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Commentaire financier du jour

Canada

Le Canada et ses alliés du Groupe de Lima se rencontrent à Ottawa aujourd'hui pour parler de la crise politique, économique et humanitaire au Venezuela. La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, organisera la réunion alors que se poursuivent des manifestations massives au Venezuela pour obtenir le départ du président socialiste, Nicolas Maduro. Le Canada a déjà versé 2,2 millions $US pour soulager la crise humanitaire qui a poussé quelque trois millions de Vénézuéliens à l'exil, provoquant une onde de choc dans toute la région, particulièrement dans les États limitrophes, le Brésil et la Colombie, maintenant aux prises avec une crise de réfugiés. La réunion de plus d'une douzaine d'alliés du Canada de l'hémisphère occidental vise à trouver de nouvelles manières de soutenir l'opposition vénézuélienne et de calmer la crise des réfugiés. Mais selon certaines sources, le Canada n'augmentera pas ses fonds pour l'aide humanitaire parce que M. Maduro ne permet pas une entrée adéquate des humanitaires dans le pays.

États-Unis

Il ne reste que quelques jours au Congrès pour trouver un accord sur les dépenses consacrées à la sécurité des frontières et éviter un nouveau blocage de l'administration fédérale et on pourrait assister une nouvelle fois à un bouleversement du processus quand le président Donald Trump tiendra son allocution sur l'État de l'Union mardi. M. Trump a déclaré à plusieurs reprises ces derniers jours que les négociations sont une perte de temps et a annoncé le 1er février qu'il en dirait plus sur ses propres projets lors d'une allocution devant une séance conjointe du Congrès. Il a laissé entendre qu'il pourrait se prévaloir d'une déclaration d'urgence politiquement et légalement douteuse pour court-circuiter le Congrès et commencer à construire un mur frontalier. Quand les entretiens ont commencé la semaine dernière, les démocrates n'ont pas offert de nouveau financement pour des barrières à la frontière et les républicains réclament toujours 5,7 milliards $US pour un mur. Les démocrates se sont montrés ouverts à l'idée d'une clôture à la frontière, mais pas du mur dont M. Trump a fait la pièce maîtresse de sa campagne présidentielle. Pour les élus qui participent aux négociations, M. Trump et Mme Pelosi sont les principaux obstacles à un compromis.

Le président Trump a dit que les agriculteurs vont être « très heureux » de l'engagement de la Chine à acheter plusieurs millions de tonnes de soja américain de plus au cours des prochains mois. Mais certains agriculteurs attendent la preuve d'achats en grande quantité et continuent de se défaire d'autant de stock qu'ils le peuvent. La Chine devrait acheter 5 millions de tonnes de soja américain, a dit M. Trump jeudi. Cela s'ajouterait aux quelque 5 millions de tonnes achetés, selon les estimations, après la rencontre de M. Trump avec le président chinois Xi Jinping en décembre en Argentine. La Chine aurait effectué des achats vendredi. Le soja à livrer en mars a clôturé à 9,1775 $US le boisseau à Chicago vendredi, en baisse de 0,8 pour cent par rapport à la semaine précédente. Cela s'est produit après l'annonce, jeudi, de la vente des États-Unis à la Chine et alors que les analystes prévoient une réduction de l'ampleur de la récolte de soja amorcée par le Brésil. Le marché reflète les ventes des agriculteurs qui ont le sentiment que les États-Unis ne « récupèrent pas grand-chose de ce que nous avons perdu, du moins pas en ce moment », écrit Mark Schultz, analyste du marché en chef chez Northstar Commodity Investment Co.

Europe

Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France ont pris la tête d'une série de pays européens qui ont reconnu le président de l'assemblée nationale vénézuélienne Juan Guaido comme le président par intérim lundi, se joignant à un effort international dirigé par les États-Unis pour censurer Nicolas Maduro et convoquer de nouvelles élections. L'Espagne, l'Autriche, les PaysBas et la Pologne ont aussi dit cette semaine qu'ils soutiendront M. Guaido. Plusieurs de ces pays avaient affirmé le 26 janvier qu'ils reconnaîtraient M. Guaido si M. Maduro refusait de déclencher des élections dans les huit jours. L'Union européenne n'a pas apporté un soutien collectif au chef de l'assemblée nationale puisque des pays tels que l'Italie ont opposé leur veto à la proposition d'en faire la position de tout le bloc. « Juan Guaido est maintenant la personne avec qui nous parlons et dont nous attendons qu'il déclenche le processus électoral le plus rapidement possible, a dit la chancelière allemande Angela Merkel à Tokyo. Pour cette tâche, il est le président par intérim légitime, dans la perspective de l'Allemagne et dans celle de nombreux partenaires européens. Nous espérons que ce processus pourra se tenir dans les plus brefs délais et, bien sûr, pacifiquement. »

Theresa May lance un nouveau groupe de travail sur un Plan B pour le Brexit, mais la plus récente initiative de la première ministre arrive trop tard pour empêcher des entreprises comme Nissan Motor Co. de renoncer à leurs investissements au Royaume-Uni. Le constructeur automobile japonais a invoqué les doutes permanents au sujet du divorce du Royaume-Uni de l'Union européenne dans sa décision de renoncer aux projets de construction d'un nouveau modèle de véhicules dans ce pays. Le gouvernement de Mme May avait pourtant tout fait pour protéger l'investissement de Nissan en Grande-Bretagne, offrant des assurances en privé à la société. Le quotidien The Times a indiqué que des ministres envisagent maintenant de retirer un programme d'aide de 60 millions de livres (78 millions $US) à Nissan. « L'incertitude au sujet des relations futures du Royaume-Uni avec l'Union européenne ne facilite pas les choses à des entreprises comme la nôtre pour planifier l'avenir », a dit le président du conseil de Nissan Europe, Gianluca de Ficchy, dimanche.

Asie

Le yuan chinois se dirige vers sa plus forte chute en deux jours depuis août alors que des statistiques économiques américaines ont fait monter le billet vert. Le yuan négocié à l'extérieur de la Chine continentale avait chuté de 0,33 pour cent à 6,7791 à 14 h 56 à Hong Kong, ce qui le mettait sur la trajectoire d'une baisse de 1 pour cent sur deux jours. La monnaie était une des devises asiatiques qui ont le moins bien tenu par rapport à l'USD, qui s'est apprécié après l'annonce de plus d'embauches aux ÉtatsUnis en janvier que prévu par tous. La négociation du yuan an Chine continentale est suspendue pour le congé du Nouvel An lunaire en Chine cette semaine. Le coût d'emprunt du yuan offshore interbancaire d'un mois – le taux Hibor – a dérapé un quatrième jour de suite, descendant sous son creux de septembre 2016. Il est donc d'autant plus profitable pour les investisseurs d'acquérir des yuans offshore bon marché et de les vendre en échange de l'USD au rendement plus élevé.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.