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Commentaire financier du jour

Canada

Les modifications des conditions d’attribution de licences de vente de cannabis du Canada risquent d’aggraver la pénurie persistante de marijuana au pays, et non pas de la corriger, selon certains membres du secteur. Le gouvernement canadien a dit la semaine dernière qu’il exigera désormais que les demandeurs d’un permis pour cultiver, transformer ou vendre du cannabis aient un site entièrement aménagé avant de déposer leur demande. L’objectif est de réduire l’énorme retard de production accumulé depuis que le Canada a légalisé l’usage du cannabis à des fins récréatives en octobre. Environ 614 demandes sont en attente depuis le 31 mars, selon une porte-parole de Santé Canada. Pendant ce temps, le Canada fait face à une pénurie nationale de cannabis qui a conduit certaines provinces comme l’Ontario à restreindre les ouvertures de magasins.

États-Unis

Les actions d’Insys Therapeutics Inc. ont plongé lundi depuis qu’elle a averti qu’elle pourrait demander une protection contre la faillite après avoir dépensé des dizaines de millions de dollars en règlements juridiques et coûts de défense d’anciens cadres supérieurs condamnés pour avoir versé des pots-de-vin à des médecins afin qu’ils prescrivent le puissant opioïde de la société. Insys a dit vendredi soir qu’elle disposait de 87,6 millions $US en liquidités et quasi-espèces à la fin du premier trimestre et avait 240,3 millions $US de dettes. Elle a dit qu’elle pourrait ne pas être en mesure de couvrir entièrement un règlement de 150 millions $US avec le département de la Justice américain pour le marketing illégal de son médicament Subsys.

Dans le monde hyperpolarisé de la politique américaine, un sujet réconcilie démocrates et républicains : le coût élevé de l’insuline. Alors que des millions d’Américains atteints de diabète ont besoin d’injections de l’hormone qui régule la teneur en sucre de leur sang, beaucoup s’en privent totalement ou partiellement parce que les prix ont flambé. Aux audiences du Congrès le mois dernier, les législateurs ont critiqué les entreprises qui n’en font pas assez pour limiter la hausse des prix. La Food and Drug Administration, qui tient une audience lundi à Silver Spring, Maryland, sur les prix de l’insuline, veut réformer la réglementation pour créer plus de concurrence entre les trois sociétés qui dominent le marché mondial de milliards $US : Eli Lilly & Co., Novo Nordisk et Sanofi.

Europe

Theresa May promet de rouvrir les discussions du Brexit avec l’Union européenne pour essayer de donner un nouveau souffle aux négociations avec le Parti travailliste d’opposition et sortir le Royaume-Uni du bloc d’ici l’été. Le bureau de la première ministre a dit dimanche que le gouvernement explorera avec l’UE cette semaine comment on peut reformuler une partie de l’accord politique sur les liens douaniers futurs, alors même qu’un des dirigeants travaillistes a prévenu que les députés de son parti ne soutiendront pas un accord sans un deuxième référendum. L’UE s’est dite disposée à effectuer des changements dans la déclaration politique, la partie non contraignante de l’accord du Brexit qui porte sur les liens futurs. Elle a refusé de rouvrir l’accord de divorce proprement dit qui contient les mesures controversées de protection de la frontière irlandaise, le fameux backstop. Le gouvernement britannique ne demande pas à renégocier cette partie.

Euronext NV a obtenu la permission du gouvernement norvégien d’acheter la bourse d’Oslo sans l’imposition d’un seuil de participation à la société franco-hollandaise. La décision assure à Euronext la victoire sur Nasdaq Inc. à l’issue de cinq mois d’âpres batailles pour le contrôle qui ont fait monter le prix de la bourse à 775 millions $US. Les actionnaires d’Euronext voteront sur l’OPA le 16 mai et la société vise à conclure l’achat d’un bloc de contrôle de 53 % dans Oslo Bors VPS d’ici la fin de juin, dit-elle dans un communiqué. Euronext intégrerait alors Oslo Bors dans son périmètre de consolidation, a dit le PDG Stephane Boujnah dans une interview.

Asie

Les actions japonaises ont chuté après une hausse du yen par rapport au dollar américain alors que les négociations entre les États-Unis et la Chine ont pris fin sans qu’un accord ait été conclu la semaine dernière. L’indice Topix a enregistré une sixième séance de baisse, la plus longue séquence du genre depuis septembre, même si l’indicateur a réduit des pertes antérieures. Les fabricants d’électronique et de machines ont le plus plombé l’indice. Les États-Unis ont donné à la Chine un mois pour conclure un accord ou voir imposer des tarifs douaniers sur l’ensemble de ses exportations aux États-Unis. Le directeur économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a dit qu’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine causerait du tort aux deux parties.

Les investisseurs étrangers pourront bientôt détenir davantage d’actions chinoises – le problème, c’est qu’ils ne semblent pas en vouloir. Ces investisseurs se départissent d’actions cotées en Chine continentale à un rythme record, juste au moment où MSCI Inc. se prépare à augmenter leur pondération dans ses indices de référence. Rien que ce mois-ci, des actions A d’une valeur de 17,4 milliards de yuans (2,6 milliards $US) ont été vendues par le biais des liens de négociation avec Hong Kong, si bien que les retraits du mois de mai dépasseront sans aucun doute le reflux de 18 milliards de yuans d’avril. Les actions chinoises restent parmi les plus performantes au monde cette année, mais pas moins de 1 000 milliards $US de capitalisation boursière ont été éliminés du marché boursier du pays en trois semaines à peine alors que le contentieux commercial avec les États-Unis a repris le devant de la scène. Les craintes que Pékin réduise ses mesures de stimulation ont aussi pesé : l’indice composé de Shanghai a chuté de 11 % par rapport au sommet d’avril.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.