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Commentaire financier du jour

Canada

Bentall Kennedy LP, la branche immobilière de l'assureur Financière Sun Life Inc., accroît son exposition aux immeubles d'appartements de location alors que l'immigration explose dans la plus grande ville du Canada. La société de Toronto, qui gérait 22 milliards $CAN d'actifs au Canada en septembre, compte augmenter ses investissements dans le logement collectif de 10 à environ 15 pour cent de son portefeuille, selon Doug Poutasse, chef de la stratégie et de la recherche chez Bentall. « L'économie canadienne a atteint un sommet, mais n'en retombe pas nécessairement, nous nous trouvons donc dans une très bonne situation actuellement, a dit M. Poutasse dans un entretien au bureau torontois de Bloomberg. Le facteur que nous suivons et qui est le plus positif, c'est la croissance de la population immigrante, qui accélère actuellement. »

L'Alberta assouplit ses exigences de réduction de la production de pétrole maintenant que les prix du pétrole lourd de la province ont rebondi alors que les producteurs s'exaspéraient. Le nouvel objectif de production pour le prochain mois passera de 3,56 millions de barils en janvier à 3,63 millions de barils par jour, selon un communiqué du gouvernement provincial paru mercredi. Les stocks ont baissé de 5 millions de barils, réduisant l'engorgement qui déprimait les prix. Le différentiel de prix négatif du brut lourd canadien par rapport au brut de référence américain a augmenté après l'annonce de 8,60 $ le baril à 9,50 $, selon des négociateurs.

États-Unis

Le président de la réserve fédérale, Jerome Powell, a indiqué que la banque centrale ne haussera plus les taux d'intérêt avant que l'inflation accélère dans une volte-face qui a conduit beaucoup d'investisseurs à parier contre toute hausse future dans cette expansion économique. Les banquiers centraux ont non seulement éliminé toute référence à de nouvelles augmentations graduelles de leur communiqué paru hier, mais ils ont laissé entendre que la prochaine intervention pourrait aussi bien être à la hausse qu'à la baisse. Ils ont aussi annoncé une approche plus souple de la réduction de leur portefeuille d'obligations, ce qui est une autre réponse aux récentes appréhensions des marchés financiers au sujet de la politique monétaire. Après neuf hausses des taux depuis 2015, les économistes de Goldman Sachs Group Inc. ne voient plus aujourd'hui que 25 pour cent de chances d'une nouvelle augmentation des taux par la Fed au deuxième trimestre, de 2,25 pour cent actuellement à 2,5 pour cent, comparativement à une probabilité antérieure de 55 pour cent.

Facebook Inc. a déclaré un chiffre d'affaires qui a dépassé les estimations de Wall Street, les annonceurs publicitaires étant restés fidèles à la société de médias sociaux malgré une série de scandales concernant la protection des renseignements personnels. La société a annoncé des ventes pour le quatrième trimestre de 16,91 milliards $, supérieures aux 16,4 milliards $ prévus par les analystes, avec un bénéfice dépassant les attentes. Les résultats ont fait bondir le cours de l'action de plus de 11 pour cent avant l'ouverture à New York; elle devrait atteindre son niveau le plus élevé depuis la fin de septembre. Le public touché par Facebook a augmenté, accroissant sa capacité de collecter des données des utilisateurs qui peuvent intéresser les annonceurs publicitaires. Les utilisateurs journaliers actifs étaient près de 1,52 milliard en décembre, en hausse de 9 pour cent par rapport à un an plus tôt et légèrement plus que ce que prévoyait Wall Street. La société a aussi fait état d'une augmentation des utilisateurs sur des marchés parvenus à maturité comme l'Europe, dont les investisseurs craignaient qu'il fût saturé.

