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Commentaire financier du jour

Canada

La divergence qui existe depuis longtemps entre les taux directeurs des États-Unis et du Canada prendra bientôt fin, si l’on en croit les cours du marché, puisque la Banque du Canada ne procédera probablement pas à des réductions des taux comme celles attendues de la Réserve fédérale américaine. La réticence du gouverneur de la BdC, Stephen Poloz, à assouplir sa politique corrobore cette opinion. Les autorités monétaires canadiennes maintiendront le taux de financement à un jour à 1,75 % mercredi, selon la prévision médiane des économistes sondés par Bloomberg, ce qui marquerait la sixième pause d’affilée de la banque centrale depuis qu’elle a haussé le loyer de l’argent en octobre.

Stephen Poloz pourrait avoir des raisons de s’alarmer de l’appréciation du dollar canadien lorsqu’il fixera les taux d’intérêt cette semaine. M. Poloz supervise la monnaie la plus performante au monde cette année, en partie parce qu’il est un des rares grands argentiers qui rechignent encore à jongler avec l’idée d’une réduction des taux d’intérêt. Cela implique que l’ascension du huard d’environ 4 % depuis le début de 2019 pourrait donner à réfléchir aux autorités monétaires au sujet de leur attitude plus restrictive, particulièrement si une poursuite de l’élan du CAD devient un sujet d’inquiétude. L’appréciation de la monnaie est particulièrement inquiétante pour une économie canadienne freinée par l’endettement des ménages qui compte sur les exportations pour assurer une plus grande part de sa croissance.

États-Unis

Les critiques que le président Trump formule régulièrement et publiquement à l’égard de celui qu’il a choisi pour diriger la Réserve fédérale, Jerome Powell, ne sont pas uniformément partagées par les législateurs qui ont confirmé la nomination du président de la banque centrale dans ses fonctions l’an dernier. Le président de la Fed comparaîtra devant les élus au Capitole pour deux journées de témoignage de suite à partir de mercredi; or, les législateurs des deux partis ont le plus souvent loué son travail. Dans des interviews, ils ont refusé d’endosser l’appel de M. Trump à ce que la Fed réduise les taux d’intérêt et ont dit qu’ils s’opposeraient aux efforts du président pour révoquer le mandat de M. Powell.

Le chiffre d’affaires de PepsiCo a augmenté au cours du dernier trimestre, dépassant les estimations des analystes, alors que la société se concentre sur la gestion des coûts et l’accélération de la croissance endogène de son chiffre d’affaires par les innovations et une amélioration de son assortiment de produits.

Europe

Les banquiers centraux qui ont laissé entrevoir de nouvelles mesures de stimulation monétaire ont fait baisser les taux obligataires à tel point que même certaines obligations de pacotille européennes se négocient à des niveaux obligeant les investisseurs à payer pour avoir le privilège de les détenir. Le nombre d’obligations en euros à faible note qui se négocient à un rendement négatif – statut qui était jusqu’à récemment associé aux emprunteurs souverains les plus sûrs – s’établit maintenant à 14, selon des données compilées par Bloomberg. Au début de l’année, il n’y en avait aucune. Les politiques d’argent facile depuis la crise financière ont maintenu les taux d’intérêt à des planchers records ou à proximité depuis une décennie. Cela a poussé de nombreux investisseurs à acheter des actifs plus risqués qui rapportent juste assez pour leur permettre de couvrir leurs passifs, faisant monter les marchés obligataires et baisser les taux. La Banque centrale européenne a dit lundi qu’elle est prête à ajouter de nouvelles mesures de stimulation dans la zone euro, indiquant qu’on est encore loin de la fin des coûts d’emprunt ultra bas. L’Europe suit en cela une tendance mondiale qui a vu les volumes de titres rapportant moins que zéro pour cent osciller juste au-dessus de 12 800 milliards $US, selon Bank of America Merrill Lynch.

Asie

La chef de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a dit que le projet de loi controversé en vue de légaliser l’extradition vers la Chine continentale est « mort », mais cette affirmation qui est, jusque-là, la plus forte dans sa bouche concernant la mesure critiquée par ses opposants, ne va pas jusqu’à un engagement à retirer complètement le projet.

La décision du Japon d’utiliser ses exportations de technologie comme arme dans le combat diplomatique signale un profond changement de stratégie d’un pays pauvre en ressources naturelles conscient depuis longtemps de sa vulnérabilité dans un monde interconnecté.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.