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Commentaire financier du jour

Canada

Le ralentissement de la croissance mondiale et la menace d’une guerre commerciale qui s’éternise entre les deux plus grandes économies du monde ont affecté les bénéfices des entreprises aux quatre coins du monde. Mais pas au Canada, où les observateurs boursiers optimistes ont poussé leurs prévisions de bénéfices à un niveau record. Les stratégistes s’attendent à ce que les bénéfices des entreprises qui composent l’indice de référence, l’indice composé S&P/TSX, grimpent à 1 143 $ par action pour 2019 grâce à l’expansion de l’économie du pays, à une meilleure tenue des prix de matières premières et à une saison de publication des résultats solide en cours. Les sociétés qui font partie de l’indice de référence du Canada ont dépassé les estimations d’environ 6 % en moyenne, soit plus que jamais en un an. Plus de 80 % des sociétés de l’indice S&P/TSX ont présenté leurs résultats, selon les données de Bloomberg. Et environ les deux tiers d’entre elles ont affiché un bénéfice supérieur aux estimations.

États-Unis

Les taux des obligations américaines de 30 ans ont chuté au plus bas niveau à ce jour alors que les investisseurs cherchaient refuge dans un climat géopolitique délétère, alors qu’augmentent les craintes concernant l’impact de l’escalade de la guerre commerciale mondiale sur la croissance économique. Pendant ce temps, la ruée des investisseurs vers les parties les plus sûres du marché a déclenché un autre signal avertisseur d’une récession, poussant le rendement des obligations du Trésor de 10 ans sous le niveau de celles de deux ans. Le rendement à 30 ans a chuté de neuf points de base à 2,0738 %, sous le plancher record antérieur de 2,0882 % de juillet 2016. L’écart entre les titres de 5 ans et ceux de 30 ans, une des courbes des rendements scrutées par beaucoup, est descendu à 54 points de base, alors que l’écart équivalent entre les titres de 2 ans et de 10 ans s’est inversé pour la première fois depuis 2007.

Le prix du pétrole a chuté après sa plus forte hausse en cinq semaines alors qu’un rapport sur le secteur a révélé que les stocks de brut américains ont augmenté, annulant la reprise alimentée par les indices d’un déblocage possible de l’impasse commerciale entre les États-Unis et la Chine. Les contrats à terme ont perdu jusqu’à 1,5 % à New York après que l’American Petroleum Institute a rendu compte d’une augmentation des stocks de 3,7 millions de barils la semaine dernière. Si les chiffres gouvernementaux le confirment mercredi, cela marquera une deuxième augmentation hebdomadaire de suite, bien qu’une enquête de Bloomberg prédise une diminution des stocks. Le pétrole a augmenté de 4 % mardi après que les États-Unis ont retardé l’application de tarifs douaniers à certaines marchandises provenant de Chine, laissant percer une lueur d’espoir pour la demande mondiale.

Europe

L’économie allemande s’est contractée au deuxième trimestre, augmentant la pression sur le gouvernement de la chancelière Angela Merkel pour qu’elle adopte des mesures de relance alors que les fabricants souffrent des répercussions de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Le rapport le plus récent, doublé d’une diminution prolongée des prévisions des entreprises, soulève le risque que la plus grande économie d’Europe soit sur le point de sombrer dans une récession. Ce serait la première fois en six ans et demi. D’autres données ont révélé que la production industrielle de la zone euro a plongé plus que jamais en trois ans en juin, alors que la croissance économique a chuté à 0,2 % au deuxième trimestre. La production allemande a baissé de 0,1 % au cours des trois mois, car les exportations ont ralenti, accusant une deuxième contraction en quatre trimestres.

Au Royaume-Uni, l’écart de rendement entre les obligations de 2 ans et celles de 10 ans s’est inversé pour la première fois depuis 2008.

Asie

Les représentants chinois maintiennent leur projet de déplacement à Washington en septembre pour des rencontres commerciales face à face, selon des personnes bien informées du sujet, signalant que les discussions se poursuivent normalement pour le moment malgré une escalade abrupte des menaces de tarifs douaniers ce mois. Les États-Unis ont, mardi, reporté à plus tard l’imposition de certains nouveaux droits de douane après un échange téléphonique entre les négociateurs au plus haut rang, alors que le président Donald Trump disait que l’échange a été « très productif » et qu’il pense que Pékin veut « faire quelque chose de spectaculaire » pour sortir de l’impasse. Cela dit, les négociateurs chinois ne sont pas très optimistes pour un progrès imminent, a dit un de ces informateurs. Les autorités ne feront probablement pas de concessions à l’approche du 1er octobre, date de la célébration du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire, selon cet interlocuteur.

La Chine a fait état de la plus faible croissance de la production industrielle depuis 2002 et d’un ralentissement des ventes au détail en juillet, alors qu’un ralentissement cyclique et les tensions commerciales ajoutent des arguments en faveur de l’adoption de nouvelles mesures de stimulation. La production industrielle a augmenté de 4,8 % depuis un an, les ventes au détail ont crû de 7,6 % et les investissements en immobilisations ont ralenti à 5,7 % au cours des sept premiers mois de l’année. Les effets saisonniers ont sans doute comprimé les chiffres, mais tous les résultats étaient inférieurs aux prévisions des économistes dans une enquête de Bloomberg.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.