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Commentaire financier du jour

Canada

Canadian Natural Resources Ltd. n'a pas sourcillé devant le retard du projet de la Ligne 3 d'Enbridge Inc. et l'annulation possible du projet de transport de brut par rail de l'Alberta, disant qu'un projet de raffinerie et les baisses de production naturelles devraient aider à éviter un nouvel effondrement des prix du pétrole canadien. Le producteur de sables pétrolifères a dit que sa raffinerie en participation de North West Redwater commencera à soulager les oléoducs de 80 000 barils par jour de pétrole lourd, lors d'un entretien téléphonique. Le bassin sédimentaire de l'Ouest canadien a aussi des taux d'épuisement naturels et, sans nouvelles activités de forage par les producteurs, cela pourrait réduire la production journalière de quelque 300 000 barils.

L'interdiction possible du matériel Huawei dans les réseaux de base 5G du Canada ne menace pas les projets d'investissement des opérateurs en 2019. Rogers, la seule entreprise de télécommunication canadienne qui a déployé la 5G, utilise du matériel Ericsson. L'équipement Huawei dans les réseaux de base 3G et 4G est minime. Cet équipementier ne représentait que 1 % des dépenses de base du réseau au pays en 2007-2017.

États-Unis

Le président Donald Trump demandera de fortes compressions des dépenses intérieures qui seront pour la plupart probablement ignorées par le Congrès même si cela devait entraîner une lutte pour le financement susceptible de provoquer une nouvelle paralysie de l'administration fédérale cet automne. Le président doit, dans les prochains jours, présenter son premier plan budgétaire depuis que les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants et élu Nancy Pelosi à leur tête. La proposition marquera une exigence initiale forte dans les négociations au cours des prochains mois en vue de rehausser le plafond des dépenses pour les programmes intérieurs et militaires et de hausser la limite de la dette fédérale à 22 000 milliards $US. M. Trump cherchera à gonfler les dépenses militaires en utilisant ses fonds de prévoyance de guerre pour contourner les limites budgétaires.

La déclaration de 63 pages de T-Mobile US Inc. déposée cette semaine visait à convaincre les autorités de réglementation que son achat de sa rivale Sprint Corp. va dans le sens des intérêts du public. Mais l'apparence de la déclaration – après plus de huit mois d'examen – a incité certains observateurs à se demander s'il s'agissait d'un indice révélant que la transaction de 26,5 milliards $US était compromise. Le lendemain, la Federal Communications Commission semblait confirmer ces soupçons en décrétant une pause dans son examen de la fusion. Le projet de rapprochement des troisième et quatrième opérateurs de télécommunications sans fil, déposé auprès des autorités de réglementation en juin dernier, a soulevé des critiques dans les rangs démocrates ainsi que de certains groupes politiques qui craignent que l'opération ne réduise la concurrence et n'entraîne une hausse des prix. Les sociétés, elles, estiment qu'ensemble elles peuvent être un concurrent plus fort face aux chefs de file du secteur, AT&T Inc. et Verizon Communications Inc.

Europe

Deutsche Bank AG et Commerzbank AG intensifient les discussions au sujet d'une fusion possible alors que leurs efforts de redressement font long feu et que le gouvernement allemand fait pression sur ces banques, selon une personne bien informée du dossier. Les discussions sont informelles et les conseils de surveillance des sociétés n'ont pas reçu de mandat pour négocier une transaction, selon cette personne qui a demandé à ne pas être identifiée, les délibérations étant pour le moment purement internes. Deutsche Bank envisage toujours d'autres options bien qu'une transaction soit devenue plus probable, le chef de la direction, Christian Sewing, ayant renoncé à sa résistance, selon divers interlocuteurs bien informés du sujet.

La Norvège a fait une démarche partielle pour se départir d'actions du secteur du pétrole et du gaz de son fonds souverain massif de 1 000 milliards $US, en approuvant la vente de sociétés d'exploration plus petites tout en épargnant les plus grands producteurs tels que Royal Dutch Shell Plc et Exxon Mobil Corp. Après plus d'une année de délibérations, le gouvernement a approuvé vendredi l'exclusion de 134 sociétés classées comme des entreprises d'exploration et de production par FTSE Russell, comprenant Anadarko Petroleum Corp., Chesapeake Energy Corp., Cnooc Ltd. et Tullow Oil Plc. Avec cette proposition, le fonds vendrait pour environ 7,5 milliards $US d'actions.

Asie

En Chine, tout a commencé avec une unique recommandation de vente d'un titre. Mais à la clôture des bourses chinoises vendredi, les investisseurs en actions avaient subi 345 milliards $US de pertes et compris que Pékin n'était pas disposé à laisser se former une autre bulle spéculative. La recommandation baissière sur les actions d'un assureur appartenant à l'État, faite par des analystes de la plus grande maison de courtage appartenant également à l'État, a été largement interprétée comme un signal que le gouvernement souhaite un ralentissement des actions chinoises cette année. L'indice composé de Shanghai a dégringolé de 4,4 pour cent, mettant fin à une série de hausses qui durait depuis huit semaines et clôturant à son plancher de la journée après la parution de chiffres décevants sur les exportations qui ont donné aux investisseurs une raison de plus de vendre.

Les exportations chinoises ont ralenti en février où les fermetures saisonnières d'usines et l'incertitude persistante due à la guerre commerciale se sont conjuguées pour freiner les livraisons, ajoutant aux craintes d'un affaiblissement de l'économie mondiale. Les exportations ont chuté de 20,7 pour cent en février, soit leur plus forte baisse depuis février 2016. Comme cette année, le congé du Nouvel An lunaire d'une semaine de 2016 avait eu lieu plus tôt dans le mois que l'année précédente, ce qui signifie que les commandes avaient augmenté en janvier pour devancer les fermetures des usines. En moyenne sur les deux premiers mois de l'année pour atténuer les fluctuations dues au congé, les livraisons ont chuté de près de 5 pour cent.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.