Europe

Les dirigeants de Deutsche Bank AG craignent de n'avoir plus que 60 jours pour redresser l'entreprise en difficulté. À la veille de la déclaration des résultats du quatrième trimestre qui traduiront sans doute ses difficultés, la capacité de la banque d'éviter une fusion avec Commerzbank AG coordonnée par l'État pourrait dépendre de sa performance au premier trimestre de 2019, selon des personnes informées de l'état d'esprit de la haute direction. Un porte-parole de Deutsche Bank a refusé de commenter. Une fusion avec Commerzbank à ce stade n'a pas beaucoup de sens parce qu'elle offre peu de possibilités d'accroissement de la clientèle. Le chef de la direction, Christian Sewing, a appelé à la patience devant son plan actuel qui est centré sur des compressions de coûts et des efforts pour stabiliser la part de marché, mais les images spectaculaires des descentes de police en novembre ont amplifié l'impact d'un marché difficile. Cela menace de miner un retour à la croissance après plusieurs tentatives infructueuses de redressement. Le gouvernement allemand a intensifié ses efforts pour aider à remettre Deutsche Bank sur pied, en étudiant des façons de faciliter sa fusion avec Commerzbank afin d'augmenter l'échelle de grandeur de l'entreprise et de réduire les charges. Bien que les plus grands investisseurs de la banque continuent de soutenir M. Sewing, ils ne sont pas heureux des pertes qu'ils ont subies, selon des personnes bien informées du dossier. L'action a baissé de plus de la moitié de sa valeur l'an dernier, avant d'annuler une partie de ce repli cette année.

Brookfield Asset Management Inc. envisage de faire une offre sur la société de téléphone hollandaise Royal KPN NV, selon des personnes bien informées du dossier. Les actions de KPN ont bondi comme jamais depuis 2013. Le plus grand gestionnaire d'actifs alternatifs du Canada mène des pourparlers exploratoires avec des caisses de retraite hollandaises en vue d'un partenariat pour faire une offre possible sur KPN, dont la valeur au marché est d'environ 10,5 milliards € (12,1 milliards $US), selon cet interlocuteur qui a revendiqué l'anonymat puisque l'affaire est confidentielle. Brookfield n'a pas encore approché KPN et les discussions en sont aux préliminaires, ont dit ces personnes. La société pourrait décider de ne pas faire d'offre, ajoutent-elles. Les représentants de Brookfield et de KPN ont refusé tout commentaire. Les actions de KPN ont bondi de 9,9 pour cent lorsque l'information a été connue, enregistrant leur plus forte hausse sur une journée depuis 2013.

Asie

Le président américain Donald Trump rencontrera le principal négociateur de la Chine au Bureau ovale jeudi pour des entretiens de haut niveau, alors que rien n'indique que Pékin se pliera aux exigences américaines pour que la Chine accentue ses réformes économiques. Le représentant au Commerce américain Robert Lighthizer dirigera la deuxième et dernière journée de négociation avec le vice-premier ministre chinois Liu He, ce qui représente les entretiens au plus haut niveau depuis que M. Trump a rencontré le président chinois Xi Jinping le 1er décembre et déclaré une trêve de 90 jours pour parvenir à un accord durable pour mettre fin à la guerre commerciale. M. Trump doit rencontrer M. Liu à 15 h 30, selon son agenda communiqué par la Maison-Blanche. Alors qu'une percée dans les négociations est jugée peu probable pour le moment, la Maison-Blanche a indiqué qu'un communiqué final sera publié sur les progrès réalisés sur les sujets de base comme les transferts de technologie chinois et les pratiques en matière de propriété intellectuelle, l'accès aux marchés et l'engagement de Pékin à acheter davantage de marchandises américaines.

Le premier indicateur officiel de l'économie chinoise en 2019 a révélé que ralentissement du secteur manufacturier a été un peu moins intense en janvier, quoique l'incertitude au sujet de l'avenir du commerce international avec les États-Unis reste un obstacle. L'indice officiel des directeurs des achats du secteur de la fabrication s'est établi à 49,5 en janvier comparativement à 49,4 en décembre, restant en dessous du seuil de 50 qui annonce une contraction. Un indicateur des nouvelles commandes à l'exportation s'est aussi légèrement amélioré alors que la mesure de l'activité du secteur des services et de la construction révélait une expansion robuste, qui s'est améliorée un deuxième mois de suite. Les données rassureront quelque peu les autorités politiques qui ont lancé des mesures de stimulation ciblées l'an dernier dans l'objectif de contrôler le ralentissement tandis que les représentants au commerce négociaient avec leur contrepartie américaine à Washington cette semaine. Mais il n'y avait pas que des bonnes nouvelles : la situation s'est aggravée pour les petits fabricants et les conditions d'emploi se sont détériorées.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.