des licenciements temporaires. Via Rail, le transporteur de voyageurs, annule tous les services avec effet immédiat. Ces annulations sont la plus importante conséquence des mouvements de protestations qui se sont répandus dans tout le Canada ces derniers jours, entravant le transport de pétrole, de céréales, de propane, de bois d’œuvre et de biens de consommation. Des militants écologistes et de défense des droits des autochtones bloquent les voies ferrées, les ports et d’autres infrastructures par solidarité avec la Nation Wet’suwet’en qui proteste contre la construction du gazoduc Coastal GasLink, un projet de 6,6 milliards $ de TC Energy Corp., passant sur leur territoire en Colombie-Britannique.

États-Unis

La Federal Trade Commission des États-Unis vient tout juste d’ordonner aux grandes sociétés technologiques de remettre des informations sur des vagues de petites acquisitions effectuées au cours de la dernière décennie. Une transaction plus importante était aussi dans le collimateur des autorités : l’achat par Google pour 1,1 milliard $US de l’application de cartographie Waze. La FTC a rapidement autorisé la transaction en 2013, mais les spécialistes de l’action antimonopoles disent que les autorités de réglementation vont rouvrir le dossier parce que la transaction a regroupé sous un même toit deux services de guidage numérique populaires, éliminé un rival en croissance rapide de Google et renforcé l’emprise du géant d’Internet sur des données précieuses. Google d’Alphabet Inc. a acquis des douzaines d’entreprises en démarrage au fil des ans pour ajouter des talents techniques, combler des lacunes dans les gammes de produits, acquérir de nouveaux utilisateurs et accumuler davantage de données. Peu de ces transactions ont déclenché les systèmes d’alarme traditionnels, mais, ensemble, elles ont aidé la société à bâtir la plus grande entreprise au monde de recherche en ligne, de cartographie numérique et d’activités publicitaires. Les agences de surveillance mondiales enquêtent maintenant pour savoir si sa domination porte préjudice aux entreprises clientes et aux consommateurs. La réévaluation d’acquisitions passées fait partie de cet effort et la transaction Waze est clairement un candidat.

Europe

L’Allemagne a commencé 2020 avec une économie amorphe et des fabricants en difficulté, si bien qu’elle est mal préparée à la poursuite de l’incertitude commerciale et à la menace du nouveau coronavirus. La plus grande économie d’Europe a été battue en brèche par des forces multiples qui l’ont fait passer de locomotive de la croissance à un des pays les moins performants de la région. L’expansion l’an dernier n’atteignait que 0,6 % et 2020 pourrait n’être guère meilleure. L’économie de la zone euro a crû de 1,2 % en 2019, bien que le rythme n’ait été que de 0,1 % au quatrième trimestre. En plus de facteurs mondiaux, l’Allemagne a dû composer avec des problèmes intérieurs allant de prêteurs en difficulté au bouleversement de l’industrie automobile relié aux questions climatiques. Plus récemment, la politique s’est ajoutée à la litanie de mauvaises nouvelles, avec la démission de la dauphine d’Angela Merkel pour le poste de chancelière. Reste le marché du travail – en Allemagne et dans toute zone euro. Les chiffres de vendredi ont révélé que la croissance de l’emploi dans le bloc de 19 pays a accéléré à 0,3 % à la fin de 2019.

Asie

L’économie du Japon a probablement souffert sa plus forte contraction depuis 2014 à la fin de l’an dernier ce qui la laisse dans un état vulnérable, alors que les conséquences de l’épidémie virale de la Chine menacent de transformer un ralentissement d’un trimestre en récession. Une forte diminution des dépenses de consommation après l’augmentation de la taxe de vente a été la principale cause d’une contraction annualisée de 3,8 % estimée par les économistes. Le dérapage serait le pire qu’a connu le Japon depuis le deuxième trimestre de 2014, où une hausse de la taxe de vente avait déjà provoqué un repli de l’économie de 7,4 %.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.