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Commentaire financier du jour

Canada

Pour la première fois en une décennie, les autorités canadiennes craignent une surchauffe de l'économie. Le gouvernement fédéral et la Banque du Canada doivent publier des rapports clés qui dépeindront une économie tournant à plein régime, avec un taux de chômage proche des creux historiques, les dépenses de consommation et l'immobilier résidentiel affichant une bonne tenue face à la hausse des taux d'intérêt, et les entreprises recommençant à investir. La croissance est encore stimulée par l'essor de l'économie américaine et le fait qu'une guerre commerciale ait été évitée avec le premier partenaire du Canada. Le problème, c'est que l'économie canadienne n'est plus faite pour la vitesse, étant donné le vieillissement de sa population active et un long passé de sousinvestissement. Cela crée un nouvel ensemble de problèmes pour les artisans de la politique monétaire, notamment ceux de savoir avec quelle force ils doivent appuyer sur le frein de l'expansion avant une surchauffe et ce qu'il faut faire des problèmes structurels qui limitent le potentiel de croissance de l'économie.

Le gouvernement de l'Alberta cherche des moyens d'augmenter les volumes de pétrole brut exportés du Canada par voie ferrée pour contourner le goulot d'étranglement des oléoducs. Une liste de stratégie sera publiée dans les prochains jours, a dit sa première ministre, Rachel Notley, en conférence de presse lundi à Calgary. Mme Notley a refusé de dire ce que cela comprendra, mais a indiqué que le gouvernement fédéral intervient déjà pour réglementer les expéditions par rail de céréales et d'autres marchandises et que davantage de wagons et de locomotives doivent être commandés. L'annonce a eu lieu alors que le manque de capacité des oléoducs partant de l'Ouest canadien a contribué à faire chuter les prix du brut canadien à un creux record par rapport aux références internationales.

Les investisseurs dans Aurora Cannabis Inc. et Aphria Inc. vont probablement assister à une explosion des volumes et une augmentation des valorisations après l'inscription de ces titres à la Bourse de New York, si on peut se fier aux précédents historiques. Aurora d'Edmonton, en Alberta, commencera à se négocier aux États-Unis mardi sous le symbole ACB, alors que Aphria de Leamington, en Ontario, a déposé une demande d'inscription à la cote la semaine dernière, mais n'a pas encore fixé de date de début de la négociation à New York. Les inscriptions tombent mal : les actions du secteur du cannabis ne cessent de chuter depuis la veille de la légalisation officielle au Canada la semaine dernière. L'indice BI Canada Cannabis Competitive Peers a perdu 21 pour cent depuis le 16 octobre.

États-Unis

L'économie américaine est sur le point d'enregistrer ses meilleurs trimestres consécutifs de croissance depuis 2014, offrant au président Donald Trump un argument de 20 000 milliards $ juste à temps pour les élections de mi-mandat au Congrès. Le rapport qui doit sortir vendredi, dernières statistiques avant les élections du 6 novembre, révélera que le produit intérieur brut a augmenté au rythme annualisé de 3,4 pour cent pendant la période de juillet, août, septembre après une hausse de 4,2 pour cent au cours du trimestre précédent, selon l'estimation médiane des économistes interrogés par Bloomberg. Les dépenses de consommation et l'investissement des entreprises ont probablement stimulé la croissance, et l'accumulation des stocks a aussi contribué.

Europe

D'éminents scientifiques tirent la sonnette d'alarme à propos du Brexit. Des chercheurs en Grande-Bretagne craignent qu'une rupture brutale des liens avec l'Union européenne ou l'incapacité de conclure une entente entraîne un exode de spécialistes hautement qualifiés, réduise le financement et entrave la collaboration. Les craintes s'étendent bien au-delà du Royaume-Uni; les scientifiques préviennent que le Brexit pourrait nuire à l'Europe après des décennies de libre circulation des idées et des personnes par-delà les frontières. Dans un sondage auprès de plus de 1 000 membres du personnel du Francis Crick Institute, le plus grand laboratoire de recherche biomédicale du Royaume-Uni, 97 pour cent des répondants ont estimé qu'un Brexit dur aurait un effet néfaste sur la science britannique.

Les fournisseurs de puces informatiques d'Apple Inc., AMS AG et Atos SE, ont dégringolé après la présentation de prévisions décevantes, sonnant les investisseurs et déclenchant une liquidation des actions de certaines de plus grandes sociétés technologiques d'Europe. La société de services informatiques Ingenico SA a aussi chuté initialement après avoir invoqué une contre-performance de sa division de transactions sur le lieu de vente qui lui a fait réduire ses prévisions de bénéfices sur l'ensemble de l'exercice. La société française de traitement des paiements a chargé un comité d'administrateurs indépendants d'examiner ses options stratégiques. Bloomberg avait dit en octobre que Natixis SA figurait parmi ceux qui envisageaient une éventuelle fusion avec la société.

Asie

La Chine réagit à la chute de ses marchés boursiers et au ralentissement de l'économie avec quelques mesures de stimulation destinées à stabiliser plutôt qu'à relancer la confiance des investisseurs. La banque centrale compte donner 10 milliards de yuans (1,4 milliard $US) à China Bond Insurance Co. pour assurer un soutien au crédit pour des ventes d'obligations par des entreprises privées, selon un article de Bloomberg, mardi. En plus de nouveaux outils pour stimuler les prêts aux entreprises et d'un délai pour réduire les barrières contre l'investissement étranger, ces mesures s'ajoutent à celles déjà prises pour assurer du financement et des investissements pour l'économie. En réaction, la bourse a de nouveau piqué du nez mardi, signalant que les craintes des investisseurs pour l'économie n'ont pas été apaisées par ces annonces. Le yuan, qui a perdu plus de 6 pour cent par rapport au dollar américain cette année, s'est apprécié.

Les actions japonaises ont reculé mardi, marquant la baisse de valeur de plus de mille milliards de dollars de capitalisation boursière cette année, devant les craintes croissantes des investisseurs à l'égard des prochains rapports trimestriels des entreprises et d'un ralentissement de l'économie de la Chine. L'indice Topix a cédé 2,7 pour cent pour descendre à son plus bas niveau depuis plus d'un an, portant son recul cette année à 9,2 pour cent. La première section de la Bourse de Tokyo a perdu 529 milliards $ et est en passe d'enregistrer sa plus mauvaise performance annuelle depuis 2011. Les sociétés technologiques et chimiques ont le plus plombé l'indice de référence avant la sortie d'une vague de rapports sur les résultats. Environ 200 sociétés japonaises doivent annoncer leurs résultats cette semaine.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.