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Commentaire financier du jour

Canada

Le gouvernement de l'Alberta a maintenu sa réduction obligatoire de la production de pétrole en février au même niveau qu'en janvier même si les prix du brut canadien ont rebondi. Les producteurs de pétrole de la province devront collectivement réduire leur production de 325 000 barils par jour en février, selon un courriel de Mike McKinnon, porte-parole du ministère de l'Énergie. Les réductions se font par rapport à un chiffre de référence qui est celui du mois où la production était la plus forte sur une période d'un an qui a commencé le 1er novembre 2017 et est le même que le niveau de janvier.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan a donné peu d'indications que son gouvernement est prêt à intervenir contre le blocage du projet d'exportation de gaz de 31 milliards $ de Royal Dutch Shell Plc, évitant de condamner le groupe autochtone qui défie une décision d'un tribunal ordonnant le retrait du blocus. Mais il a reconnu que le projet, LNG Canada, a respecté toutes les exigences pour aller de l'avant et a le soutien de tous les 20 groupes des Premières Nations le long du tracé du gazoduc, y compris les Wet'suwet'en sur les terres desquels se trouve la barricade. « Nous croyons que LNG Canada a respecté les obligations que nous lui avons imposées. » Ce blocus souligne à quel point il est devenu difficile pour le Canada d'ouvrir la voie à des projets énergétiques dûment autorisés – même ceux qui ont l'aval de tous les paliers de gouvernement et des chefs autochtones élus. Quand Shell et ses quatre partenaires asiatiques se sont entendus pour investir en octobre dernier après une décennie de négociations, le projet avait été célébré comme un modèle des rapports futurs que devrait entretenir l'industrie avec les Premières Nations.

États-Unis

La promesse du président Donald Trump de construire un mur le long de la frontière mexicaine l'empêche d'honorer certains de ses autres grands engagements de campagne et priorités politiques. Un réexamen du Département d'État du pipeline Keystone XL pourrait rester en panne. Les paiements aux agriculteurs qui ont perdu des ventes à cause de la guerre commerciale avec la Chine étaient traités par un bureau qui est maintenant fermé. Et sa promesse à Detroit d'alléger les critères d'émission des gaz d'échappement automobiles a été mise de côté en raison de la paralysie de plus d'une douzaine d'organismes fédéraux due au bras de fer dont l'enjeu est le mur frontalier.

Europe

Le marché obligataire primaire d'Europe est sur le point d'enregistrer sa toute première semaine de plus de 70 milliards € (81 milliards $US) de ventes, défiant les prédictions d'un début d'année calme. Environ 16 opérations ont été lancées sur le marché jeudi, s'ajoutant aux 64 milliards € d'obligations vendues ces derniers jours, selon les données compilées par Bloomberg. La plupart des participants du marché s'attendaient à au plus 20 milliards € de transactions en euros, livres sterling et dollars US cette semaine, d'après une enquête de Bloomberg News. L'explosion des émissions comprenait les émissions de titres souverains traditionnelles de janvier par la Belgique et le Portugal, ainsi que des ventes qui peuvent avoir dérapé en décembre en raison de la volatilité du marché. Les emprunteurs pourraient aussi profiter d'une brève accalmie pour solliciter les marchés avant de nouveaux bouleversements liés à des risques tels que celui du Brexit ou des tensions commerciales mondiales.

Asie

La Chine ajoute de nouvelles difficultés à l'économie mondiale cette année, au-delà du conflit commercial qui ébranle déjà les marchés financiers. Les économistes entrevoient maintenant une menace de déflation dans le pays manufacturier, car l'inflation des prix à la production a fortement ralenti en décembre, au plus bas rythme depuis 2016. Nomura Holdings Inc. a dit que « le cauchemar de la déflation de l'IPP est imminent », alors que China International Capital Corp. estime que « les pressions déflationnistes augmentent » et que Haitong Securities Co. prédit que le point d'inflexion pourrait se produire dès ce mois-ci. Cela comprimerait la rentabilité des entreprises sur le marché intérieur, mais exercerait également une pression sur les hausses de prix mondiaux, puisque les prix à l'exportation suivent habituellement ceux à la sortie de l'usine. Alors que la croissance de la production industrielle et des ventes au détail est la plus faible depuis une décennie, les difficultés de la Chine pourraient aussi impliquer une diminution de la demande d'importations, ce qui aurait des effets sur d'autres économies.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.