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Commentaire financier du jour

Canada

Air Canada a suspendu ses prévisions financières pour le premier trimestre et l’ensemble de l’exercice, invoquant l’immobilisation de l’avion 737 MAX de Boeing Co. et la suspension des livraisons de l’avionneur. Le transporteur de Montréal continue d’élaborer un plan d’urgence pour remédier à la situation et fournira des mises à jour. Certaines prévisions pour les deux prochaines années restent en place.

Bombardier Inc. allonge la durée de sa dette et renforce sa liquidité en mettant en application un plan de redressement. En plus de l’annulation de 850 millions $US de ses obligations à 7,75 pour cent échéant en 2020, les investisseurs de 778,5 millions $U d’obligations échéant en 2021 ont accepté une offre de rachat de leurs titres jusque-là, selon les déclarations réglementaires officielles des 7 et 14 mars. Ce chiffre est à comparer aux 2 milliards $ que le constructeur d’avions et de trains de Montréal a mobilisés sous forme de titres de huit ans le 28 février. Bombardier gère ses dettes après avoir déclaré des flux de trésorerie disponibles plus élevés au cours des trois derniers mois de 2018, dépassant les estimations des analystes et stimulant l’optimisme pour une maîtrise de sa dette de 9,1 milliards $. Le chef de la direction, Alain Bellemare, cherche à regagner la confiance des investisseurs alors que la société amorce la quatrième année d’un plan de redressement quinquennal.

La Banque du Canada diversifie son bilan en ajoutant des obligations hypothécaires assurées par le gouvernement au moment où le marché immobilier donne de plus en plus de signes de ralentissement. La banque centrale a acheté pour 250 millions $ d’obligations de l’émission de 5,5 milliards $ de titres à 2,9 pour cent échéant en 2024 de la Fiducie du Canada pour l’habitation, a dit la Banque Canadienne Impériale de Commerce, coordonnatrice principale de l’opération. Cela représente le deuxième achat de ces titres de créance depuis novembre quand la banque centrale a ajouté les obligations de l’organisme fédéral dans ses opérations pour gérer son bilan. Les valeurs des biens immobiliers résidentiels canadiens ont chuté dans l’ensemble du pays l’an dernier pour la première fois depuis 1990, plombées par Toronto et Vancouver, alors même que le fardeau des dettes a augmenté, selon les données du gouvernement publiées jeudi. La valeur des biens immobiliers résidentiels au Canada détenus par les ménages a chuté de 0,6 pour cent au quatrième trimestre à 5 100 milliards $, comparativement au même trimestre de l’année précédente.

États-Unis

Les investisseurs semblent rechigner à acheter les obligations de sociétés à rendement élevé les plus faibles, ce qui est un indice possible de difficultés futures, selon les stratégistes de Citigroup Inc. Les agences de notation révisent à la baisse les sociétés de catégorie spéculative au rythme le plus rapide par rapport aux révisions à la hausse depuis le début de 2016, selon des données compilées par Bloomberg. Et pour placer leurs obligations, une poignée d’émetteurs dont Scientific Games International Inc. ont dû accepter des taux de rendement plus élevés ce mois que ce que les courtiers attendaient. Pour l’heure, beaucoup d’investisseurs ignorent ces craintes. Les obligations de pacotille ont atteint des sommets records cette année et représentent le secteur à revenu fixe américain le plus performant, ayant gagné plus de 6,4 pour cent jusqu’à mercredi. Une enquête de Bank of America Corp. auprès des gestionnaires de fonds de crédits américains a noté que le niveau d’alerte était le plus faible à propos des obligations de sociétés à rendement élevé et de qualité supérieure depuis 2014.

Europe

La plus importante économie de la zone euro vacille et sa situation politique est plus instable que jamais et pourtant les actions européennes figurent parmi les plus demandées sur les marchés financiers. Jeudi, l’indice STOXX Europe 600 a bondi de 0,78 pour cent alors que l’indice MSCI Monde Tous pays n’a pratiquement pas changé. Et ce n’est pas un cas isolé : l’indice Europe a dépassé le marché mondial depuis la fin de janvier, gagnant 5,53 pour cent comparativement à l’augmentation de 2,86 pour cent de MSCI. Les cyniques prétendront que cela ne s’explique que par l’attitude accommodante de la Banque centrale européenne, mais celle-ci ne s’est manifestée que la semaine dernière. Le rendement supérieur des actions européennes a été relativement constant au cours des six dernières semaines. À sa base, la reprise semble refléter l’idée croissante que l’économie de l’Europe, qui a ralenti avant la plupart des autres régions du monde l’an dernier, pourrait avoir touché le fond. L’Italie semble sortir d’une récession, la France reprend des couleurs et l’Espagne commence à se réveiller. Et une série de chiffres de la production industrielle au cours de la dernière semaine en Europe étaient meilleurs que prévu.

Asie

La Chine maintiendra sa stratégie actuelle de soutien économique ciblé et résistera à la tentative de se lancer dans des mesures de stimulation de grande ampleur comme l’assouplissement quantitatif ou une expansion massive des dépenses publiques, a dit le premier ministre Li Keqiang. « Nous devons assurément prendre des mesures fortes pour contrer les pressions à la baisse, a-t-il dit dans une conférence de presse vendredi à la clôture de l’Assemblée nationale populaire annuelle à Pékin. Une approche sans discrimination fonctionne peut-être à court terme, mais pourrait entraîner des problèmes futurs. Par conséquent, ce n’est pas une option viable. Nous préférons stimuler certains acteurs du marché. »

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a rejoint les rangs d’autres banques centrales vendredi en rejetant rondement la théorie monétaire moderne qui minimise la dette de l’État, qualifiant cela d’idée extrême qui ne jouit pas d’un soutien large. M. Kuroda s’est aligné sur les positions de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne en expliquant que les grands argentiers ne peuvent tout simplement pas ignorer les risques liés aux dettes quand ils se focalisent sur la stabilisation de la croissance économique.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.