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Commentaire financier du jour

Canada

En 2018, le bond de la production de pétrole brut de l'Alberta s'est heurté au manque de capacité des pipelines d'exportation, ce qui a provoqué une augmentation des stocks et fait chuter le cours du brut canadien à des records inégalés par rapport aux prix de référence mondiaux. Maintenant, le gouvernement de la première ministre Rachel Notley veut voir si transformer plus de brut dans la province avec une nouvelle raffinerie fera une différence. Le 11 décembre, le gouvernement a fait savoir qu'il sondait des entreprises privées pour construire une raffinerie. L'objectif est de libérer de la place dans les pipelines en transformant davantage de brut en carburants et combustibles à plus grande valeur ajoutée, comme de l'essence et du carburant diesel, localement. Mais les analystes estiment que les raffineries de la province produisent déjà plus qu'il n'en faut. La province recevra les propositions pour une nouvelle raffinerie jusqu'au 8 février et examinera aussi bien les projets tout nouveaux que les expansions d'établissements existants. Pour le moment, le gouvernement veut seulement savoir quels genres de projets les sociétés envisageraient et n'est pas prêt à dire s'il appuiera ces projets ou non. Le brut lourd Western Canadian Select, soit le genre de pétrole produit en Alberta, a chuté à 50 $ le baril sous celui du brut West Texas Intermediate, le brut de référence américain. La situation est devenue si difficile que le gouvernement de l'Alberta a annoncé une réduction obligatoire de la production de 8,7 pour cent à l'échelle de toute la province pour éviter que les prix chutent davantage.

États-Unis

Le président Donald Trump se dit prêt à prolonger la paralysie d'une partie de l'administration fédérale pendant plus d'un an s'il le faut pour obtenir l'argent qu'il réclame pour construire un mur le long de la frontière avec le Mexique. Mais une série d'échéances au cours des sept prochaines semaines augmentera la pression sur M. Trump pour qu'il conclue une entente mettant fin à un blocage de l'administration qui sera bientôt le plus long de tous les temps. Plus tard dans l'année, des problèmes sans liens avec la situation actuelle amplifieront la paralysie actuelle – le plafond de la dette des États-Unis devra être relevé et le Congrès devra passer des ententes avec M. Trump pour éviter des réductions sévères et automatiques des dépenses fédérales. Le vice-président Mike Pence et des représentants de l'administration ont participé à des rencontres samedi et dimanche avec des aides de haut rang du Congrès, sans réussir à débloquer la situation, puisque les exigences des démocrates et des républicains restent très éloignées les unes des autres. Aucune nouvelle réunion du groupe n'est prévue.

Europe

Des députés ont demandé à Theresa May d'exclure tout Brexit sans entente, renforçant une campagne contre un résultat qui menacerait les conditions de vie de leurs électeurs. « Des usines qui emploient des milliers de leurs commettants et leurs emplois seront exposés à un risque immédiat si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord », ont écrit 209 législateurs du parti conservateur de Mme May et de l'opposition dans une lettre qu'ils lui ont envoyée. Cela « causerait des dommages économiques non nécessaires ». Alors qu'il reste moins de trois mois d'ici le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, on ne voit toujours pas d'issue claire à la situation. L'accord qu'a négocié Mme May pendant 18 mois de pourparlers pénibles avec le bloc semble voué à un rejet par un vote parlementaire plus tard ce mois. Cela conduirait le pays à une sortie du bloc sans accord, soulevant des risques pour l'économie puisque de nouveaux droits de douane et des entraves bureaucratiques étrangleraient le commerce avec l'UE.

Asie

Le yuan chinois a grimpé à son niveau le plus élevé par rapport au dollar américain depuis un mois, sans être perturbé par l'assouplissement monétaire de la banque centrale alors que l'économie du pays ralentit. La monnaie chinoise a augmenté de 0,4 pour cent, plus que jamais depuis le 4 décembre, à 6,8436 par dollar US, portant sa progression depuis la mi-décembre à près de 1 pour cent. Le billet vert, pendant ce temps, a baissé par rapport à la plupart des monnaies, ayant chuté à un creux inégalé depuis plus de deux mois lundi alors que la Réserve fédérale donnait des indices d'un possible ralentissement de la hausse des taux d'intérêt. « La confiance du marché s'est améliorée, a dit Gao Qi, stratège de la Banque de Nouvelle-Écosse. La réduction du ratio de réserves obligatoires a augmenté l'espoir d'une amélioration de l'économie et les investisseurs s'attendent à ce que le yuan reste stable pendant que la Chine et les États-Unis mèneront des pourparlers commerciaux à Pékin cette semaine. » Les représentants des deux pays se réunissent pour la première fois depuis que les présidents Xi Jinping et Donald Trump se sont entendus au début de décembre sur une trêve de 90 jours dans leur différend commercial. Le vice-premier ministre de la Chine, Liu He, a assisté à la première journée des négociations alors qu'on ne l'attendait pas.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.