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Commentaire financier du jour

Canada

La Banque Toronto-Dominion veut que ses clients effectuent seuls neuf opérations de routine sur dix d'ici trois ans. « Aujourd'hui, au Canada, 81 pour cent des opérations financières sont faites en libre-service, par voie numérique et aux GAB, a dit Rizwan Khalfan, chef, Numérique et Paiements, du plus grand prêteur du Canada, dans une interview. Nous visons 90 pour cent. » TD a mis en vedette ses efforts technologiques à un événement pour les médias à Toronto mercredi, ce qui comprenait une nouvelle version de l'application mobile de la banque qui intègre des informations adaptées sur mesure aux sujets qui intéressent les clients, ainsi que l'état d'avancement de son acquisition en janvier de la société d'intelligence artificielle Layer 6 Inc.

TransCanada Corp. fait subir une douche froide aux spéculations sur la relance possible par la société du projet d'oléoduc Énergie Est. Avec les retards pris par le projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain et d'autres réseaux qui ont poussé le différentiel entre le brut canadien et l'offre américaine à des niveaux records, certains commentateurs ont suggéré que TransCanada pourrait ressusciter ses projets pour Énergie Est, qui aurait acheminé environ 1,1 million de barils par jour de pétrole de l'Ouest canadien vers des raffineries et un terminal marin sur la côte est. TransCanada a abandonné le projet l'an dernier devant la forte opposition de groupes de défense de l'environnement. Le projet de 15,7 milliards $ aurait consisté à convertir une partie d'un gazoduc existant et à poser de nouvelles conduites. La partie gazoduc est actuellement utilisée à pleine capacité, selon Karl Johannson, président du secteur gazoduc et énergie de la société au Canada et au Mexique.

États-Unis

C'était la tempête du siècle qui a fait subir aux actions américaines leur pire séance en huit mois, fait baisser les actions européennes au plus bas depuis décembre 2016 et chuter plus de 1 000 sociétés chinoises à leur cours limite journalier. Les taux des obligations du Trésor américain ont bondi plus que jamais depuis 2011, vendredi, après que le président de la Réserve fédérale américaine a encensé l'économie américaine, faisant monter les attentes d'une poursuite du resserrement de la politique monétaire. La montée des taux d'intérêt n'a pas interrompu la tendance à la hausse des actions américaines jusque-là, mais les taux ont franchi le seuil au-delà duquel ils commencent à peser sur les actions qui sont chères et à rendre la bourse moins intéressante. On surveillera en particulier les statistiques d'inflation américaines qui doivent paraître aujourd'hui.

De plus en plus de sociétés s'élèvent contre les répercussions de la guerre commerciale sur leurs activités. Trinseo SA a été le deuxième fabricant de produits chimiques, mercredi, à lancer un avertissement sur des résultats potentiellement décevants, en partie en raison de l'incertitude de la situation commerciale internationale. Le fournisseur industriel Fastenal  Co. avait déjà dit que de nouveaux tarifs douaniers sur les marchandises chinoises nuisent à ses clients.

Le Fonds monétaire international a réduit ses prévisions de croissance mondiale cette semaine, mettant en cause la montée des tensions commerciales et des difficultés des marchés émergents. Et si la hausse de 19 pour cent cette année du prix du brut WTI donne un coup de pouce à certaines économies, l'Agence internationale de l'énergie a prévenu que la flambée des cours due à la diminution des approvisionnements de l'Iran et du Venezuela engendre une « situation à risque » pour l'économie mondiale. Alors que la situation macroéconomique est encore solide, particulièrement aux États-Unis, on craint maintenant d'être en train d'entrer dans la dernière phase du cycle économique.

Europe

Les actions européennes suivent les valeurs asiatiques dans leur chute, l'indice Stoxx 600 affichant le plus bas niveau depuis janvier 2017. Tous les secteurs de l'indice Estoxx ont dévissé; la faiblesse du secteur des matières premières et des métaux a plombé les titres des secteurs du pétrole et des ressources naturelles de base. L'indice FTSE MIB devrait entrer dans un cycle baissier alors que les banques locales reperdent leur vigueur initiale pour se négocier à la baisse de 0,7 %. L'USD s'est déprécié de 0,3 % et la couronne suédoise se démarque au sein du G10, les données sur l'inflation dépassant le consensus du marché. Les courbes de rendement tendent vers un aplatissement et le marché continue de pénaliser les porteurs d'obligations italiennes. Les taux à court terme italiens ont augmenté d'environ 20 pb depuis l'ouverture des marchés. Les propos rassurants du président du comité du budget de la chambre basse n'ont pas beaucoup inspiré les opérateurs lors de l'adjudication d'obligations italiennes de ce matin, les nouveaux titres étant à la peine près du plus creux en séance. Les rendements américains étaient généralement stables en attendant la sortie des données sur l'IPC.

Asie

Même pour les marchés boursiers les plus performants du monde, les pertes de jeudi étaient extrêmes. L'indice boursier de référence de la Chine a clôturé en baisse de 5,2 pour cent, ce qui représente la plus forte baisse depuis février 2016, alors que la liquidation mondiale s'est propagée. Plus de 1 000 titres sont tombés au cours limite de la journée, soit plus d'un sur quatre. L'indice composé de Shanghai a terminé la séance sous 2 600, seuil qu'il n'avait même pas franchi pendant les krachs boursiers de 2015 et de 2016. Hong Kong ne s'en est guère mieux tirée, l'indice Hang Seng ayant perdu 3,5 pour cent, soit son recul le plus important en huit mois. Tencent Holdings Ltd., le titre jouissant de la plus forte capitalisation boursière en Asie, a dérapé de 6,8 pour cent prolongeant une séquence record de pertes qui en est maintenant à son 10e jour.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.