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Commentaire financier du jour

Canada

Alimentation Couche-Tard Inc., la grande chaîne canadienne de dépanneurs, a bonifié son offre d’achat sur Caltex Australia Ltd. à 8,8 milliards $A (5,9 milliards $US) alors que d’autres repreneurs potentiels, dont EG Group, convoitent le détaillant de carburants australien. Avec cette deuxième révision à la hausse de son prix, Couche-Tard propose maintenant 35,25 $A par action en espèces pour Caltex, les deux précédentes – 34,50 $A et 32 $A – ayant été rejetées, car trop faibles, selon un communiqué paru jeudi. Ce dernier prix représente une prime de 7 % sur le cours de clôture de mercredi. Les actions de Caltex avaient augmenté de 2,4 % à 33,73 $A à la clôture de jeudi à Sydney.

Le constructeur français de trains, Alstom SA, serait engagé dans des discussions avancées en vue de racheter la division ferroviaire de Bombardier Inc., selon de personnes bien informées du dossier, alors que la société canadienne liquide des actifs à la suite d’une expansion coûteuse dans l’aéronautique. Alstom et Bombardier pourraient trouver une entente dès cette semaine, mais les discussions pourraient être retardées ou échouer, selon ces informateurs qui ont revendiqué l’anonymat parce que l’information ne relève pas du domaine public. Bombardier, qui construit aussi des avions, présente ses résultats jeudi et a exploré diverses ventes d’actifs pour se procurer la trésorerie qui manque cruellement. Alstom pourrait payer environ 7 milliards € (7,6 milliards $US) pour la division ferroviaire, selon un article antérieur du journal Handelsblatt, qui n’a pas précisé la source de l’information. L’achat ferait d’Alstom le deuxième constructeur de matériel ferroviaire et l’aiderait à contrer le chef de file du secteur, la société chinoise CRRC Corp., qui vise de plus en plus un marché mondial. La transaction franco-canadienne aurait lieu après le blocage d’une fusion entre Alstom et la société allemande Siemens AG par l’Union européenne pour des motifs antitrust.

États-Unis

Un incendie s’est déclaré mercredi à la raffinerie de pétrole Exxon Mobil de Baton Rouge, en Louisiane, mettant à l’arrêt la cinquième usine de production de carburants et de combustibles des États-Unis par la taille. L’arrêt du complexe massif – qui alimente le sud-est des États-Unis et jusqu’au port de New York – signifie que la raffinerie a besoin de moins de pétrole, ce qui déprime un marché déjà battu en brèche par la crise du coronavirus en Chine. Mais il pourrait aussi aider à soulager la pléthore des stocks d’essence qui ont atteint un record à la fin de janvier, dans le golfe du Mexique. L’incendie de Baton Rouge est le troisième du genre en moins d’un an pour Exxon dans la région et s’est produit après que la société a dégagé le plus mauvais bénéfice trimestriel en près de quatre ans. Les résultats de son secteur du raffinage et des produits chimiques ont chuté en tout de 6,5 milliards $ en 2019, et le géant du pétrole cherche à vendre des actifs et a même limité les déplacements du personnel pour surmonter la tourmente. Le prix du pétrole lourd canadien a chuté d’un record inégalé depuis quatre mois après l’arrêt de la raffinerie de Baton Rouge, alors que ceux de l’essence dans le golfe du Mexique et à New York se sont raffermis. Les consommateurs pourraient en ressentir l’impact dès jeudi matin.

Europe

La Banque centrale européenne cherche des moyens de favoriser les obligations vertes par sa politique monétaire, pour intensifier la lutte contre le changement climatique. Un « assouplissement quantitatif vert » – l’achat d’obligations sensibles à l’environnement – pour des raisons politiques – a peu de chances de se matérialiser, mais les grands argentiers se focalisent sur des options moins controversées. Cela consiste notamment à reconnaître que l’achat de titres à grande intensité carbone représente un risque pour l’institution elle-même. La BCE accepte les obligations dites brunes qui financent les centrales électriques au charbon et qui pourraient facilement perdre de la valeur alors que le monde se tourne vers une économie plus durable. Cela donne à sa présidente, Christine Lagarde, un moyen de mettre en application son programme sans enfreindre le mandat étroit de la BCE de poursuite de la stabilité des prix.

La croissance économique européenne restera faible cette année, selon la branche exécutive de l’UE, qui prévient que l’éclatement d’une épidémie virale mortelle pourrait encore assombrir les perspectives. Un mois après que l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine a redonné espoir au commerce et à l’industrie, le coronavirus qui a fait plus de 1 000 morts en Chine et handicapé une partie de la capacité de fabrication du pays a poussé le monde dans une nouvelle crise. La Commission européenne y voit un risque de baisse clé.

Asie

La Chine a pris des mesures sur deux fronts pour juguler l’épidémie de coronavirus : elle a déclaré une importante augmentation des cas de contamination et évincé les hauts dirigeants qui n’ont pas su maîtriser la propagation de la maladie. Ces deux mesures se sont succédé en quelques heures jeudi. D’abord, les autorités sanitaires ont révélé que les contaminations dans la province de Hubei, où la maladie est apparue en premier, ont bondi de 45 % à près de 50 000 cas, après l’inclusion d’un nouveau groupe de patients. Cela porte le nombre total de contaminations dans le monde à près de 60 000 cas, annulant l’espoir d’un ralentissement de l’épidémie. Ensuite les autorités ont annoncé le remplacement de deux des plus hauts dirigeants du Parti communiste dans la province de Hubei et sa capitale durement touchée, Wuhan. Le maire de Shanghai, Ying Yong – un ancien juge de haut rang qui a déjà servi sous le président Xi Jinping – a été désigné pour remplacer le plus haut cadre provincial, Jiang Chaoliang. Ce changement représente la plus importante conséquence politique à ce jour de l’épidémie qui en peu plus de deux mois a ébranlé la confiance dans les dirigeants de la Chine et a conduit des pays, des États-Unis au Japon, à limiter ou interdire l’entrée de visiteurs chinois.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.