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Commentaire financier du jour

Canada

Au cours de la séance d’hier, le prix du pétrole brut chuté au plus bas depuis sept mois, affecté par l’aversion pour le risque sur les marchés et une expansion plus forte que prévu des stocks américains. Le dérapage a commencé à s’inverser en fin de séance, ce qui a continué ce matin après l’annonce par l’Arabie saoudite qu’elle allait communiquer avec les autres producteurs de pétrole pour discuter des réponses à cette chute soudaine.

Les contrats à terme sur l’or ont grimpé au-dessus de $1,500 l’once en raison de la demande soutenue de cette valeur refuge traditionnelle alors que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine couve, que la croissance mondiale ralentit et que les banques centrales du monde assouplissent leur politique monétaire. Le métal jaune a progressé de pas moins de 2,6 % l’once au Comex, se hissant au plus haut niveau depuis 2013. Ce mouvement a porté l’ascension de cette année à 19 %, avec des gains soutenus par les afflux vers des fonds négociés en bourse et les achats des banques centrales. La Banque populaire de Chine a augmenté ses réserves d’or un huitième mois d’affilée en juillet.

États-Unis

Quand la Réserve fédérale réduit les taux d’intérêt, diminuant le coût des emprunts, elle est censée donner un coup de pouce direct à l’économie. Mais une partie essentielle de cette mécanique est en panne. Traditionnellement, quand les entreprises américaines assumaient davantage de dettes, leurs investissements augmentaient – car la plupart empruntaient pour accroître leurs capacités. Aujourd’hui, elles ont plutôt tendance à canaliser l’argent vers les actionnaires. L’investissement reste bloqué à des niveaux bas, en termes historiques. En proportion du produit intérieur brut, les dettes des entreprises ont grimpé à un niveau record. Ce qui a pratiquement disparu, c’est la corrélation entre le montant des emprunts des entreprises et leurs investissements industriels. La relation établie de longue date a perduré, même si elle était affaiblie, pendant les années 1980 et 1990, alors que les sociétés se concentraient de plus en plus sur l’augmentation de la valeur actionnariale, selon J.W. Mason, fellow du Roosevelt Institute à New York, qui a fait des recherches sur ce sujet. Aujourd’hui, elle a disparu et, d’après M. Mason, les données révèlent un lien différent. « Si on peut emprunter à des conditions plus avantageuses, on n’investit pas nécessairement plus, dit-il. On pourrait plutôt penser que c’est une occasion de verser davantage de distributions aux actionnaires. C’est la grande raison pour laquelle la politique monétaire n’est plus aussi efficace aujourd’hui que jadis. »

Les dividendes « devraient servir à amortir les baisses » de l’indice S&P 500, a écrit Keith Lerner, stratégiste en chef chez SunTrust Private Wealth Management, dans un rapport. Il a noté que les rendements en dividendes de plus de la moitié des actions de l’indice S&P 500 sont supérieurs aux rendements des obligations du Trésor de 10 ans. C’est bien plus que la moyenne de 17 % depuis 1990, citée par Lerner. Mercredi, ce chiffre atteignait 57 %, comparativement à 45 % à la fin du deuxième trimestre, selon les données compilées par Bloomberg. Ce changement s’est produit parce que le rendement des obligations de 10 ans a chuté de 0,3 point de pourcentage, à 1,71 %.

Europe

Alors que le marché des obligations souveraines connaît des ventes ce matin, le titre moins performant est celui de l’Italie, dont la coalition gouvernementale est une fois de plus sur le point de s’effondrer. L’écart entre l’obligation de 10 ans du pays et celle de l’Allemagne a grimpé au plus haut en un mois après que le vice-premier ministre Matteo Salvini a donné au premier ministre, Giuseppe Conte, jusqu’à lundi pour accéder à sa demande de remaniement ministériel.

Carlsberg A/S a enregistré son plus important bond en une décennie après avoir augmenté ses prévisions de bénéfice annuel, le brasseur danois ayant bien profité de la demande de ses bières artisanales à prix plus élevés. Après une première concentration sur la compression des coûts, son chef de la direction, Cees ’t Hart, change de vitesse pour accroître le chiffre d’affaires sur des marques de bière plus exclusives, comme Grimbergen. Les actions ont augmenté de 10 % jeudi à Copenhague, ce qui représente la plus forte hausse en cours de séance depuis 2009. Le brasseur de la bière Budweiser, Anheuser-Busch InBev NV, a enregistré une hausse de 2,3 %.

Asie

Les autorités chinoises essaient de calmer les inquiétudes mondiales en fixant le yuan à un taux plus élevé qu’attendu. Alors que le nouveau niveau est (tout juste) inférieur à 7 yuans pour 1 USD pour la première fois depuis 2008, la vigueur, comparativement aux estimations du marché, a été interprétée comme le signal d’une quête de stabilité par Pékin. Les actifs mondiaux sont plus calmes depuis cette intervention.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.