Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

Les actions du Groupe SNC-Lavalin Inc. ont bondi après un règlement concernant des accusations de fraude pour des pots-de-vin versés en Libye il y a une décennie, éloignant le nuage noir qui planait au-dessus de la plus grande société de génie et de construction du Canada. SNC-Lavalin Construction, division de la société montréalaise, a plaidé coupable à une accusation de fraude et a accepté de payer une amende de 280 millions $ sur cinq ans et une probation de trois ans. Les accusations contre la société mère SNC et sa branche de marketing international ont été abandonnées. Le règlement et les amendes étaient beaucoup moins sévères que ce que beaucoup d’analystes prévoyaient et mettent fin à une saga judiciaire qui a menacé l’entreprise pendant des années et a même eu des répercussions sur le gouvernement de Justin Trudeau. Les difficultés juridiques ajoutées aux trois mises en garde sur le bénéfice, à une charge de dépréciation de son secteur énergie au Moyen-Orient et à la perte d’un marché au Chili avaient poussé le titre à la baisse à la moitié de sa valeur cette année avant son rebond de mercredi.

États-Unis

La Chambre des représentants des États-Unis a voté la mise en accusation du président Donald Trump dans une procédure de destitution pour abus de pouvoir et entraves au Congrès, ce qui marque le point culminant de l’effort des démocrates qui a encore attisé les tensions partisanes à Washington et approfondi le clivage idéologique au sein du pays. Les votes historiques de mercredi soir, par la quasi-totalité des démocrates, mais aucun républicain, font de Donald Trump le troisième président seulement ainsi mis en accusation – et le seul président frappé d’impeachment à remporter la mise en candidature de son parti en vue de sa réélection. Le Sénat doit organiser un procès l’an prochain pour déterminer si le président doit être reconnu coupable des chefs d’inculpation retenus contre lui et destitué, mais les républicains qui détiennent la majorité dans cette chambre vont presque assurément l’acquitter.

Europe

La Banque d’Angleterre a signalé qu’elle se focalisera sur la prochaine phase des négociations du Brexit alors que deux des artisans de sa politique monétaire continuaient de plaider pour une réduction immédiate des taux d’intérêt. Les autorités ont estimé qu’il était trop tôt pour dire si la trajectoire plus claire de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne après la victoire électorale de Boris Johnson améliorera la confiance. Ils ont réitéré que la politique monétaire devra peut-être ajouter une dose de stimulation si l’incertitude entourant le Brexit continue ou si la croissance mondiale ne se stabilise pas. Le Monetary Policy Committee de la Banque, dirigé par le gouverneur Mark Carney, a voté à 7 contre 2 pour le maintien du taux directeur à 0,75 %. Michael Saunders et Jonathan Haskel ont maintenu leur demande d’une réduction immédiate des taux, disant que, alors qu’il reste peu de marge de manœuvre pour une détente, « les considérations de gestion des risques nécessitent une réaction contre un risque de chute ».

L’Allemagne rejoindra d’autres pays européens, comme la France et la Pologne, l’an prochain pour vendre des obligations vertes, profitant d’une demande croissante et de coûts d’émission avantageux pour ce genre d’emprunts alors qu’elle accroît ses investissements pour réduire la pollution par le carbone. L’émetteur d’obligations de référence d’Europe vendra pour quelque 10 milliards € d’obligations à partir du milieu de l’année par des enchères, jumelant les émissions avec des obligations ordinaires de la même durée et au même taux, a dit l’Agence fédérale des finances jeudi, dans le cadre de son calendrier d’émissions global pour 2020. Les obligations seront entièrement convertibles avec les émissions sœurs avant l’échéance.

Asie

Le patron de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a ajouté sa voix à l’optimisme prudent des grands banquiers centraux au sujet de la trajectoire de la croissance mondiale. Les progrès dans les discussions entre les États-Unis et la Chine, un mandat plus fort du Royaume-Uni en faveur du Brexit et l’arrêt apparent du marasme du secteur manufacturier apaisent les craintes d’un ralentissement mondial qui avait déclenché une vague de réductions des taux directeurs de par le monde plus tôt cette année. À l’aube de 2020, de nouvelles mesures d’assouplissement n’ont pas été totalement écartées pour les banquiers centraux, dont M. Kuroda, mais la possibilité d’une longue période de pause suivie par un resserrement de la politique semble maintenant beaucoup plus probable qu’à la fin de l’été.

La banque centrale de la Chine a injecté plus de liquidités par des opérations de marché que jamais depuis janvier, afin qu’il y ait suffisamment d’argent en circulation avant un resserrement saisonnier en vue pour la fin de l’année. La Banque populaire de Chine a ajouté 280 milliards de yuans (40 milliards $US) dans le système financier avec des contrats de prise en pension de 7 et 14 jours jeudi, tout en maintenant les taux d’intérêt inchangés. Cela a eu lieu après une suspension de ce genre d’opérations pendant 20 jours, mercredi. Le taux de prise en pension à un jour – un indicateur de la liquidité interbancaire – a plongé plus que jamais depuis un mois, alors que l’opération de référence sur sept jours a enregistré le plus important recul depuis juillet.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.