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Commentaire financier du jour

Canada

Les mises en chantier résidentielles au Canada ont chuté de 16 pour cent en février par rapport au mois précédent, atteignant le plus faible niveau mensuel en trois ans. Toronto était en tête du mouvement de baisse généralisée, qui a atteint toutes les régions et tous les types d'habitats, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Les constructeurs ont amorcé des travaux sur une base annualisée de 173 153 logements le mois dernier, contre 206 809 en janvier, d'après le rapport de la SCHL publié vendredi. Les mises en chantier en milieu urbain ont reculé de 18 pour cent. Dans la région métropolitaine de Toronto, elles se sont établies à 20 213, en baisse de 48 pour cent par rapport au mois précédent, essentiellement en raison du ralentissement dans le secteur des appartements en copropriété. Montréal a enregistré un recul de 24 pour cent alors que, à Vancouver, la situation était essentiellement inchangée.

Le baril de pétrole West Texas Intermediate à livrer en avril a augmenté, se négociant à 56,50 $ à 5 h 40 alors que l'Arabie Saoudite a réduit sa production plus que prévu, ce qui continuera le mois prochain. Une personne bien informée de la politique a dit que le pays livrera à ses clients nettement moins de pétrole que demandé. Les réductions font partie d'un accord plus large de l'OPEP et de ses alliés pour essayer d'éviter une offre pléthorique − même si la capacité du groupe d'influer sur les prix se heurte à l'augmentation de la production d'hydrocarbures de schistes aux États-Unis.

États-Unis

La forte perte de vitesse de l'économie mondiale en 2018 s'est soldée par la plus faible expansion depuis la crise financière d'il y a une dizaine d'années, selon Bloomberg Economics. Son nouvel indicateur du PIB situe la croissance mondiale annualisée à 2,1 pour cent d'un trimestre à l'autre, en baisse par rapport à 4 pour cent au milieu de l'an dernier. Il reste une possibilité que l'économie reprenne pied et interrompe sa chute, mais « le risque est que l'élan baissier s'auto-alimente », disent les économistes Dan Hanson et Tom Orlik.

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a laissé entendre qu'il n'y a pas de limite claire à l'actuelle pause dans le mouvement de hausse des taux d'intérêt, lors d'un entretien tous azimuts à l'émission « 60 minutes » de CBS News, hier. Tout en disant que les perspectives de l'économie américaine sont favorables, il a souligné les risques pour la croissance mondiale émanant de la Chine, de l'Europe et du Brexit.

Europe

La contraction en janvier de la production industrielle allemande a été une mauvaise surprise après une série de données par ailleurs encourageantes pour le secteur de la fabrication de la zone euro au premier mois de 2019. La baisse de production de biens d'équipement et intermédiaires explique le démarrage médiocre du premier trimestre, bien que d'importantes révisions à la hausse des chiffres de décembre aient amorti le coup. Les résultats d'enquêtes publiés jusque-là dressent de la croissance du premier trimestre un tableau contrasté, mais la vigueur sous-jacente du secteur des services de l'Allemagne laisse penser que l'expansion se poursuit au 1T, même si elle est peu soutenue par la fabrication. Néanmoins, nous nous attendons à ce que la croissance ne reprenne que graduellement, puisque les chocs de la fin de 2018 auront probablement un effet durable sur la confiance.

Les négociations du Brexit à Bruxelles sont dans l'impasse alors qu'il ne reste qu'une journée avant que Theresa May ne soumette à nouveau son accord au Parlement. On s'attend à ce que celui-ci soit rejeté, ce qui mettra en doute le maintien de la première ministre à son poste, mais ouvrira aussi les perspectives d'un report, d'une dilution voire d'un abandon du projet de sortie de l'Union européenne.

Asie

Les principaux responsables du commerce international et de la politique monétaire de la Chine ont, cette fin de semaine, opposé une résistance subtile aux exigences de Washington, en présentant l'interprétation de Pékin des progrès accomplis dans les négociations au sujet de l'application de tout accord et du rôle des monnaies. Le gouverneur de la Banque populaire de Chine, Yi Gang, a dit que les deux parties sont parvenues à un consensus sur de nombreux enjeux cruciaux et ont discuté d'engagements pris antérieurement par le G20 en vue d'éviter la concurrence par la dévaluation des monnaies. Les parties ont aussi parlé du respect de « l'autonomie » de la politique monétaire de l'une et de l'autre, a-t-il ajouté. Alors que les commentaires de M. Yi répondent aux préoccupations américaines au sujet d'une dépréciation potentielle du yuan par la Chine pour atténuer l'impact des tarifs douaniers imposés par l'administration Trump, ils ne contiennent aucune mention d'un engagement unilatéral de Pékin de maintenir la stabilité de sa monnaie.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.