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Commentaire financier du jour

Canada

Le Canada connaît maintenant le prix de son amère querelle diplomatique avec la Chine. Les exportations vers le géant asiatique ont plongé de 4,6 milliards $, soit de 16 %, à 24,4 milliards $ l’an dernier, selon les données publiées mercredi par Statistique Canada. C’est la première baisse des livraisons à la Chine depuis 2014 et la plus forte depuis qu’on tient ces statistiques (1997). Les relations avec la Chine n’ont pas été aussi malmenées depuis un demi-siècle. La querelle a commencé avec l’arrestation par le Canada d’une cadre supérieure de Huawei Technologies Co. à la fin de 2018 en réponse à une demande d’extradition des États-Unis et s’est envenimée après que la Chine a arrêté deux Canadiens qu’elle accuse d’espionnage et a suspendu pour des milliards de dollars d’importations de produits agricoles dans les mois qui ont suivi. L’an dernier, la diminution des exportations était très largement attribuable à la chute des livraisons de produits agricoles, dont le canola, la viande et d’autres denrées. Même si des livraisons au pays asiatique ont chuté, les achats canadiens de marchandises chinoises ont continué d’augmenter. Les importations en provenance de la Chine étaient en hausse de 1 % sur l’année. Bien que les États-Unis restent le plus grand partenaire commercial du Canada, la Chine se classe au deuxième rang avec des échanges commerciaux bilatéraux de 71,2 milliards $ en 2019.

États-Unis

L’acquittement de Donald Trump par le Sénat offre une victoire attendue, mais exaltante à la Maison-Blanche, dédouanant un président sur lequel planait depuis des années la menace de destitution et qui tenait à cette exonération. Le vote par le Sénat américain, mercredi, donne à M. Trump une autre échappatoire de dernière heure à une menace mortelle pour sa présidence, même si l’issue a été ternie par le fait que Mitt Romney a été le premier sénateur à ce jour à voter pour la destitution d’un président de son propre camp. Après le vote au Sénat, Donald Trump a annoncé sur Twitter qu’il fera une déclaration publique jeudi à midi, à la Maison-Blanche.

Le marché du travail américain a probablement pris un bon départ en 2020, mais pourrait perdre un peu du lustre dont s’est vanté le président Donald Trump cette semaine. Les chiffres de janvier attendus ce vendredi devraient révéler que les employeurs américains ont ajouté environ 163 000 emplois – moins que la moyenne de 176 000 de l’an dernier, mais encore assez pour maintenir le chômage au plus bas depuis un demi-siècle. Les augmentations de salaires devraient rebondir après un accès de faiblesse surprise en décembre. Les révisions annuelles des données à long terme également attendues vendredi devraient élaguer les robustes augmentations de l’emploi des dernières années. Une projection préliminaire publiée en août révélait que le nombre de travailleurs ajoutés aux effectifs salariés serait probablement révisé de 501 000 pour l’année terminée en mars, soit de près de 42 000 par mois. Le rapport de vendredi contiendra des révisions historiques pour l’ensemble de 2019.

Europe

La récession de la fabrication en Allemagne semble loin d’être terminée. Les données les plus récentes montrent que les commandes des usines ont chuté au rythme le plus rapide depuis plus d’une décennie. Ce rapport marque un revers pour la plus grande économie de l’Europe qui avait donné des signes de sortie progressive du marasme caractérisé par la plus faible croissance annuelle depuis 2013. Les commandes sont un indicateur clé puisqu’elles préfigurent la production future. Alors que le gouvernement a rehaussé les prévisions de croissance pour 2020 à près du double du rythme de l’an dernier sur la foi de la résilience du marché du travail, l’élan reste faible et de nouveaux risques sont apparus. L’épidémie de coronavirus de la Chine perturbe le commerce international, les États-Unis ont ravivé les craintes de l’imposition de tarifs douaniers sur les importations européennes et la pression monte sur les entreprises pour qu’elles agissent contre le changement climatique dans leur planification des affaires.

Le commissaire de l’Union européenne chargé du Commerce, Phil Hogan sera à Washington jeudi pour la deuxième fois en moins d’un mois alors que le bloc de 27 pays cherche à reconduire la trêve commerciale transatlantique. M. Hogan rencontrera les autorités américaines, dont le représentant au Commerce Robert Lighthizer, pendant sa visite, selon les propos d’un porte-parole de la Commission européenne, la branche exécutive de l’UE, tenus mercredi soir à Bruxelles. Ces rencontres font partie des contacts réguliers au niveau technique et politique dans le cadre des discussions sur un commerce transatlantique bilatéral positif, a dit le porte-parole. M. Hogan a effectué sa première visite à Washington comme responsable du commerce de l’UE à la mi-janvier. Il y avait passé trois jours. Les enjeux montent pour les deux plus grandes puissances commerciales du monde qui doivent reprendre des négociations afin d’éviter une escalade des tensions qui a conduit à des menaces d’imposition de tarifs douaniers et de représailles.

Asie

La banque centrale des Philippines a repris la détente monétaire. Elle est la plus récente banque d’Asie du Sud-Est à réduire son taux d’intérêt de référence afin d’atténuer les effets négatifs de la panique semée par le coronavirus. La Bangko Sentral ng Pilipinas a réduit son taux directeur d’un quart de point à 3,75 % jeudi – sa quatrième réduction en un an – comme prévu par 17 économistes sur 25 sondés par Bloomberg. Les autres s’attendaient à ce que la banque reste sur sa position.

Le Japon a besoin d’une coopération plus étroite avec les États-Unis pour contrer l’influence potentielle de la monnaie numérique planifiée par la Chine, selon un élu du parti du premier ministre Shinzo Abe. S’exprimant avant la publication vendredi d’une proposition visant à ouvrir la voie à l’utilisation de monnaies numériques au Japon, Norihiro Nakayama, vice-ministre des Affaires étrangères, a dit qu’il espérait que la Réserve fédérale américaine établisse un partenariat avec six autres banques centrales, dont la Banque du Japon, pour étudier les monnaies numériques.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.