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Commentaire financier du jour

Canada

La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada projette sa deuxième année de suite d'investissements records face à la montée des pressions pour qu'elle transporte davantage de matières premières, de denrées et de biens de consommation. Les dépenses en immobilisations grimperont cette année à environ 3,9 milliards $, dont approximativement 1,6 milliard $ pour l'entretien de l'infrastructure ferroviaire, selon un communiqué de l'entreprise sur ses résultats paru mardi. Le Canadien National ciblait des dépenses de 3,5 milliards $ en 2018. La plus grande compagnie de chemin de fer du Canada se prépare à prendre en charge davantage de fret, dont des céréales et du pétrole brut après avoir éliminé des goulots d'étranglement qui lui avaient valu des critiques publiques de clients l'an dernier. Après la nomination de Jean-Jacques Ruest au poste de chef de la direction en mars, le CN a embauché des centaines de conducteurs de train, acheté des wagons et des locomotives et posé des kilomètres de voies. Il s'apprête maintenant à transporter davantage de chargements. Au quatrième trimestre, le bénéfice rajusté s'est élevé à 1,49 $ par action, dépassant la moyenne de 1,47 $ des estimations des analystes compilées par Bloomberg. Le chiffre d'affaires a grimpé de 16 pour cent à 3,81 milliards $, conformément aux attentes.

Le Groupe SNC-Lavalin Inc. ne révélera pas l'endroit du « problème grave » dans ses activités minières qui a provoqué une chute épique de son action lundi. Mais les analystes montrent du doigt le Chili. AltaCorp Capital, Desjardins Marché des capitaux, Canaccord Genuity et Raymond James disent qu'une mine de cuivre exploitée par Codelco, le producteur de cuivre appartenant à l'État chilien, est la source probable des malheurs de SNC. Le chef de la direction de SNC, Neil Bruce, a refusé d'identifier le projet en question, se contentant de dire que le contrat posant problème avait été attribué en 2016. Sur la base de cette date, le contrat est probablement un contrat d'ingénierie, d'achat et de construction pour une usine d'acide sulfurique pour Codelco, a écrit Chris Murray d'AltaCorp. dans une note mardi. Le mystérieux fiasco minier a contribué lundi à la plus forte chute du titre de la société de Montréal en plus de 25 ans. SNC a aussi souffert de la dépréciation de ses affaires en Arabie saoudite sur fond de frictions diplomatiques du Canada avec le royaume.

États-Unis

La baisse des ventes d'Apple Inc. pendant les fêtes reflétait le terrain perdu par le fabricant de l'iPhone en Chine en raison du ralentissement de la deuxième économie du monde. Son chef de la direction, Tim Cook, avait fait de la Chine une partie essentielle de la stratégie de vente et de fabrication d'Apple. La société avait réalisé près de 52 milliards $US de chiffre d'affaires en Chine et à Hong Kong au cours du dernier exercice. Mais alors que la Chine a annoncé sa plus faible croissance économique depuis 2009, Apple a dit que ses ventes ont chuté de 27 pour cent pendant le trimestre de fin d'année – ce qui représentait près de 5 milliards $ de perte de revenu. Le géant de la technologie a déclaré un bénéfice par action de 4,18 $ comparativement à des prévisions de 4,17 $, alors que son chiffre d'affaires a atteint 84,3 milliards $ et que le consensus s'était établi à 83,97 milliards $. Apple avait prédit le 2 janvier qu'elle s'attendait à un chiffre d'affaires d'environ 84 milliards $, soit à peu près 7 milliards $ de moins que prévu, à cause des ventes décevantes en Chine.

Les États-Unis et la Chine tiendront la première de deux journées de négociation au niveau supérieur mercredi pour essayer de trouver une issue à la guerre commerciale qui fait de plus en plus de l'ombre aux deux plus grandes économies au monde. Mais ne retenez pas votre souffle. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qui reste le plus grand défenseur d'un accord dans l'administration Trump, a dit mardi à Fox Business Network qu'il s'attend à des « progrès importants » dans les pourparlers de cette semaine. Mais certains hauts fonctionnaires et d'autres personnes bien informées de l'état des discussions disent que les deux parties demeurent très loin d'une entente sur des enjeux clés, alors que la partie américaine débat encore de la question de savoir comment procéder et est mal préparée pour cette rencontre. L'inculpation cette semaine du géant technologique chinois Huawei Technologies Co. par les États-Unis ne facilite pas les choses.

Europe

Une poussée des exportations a masqué une performance intérieure décevante de l'économie française à la fin de 2018 où les manifestations de gilets jaunes ont freiné les dépenses et les investissements. Au dernier trimestre marqué par des manifestations souvent violentes pour le pouvoir d'achat, l'économie a progressé de 0,3 pour cent, plus que ce qu'avaient prévu les économistes, deux dixièmes de point de pourcentage étant attribuables au commerce international. Les dépenses des ménages ont stagné et un rapport séparé révélait une forte chute rien qu'au mois de décembre, au plus fort des manifestations. Les chiffres du PIB français, qui dénotent aussi la plus faible croissance d'une année à l'autre depuis plus de deux ans – sont parus un jour avant les données pour la zone euro en général et certains de ses plus grands membres. L'économie italienne a probablement glissé vers une récession à la fin de 2018 – sort auquel l'Allemagne n'a échappé que de justesse après avoir dégagé une modeste croissance au quatrième trimestre. Alors que les indicateurs de la confiance baissent devant les incertitudes dues à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et les conséquences du Brexit, la Banque centrale européenne a reconnu que les risques pour les prévisions ont évolué du côté d'une baisse.

Asie

Les dirigeants d'entreprises chinois tirent la sonnette d'alarme de la deuxième économie du monde. Au moins 20 sociétés, dont China Life Insurance Co. et Chongqing Changan Automobile Co., ont dit aux investisseurs tard mardi soir que les bénéfices pour l'ensemble de l'année ne respecteraient pas les prévisions. Les motifs invoqués allaient du ralentissement économique du pays aux récents changements des règles comptables et à la déconfiture boursière de 2 300 milliards $US l'an dernier, ce qui représente la plus grande perte de valeur au monde. China Life a cédé 4,3 pour cent en bourse sur le continent mercredi.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.