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Commentaire financier du jour

Canada

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, pourrait avoir des raisons de s’alarmer de l’appréciation du dollar canadien lorsqu’il fixera les taux d’intérêt cette semaine. M. Poloz supervise la monnaie la plus performante au monde cette année, en partie parce qu’il est un des rares grands argentiers qui rechignent encore à jongler avec l’idée d’une réduction des taux d’intérêt. Cela implique que l’ascension du huard d’environ 4 % depuis le début de 2019 pourrait donner à réfléchir aux autorités monétaires au sujet de leur attitude plus restrictive, particulièrement si une poursuite de l’élan du CAD devient un sujet d’inquiétude. L’appréciation de la monnaie est particulièrement inquiétante pour une économie canadienne freinée par l’endettement des ménages qui compte sur les exportations pour assurer une plus grande part de sa croissance.

En raison des retards d’origine réglementaire de nouveaux oléoducs tels que le pipeline Keystone XL de TC Energy Corp. et la Ligne 3 d’Enbridge Inc., les conduites des sociétés intermédiaires canadiennes sont utilisées à pleine capacité, augmentant le bénéfice et poussant leurs actions en tête du classement parmi les valeurs énergétiques. Les sociétés intermédiaires représentent six des 10 plus performantes de l’indice S&P/TSX de l’énergie qui en compte 40, depuis le début de l’année. TC Energy, connue auparavant sous le nom de TransCanada, mène la charge, affichant une augmentation de 34 %, soit plus de trois fois plus que la hausse de 10 % de l’indice.

États-Unis

Le transporteur saoudien à bas prix, Flyadeal, a annulé un engagement à acheter jusqu’à 50 avions 737 Max de Boeing Co. et est la première compagnie aérienne à abandonner officiellement cet appareil après deux écrasements catastrophiques. Flyadeal exploitera une flotte entièrement composée d’avions d’Airbus SE, a indiqué la société dimanche dans un communiqué, achetant jusqu’à 50 avions A320neo au rival européen de Boeing.

Morgan Stanley a revu à la baisse son opinion sur les banques à grande capitalisation après une hausse de 23 % du groupe depuis le début de l’année et alors que les tests de résistance de la Réserve fédérale sont terminés, ce qui se traduira probablement par une diminution des catalyseurs positifs pour l’avenir. Les six à 18 prochains mois semblent aussi « plus difficiles » selon une note de l’analyste Betsy Graseck. Celle-ci a réduit son opinion du secteur de « attractif » à « conforme » et a baissé de deux crans les banques State Street Corp. et BNY Mellon Corp. de « surpondérér » à « sous-pondérer » parce qu’elles sont « le plus exposées à la courbe des rendements » détenant près de la moitié de leurs actifs en titres et disposant de moins de leviers pour agir sur les frais, n’ayant pas de succursale à éliminer ou de centres d’appels à rationaliser.

Europe

Deutsche Bank AG a commencé à éliminer des centaines d’emplois dans sa banque d’investissement à Londres lundi matin, car le prêteur allemand se lance dans son plan de restructuration le plus énergique à ce jour. On a vu les employés quitter l’immeuble de la City de Londres avec d’épaisses enveloppes détaillant leurs indemnités de départ. Un peu plus tôt ils faisaient la queue dans les bureaux en attendant d’apprendre leur sort du service des ressources humaines, selon des employés de Deutsche Bank qui ont parlé à Bloomberg News sous couvert de l’anonymat.

Une croissance inattendue de la production industrielle espagnole, un rebond légèrement plus fort que prévu en Allemagne et l’expansion honorable en Irlande donnent à penser que la production industrielle de la région pourrait être légèrement plus forte en mai que ce qui avait été prévu initialement. Nous prévoyons maintenant que les données sur la production industrielle de la zone euro qui doivent être publiées vendredi révéleront une croissance d’environ 0,4 % au cours du mois. Mais cela ne modifiera pas beaucoup le résultat trimestriel, car le secteur a démarré faiblement en avril et les perspectives pour juin restent médiocres.

Asie

Les ventes de voitures de tourisme en Chine ont donné des signes de reprise après un tassement historique, grâce aux réductions accordées par les concessionnaires pour se défaire de leur stock avant l’entrée en vigueur de nouvelles normes antipollution. Les ventes au détail de berlines, de véhicules utilitaires sport, de monospaces et de véhicules tous usages ont augmenté de 4,9 % à 1,8 million d’unités en juin par rapport à un an plus tôt, selon les statistiques préliminaires de l’association de l’automobile de tourisme de la Chine. Il s’agit de la première augmentation depuis mai 2018 sur le plus grand marché au monde.

L’Indonésie a révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique pour la prochaine année, de 5,5 % à 5,2 % face à la montée des risques mondiaux. Elle prévoit une croissance marginalement plus faible que la projection antérieure de 5,3 % à 5,6 %. La nouvelle estimation de la croissance et « assez réaliste considérant la conjoncture économique intérieure et les perspectives d’un affaiblissement de l’économie mondiale », a dit John Kennedy Azis, député et membre du comité parlementaire du budget lundi.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.