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Commentaire financier du jour

Canada

L’inversion récente de la courbe des rendements a ranimé la spéculation au sujet d’une possible récession nord-américaine et a soulevé des questions sur l’effet qu’aurait une contraction sur les ménages. Il est impossible de dire avec certitude quand, ni même si, un tel événement se produira, mais plusieurs indicateurs laissent entrevoir que la douleur infligée sera plus grande de ce côté-ci de la frontière qu’aux États-Unis. Eric Lascelles, économiste en chef de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., qui supervise 430 billions $, écrit que s’il ne voit pas d’indice de crise des dettes en cours de formation, il est clair que les ménages du Canada sont plus en difficultés en termes de dettes et des dépenses que leurs cousins américains.

Le pétrole s’est stabilisé près de 54 $US le baril après que l’Arabie Saoudite a dit qu’elle pourrait s’entendre sur des plans de production avec la Russie au sommet du G20.

États-Unis

Les droits de douane sur les marchandises en provenance du Mexique ne seront peut-être pas imposés, mais les stratégistes de Citigroup Inc. préviennent que les tensions commerciales vont monter et bousculer les marchés financiers, des actions aux obligations, en passant par les marchandises. « Les tensions montent et l’issue semble plus déterminée par la politique que par l’économie », écrit l’équipe de stratégie macro-économique mondiale de Citigroup, dirigée par Mark Schofield, dans une note aux clients le 10 juin. Le président Donald Trump « va probablement maintenir la ligne dure ». D’après le scénario de base de Citigroup, M. Trump imposera des droits de 25 % sur les marchandises chinoises restantes qui ne sont pas encore taxées – une stratégie d’intimidation avant la conclusion d’un accord sur une poignée de main – en plus de droits sur les importations d’automobiles et de tensions accrues avec l’Europe et le Japon. Si la Réserve fédérale ne réduit pas les taux d’intérêt, les marchés pourraient voir se dérouler le scénario suivant : 1. un marché totalement baissier pour l’indice S&P 500, qui redescendrait à 20 % sous son sommet d’avril, à 2,350, 2. un effondrement des rendements des obligations du Trésor de 10 ans à 1,50 % et « peut-être moins », 3. un bond des prix de l’or à 1 600 $US l’once, ce qui ne s’était pas vu depuis 2013.

Le président Donald Trump a décidé de ne pas imposer des droits de douane de 5 % sur toutes les marchandises importées du Mexique, acceptant l’offre de ce pays d’intervenir plus énergiquement contre l’immigration. Cela ouvre la voie à la ratification de l’accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada, a dit le ministre des Finances canadien Bill Morneau dimanche. Les marchés ont salué la nouvelle et le peso a bondi plus que jamais depuis un an.

United Technologies Corp. s’est engagée à acheter Raytheon Co. dans le cadre d’une transaction entièrement en actions, donnant naissance à un géant de l’aérospatiale et de la défense au chiffre d’affaires évaluées à 74 milliards $US.

Europe

À la Banque centrale européenne, les craintes que les investisseurs perdent confiance dans les perspectives d’inflation augmentent ce qui alimente une spirale qui pourrait forcer l’institution à utiliser davantage sa boîte à outils de stimulation.

Asie

Les investisseurs ont retiré des capitaux des fonds négociés en bourse achetant des actions et des obligations la semaine dernière. Cela représentait la sixième semaine de suite de reflux des investissements.

Dans la foulée d’une attitude de la Réserve fédérale américaine perçue comme accommodante et d’un message lénifiant, mais peut-être pas trop accommodant de la BCE, la banque du Japon s’est montrée soucieuse lundi où le gouverneur Haruhiko Kuroda a dit à Bloomberg TV que la banque centrale pourrait injecter davantage de mesures de stimulation si c’était nécessaire. Il a souligné que la BdJ n’a pas nécessairement besoin d’agir dès maintenant, invoquant la bonne santé de l’économie et ajoutant que les autorités monétaires doivent faire attention aux effets secondaires sur le système financier. Mais avec les messages de ses pairs, il semble relativement clair que les banques centrales commencent à devenir nerveuses devant la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui tire en longueur.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.