Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

Les sociétés du secteur du cannabis ne sont pas intéressées à suivre l’exemple de l’achat d’Acreage Holdings Inc. par Canopy Growth Corp., disant qu’une structure qui est tributaire de la légalisation aux États-Unis crée un risque pour les deux parties. Canopy a annoncé le mois dernier l’achat d’Acreage au prix de 3,4 milliards $US dans une transaction conditionnelle à la légalisation du cannabis aux États-Unis à l’échelle fédérale dans les 90 prochains mois. La valeur de l’offre au comptant et en actions a fluctué depuis et se situe actuellement à environ 29 $ l’action. Cela représente près de 10 $ de plus que le cours actuel d’Acreage, indiquant que les investisseurs ne sont pas convaincus que la transaction se fera.

La Banque du Canada sous-estime peut-être l’étendue du refroidissement du marché immobilier résidentiel du pays et ses effets indirects sur une économie tirée par la consommation, selon la société de recherche Capital Economics. Les ventes de logements avant construction à Toronto et à Vancouver ont ralenti en 2018 si bien que les promoteurs immobiliers ont plus de difficultés à trouver du financement pour leurs projets, a dit Stephen Brown, économiste en chef de l’entreprise pour le Canada. Par ricochet, cela a probablement un effet sur l’emploi et la consommation, qui représente près de 60 pour cent de la production du pays.

États-Unis

Le président Donald Trump prévoit de signer ces prochains jours un décret-loi qui interdirait aux sociétés américaines d’utiliser des équipements fabriqués par des sociétés de télécommunications étrangères représentant un risque pour la sécurité, selon un haut fonctionnaire de l’administration. Cet interlocuteur qui a revendiqué l’anonymat pour discuter de ce sujet sensible a dit mardi soir que le décret-loi ne vise pas à singulariser un pays ou une société. Les représentants américains ont déjà dit que le matériel fabriqué par Huawei Technologies Co., une société de télécommunications chinoise, pourrait être utilisé à des fins d’espionnage pour le compte de Pékin. Huawei a rejeté ces allégations.

Depuis plus d’un an, Apple Inc. a su éviter des préjudices importants découlant de la guerre commerciale des États-Unis avec la Chine, grâce en partie à l’offensive de charme auprès de la Maison-Blanche du chef de la direction Tim Cook. Mais la société subit actuellement son premier grand revers – provenant des deux côtés du différend. Une nouvelle vague de tarifs douaniers proposés par les États-Unis lundi inclut les téléphones mobiles, c’est-à-dire que l’iPhone, le produit le plus important d’Apple qui est fabriqué presque entièrement en Chine, pourrait être assujetti à des droits d’importation de 25 %. D’autres produits sur la liste affecteraient également Apple, notamment les ordinateurs portables et les tablettes. Cela place la société devant un choix difficile : augmenter les prix de produits déjà chers ou absorber le surcoût au détriment du bénéfice.

Europe

L’économie allemande a émergé de la stagnation au début de 2019, renouant avec la croissance malgré un ralentissement du secteur de la fabrication qui pourrait s’aggraver en raison des tensions commerciales mondiales. L’expansion de 0,4 % laisse entrevoir une certaine vigueur dans la zone euro au premier trimestre où plusieurs pays ont enregistré une performance supérieure aux prévisions. Mais l’industrie est sous pression et la région risque d’être aspirée dans la spirale d’un conflit commercial de plus en plus dur entre les États-Unis et la Chine.

Theresa May a fixé une date pour son épreuve finale dans le cadre du Brexit, promettant de resoumettre son accord au Parlement au début de juin. Les discussions avec le Parti travailliste d’opposition n’ont pas débouché sur une entente, mais elle espère que les députés, aiguillonnés par la révolte des électeurs, la soutiennent afin de mettre fin au processus qui déchire les deux grands partis.

Asie

L’économie de la Chine a perdu de son élan en avril, ce qui fait ressortir la fragilité de la deuxième économie mondiale qui se prépare à une intensification de la confrontation avec les États-Unis au sujet du commerce international. La production industrielle, le commerce de détail et les investissements ont tous ralenti plus que ce qu’avaient prévu les économistes. Le secteur étatique a continué d’augmenter ses investissements alors que les sociétés privées ont levé le pied, et la croissance de l’investissement manufacturier a diminué au plus bas régime d’après les statistiques depuis 2004.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a dit que le soutien de la demande intérieure serait une priorité pour son gouvernement alors que les statistiques économiques donnent des signes de faiblesse avant une augmentation planifiée de la taxe de vente en octobre. M. Abe a déjà reporté une hausse des taxes de vente à deux reprises, mais son gouvernement a insisté sur l’intention de faire passer la taxe de 8 % à 10 % pour aider à soulager l’endettement le plus important du monde développé. Ses commentaires sont suivis avec beaucoup d’attention pour déceler tout indice d’une nouvelle rétractation, car les augmentations précédentes avaient fait régresser l’économie.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.