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Commentaire financier du jour

Canada

L'émission nette de nouveaux titres de créance canadiens, où la différence entre les nouvelles dettes et celles arrivant à échéance, est devenue négative au dernier trimestre de 2018 pour la première fois au moins depuis 2015, une débâcle généralisée du marché ayant effrayé les émetteurs, les incitant à rester sur la touche. Les émissions de titres de créance nettes du Canada se sont établies à -25,98 milliards $ comparativement à 21,59 milliards $ au troisième trimestre, et à 51,38 milliards $ pendant la même période l'an dernier, selon les données compilées par Statistique Canada publiées lundi. Les émissions nettes de sociétés financières ont été de -40 milliards $ au cours des trois derniers mois de l'année, alors que les sociétés non financières ont affiché +3,33 milliards $ et que les ventes de dette nettes des émetteurs du secteur public ont atteint +10,69 milliards $. L'émission d'emprunts au Canada est en mode de reprise cette année, les écarts de risques s'étant resserrés à partir des niveaux les plus élevés depuis 2016 à la fin de décembre et au début de janvier, selon l'indice Bloomberg Barclays Canada Aggregate. Les écarts des obligations de sociétés par rapport à la courbe des obligations d'État oscillaient autour de 129 points de base comparativement à 151 points de base le 4 janvier.

Les émissions brutes d'obligations du Canada pourraient augmenter de plus de 25 pour cent pendant l'exercice qui débutera le mois prochain étant donné « d'importants besoins financiers et les niveaux élevés d'obligations arrivant à échéance », ont écrit les analystes de RBC Marchés des Capitaux. Les émissions brutes pour l'exercice 2019-2020 pourraient grimper à environ 126 milliards $ comparativement à environ 100 milliards $ pendant l'exercice en cours jusqu'à la fin mars, selon une note aux investisseurs des analystes Simon Deeley et Mark Chandler lundi.

États-Unis

Boeing Co. fait face à une crise de confiance qui s'amplifie au sujet de son avion 737 Max, alors que des compagnies aériennes et des autorités de réglementation, de Singapour à l'Australie, ont décidé de clouer l'avion au sol ou d'en interdire les vols après deux catastrophes aériennes en cinq mois. Un jour après que les autorités de réglementation américaines ont confirmé la navigabilité de l'avion, des compagnies aériennes et des autorités de l'aviation civile en Amérique du Sud et en Asie choisissent plutôt d'éviter tout risque. L'Australie a emboîté le pas à Singapour et a temporairement interdit son espace aérien au 737 Max, ce qui veut dire que la plus récente version du modèle le plus vendu de Boeing se voit maintenant interdire des destinations long-courriers clés comme Changi, le deuxième aéroport international le plus actif d'Asie et une plaque tournante très utilisée.

Bill Gates, Elizabeth Warren et Bernie Sanders veulent tous que les riches payent plus d'impôts, mais M. Gates dit que ce à quoi les candidats démocrates semblent penser, c'est à augmenter l'imposition du gain en capital. Le milliardaire et cofondateur de Microsoft Corp., qui est aussi le deuxième homme le plus riche du monde, a laissé entendre qu'une augmentation du taux d'imposition des gains en capital est la manière la plus simple et la plus directe de cibler la richesse de l'Amérique.

Europe

L'économie du Royaume-Uni a rebondi plus que prévu en janvier après une fin d'année 2018 dépressive, selon les chiffres de l'Office for National Statistics publiés mardi. Le produit intérieur brut a augmenté de 0,5 pour cent, soit la plus forte hausse mensuelle en plus de deux ans, après s'être contracté de 0,4 pour cent en décembre. Cela situe la croissance des trois derniers mois à 0,2 pour cent, soit le même rythme que celui enregistré au quatrième trimestre.

Theresa May a conclu un accord révisé des conditions de divorce du RoyaumeUni de l'Union européenne, mais il n'est pas certain qu'elle en ait fait assez pour obtenir le soutien du Parlement dans un vote crucial ce mardi.

Asie

Les plus grands fabricants du Japon estiment que la conjoncture économique est la plus mauvaise en près de trois ans, ce qui constitue la plus récente indication que l'économie du pays tributaire des exportations est en difficulté ce trimestre. L'enquête trimestrielle auprès des entreprises du ministère des Finances, publiée mardi a révélé un chiffre de moins 7.3 pour les conditions parmi les plus importants fabricants du Japon, ce qui constitue le plus mauvais résultat depuis le deuxième trimestre de 2016.

La campagne de la Chine étalée sur plusieurs années pour juguler le risque financier se recentre sur ce qu'il est convenu d'appeler la « dette cachée » des administrations locales, alors que les fonctionnaires cherchent à réduire les pressions des remboursements face à la chute des recettes fiscales. Des provinces et des villes, de Jiangsu à l'est au Qinghai à l'ouest, cherchent des moyens de rembourser ou de restructurer leurs emprunts implicites, ce qui comprend du financement hors caisse par le biais d'instruments spécialisés. Certaines autorités espèrent se refinancer à bon compte auprès du plus grand prêteur du pays, China Development Bank, et d'autres liquident des biens publics tels que des immeubles de bureaux et de logements.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.