Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

Les États-Unis ont importé un volume record de pétrole brut du Canada la semaine dernière, malgré les goulots d'étranglement dans le réseau de transport qui handicapent le secteur pétrolier canadien. « La tendance à l'augmentation des exportations de brut canadien continuera, car la production du Canada augmente. Et cela se matérialisera tout particulièrement avec les États-Unis », dont les raffineries tournent à des cadences record, a dit Andy Lipow, président de Lipow Oil Associates LLC à Houston, au téléphone. Au Canada, l'augmentation de l'offre a mis sous forte pression la capacité des pipelines vers le sud, faisant baisser les prix du pétrole. Une partie de ce volume a débordé sur le réseau ferroviaire, mais le marché réclame une expansion des oléoducs, qui représentent un mode de transport plus économique. Malgré l'engorgement, les raffineurs américains ont pris livraison de 3,73 millions de barils par jour de pétrole canadien au cours de la semaine terminée le 29 juin, ce qui représente le volume le plus important selon les données gouvernementales hebdomadaires depuis juin 2010. Cette accélération a aidé à faire grimper les importations totales de brut aux États-Unis à 9,01 millions, le niveau le plus élevé depuis plus d'un an.

États-Unis

L'écart de rendement entre les obligations de 2 ans et celles de 10 ans a chuté à moins de 30 points de base, soit le plus bas niveau depuis l'été de 2007. Cela suscite la crainte d'une inversion prochaine de la courbe des rendements, mouvement qui a précédé la majorité de toutes les récessions américaines dans les dernières décennies. Pour le moment, la croissance du crédit et les profits des prêteurs sont en bonne santé face à une forte demande alors que les trésoriers couvrent leurs risques de taux d'intérêt. Les banques réalisent aussi des milliards de dollars de revenus de négociation ainsi que d'honoraires et de commissions générés par l'activité du marché des capitaux, comme les fusions et les acquisitions. Mais en théorie, une courbe des rendements totalement horizontale ou inversée comprimera assez rapidement les marges nettes d'intérêt – mettant en péril la croissance du crédit alors que l'expansion américaine tire en longueur. « Nous approchons de la fin du cycle, dit Mark Holman, chef de la direction de TwentyFour Asset Management. Les banques ne sont pas idiotes, elles chercheront à se défaire des plus mauvais crédits. »

Si une récession américaine ou mondiale se profile, il est temps de détenir de francs suisses, des dollars de Singapour, des dollars américains et des yens japonais – et de se débarrasser des monnaies des marchés émergents, selon les analystes de JPMorgan Chase & Co. « Pendant les récessions, les créanciers veulent récupérer leur argent », écrivent ces analystes, dont Paul Meggyesi, dans une note du 6 juillet. « Trois des quatre principales monnaies à détenir pendant une récession sont celles de pays qui affichent des positions extérieures extrêmement fortes. » Le yen est la moins chère des couvertures contre une récession, alors que le dollar de Singapour est la moins intéressante, conclut l'équipe. L'USD en profite parce que, étant la monnaie de financement mondial par défaut, le reste du monde doit racheter des dollars US quand les banques et les entreprises se soulagent de leurs dettes pendant une récession, selon le stratège de JPMorgan. Le billet vert a déjà dépassé la normale depuis quelques mois avec l'escalade des tensions commerciales.

Europe

La livre sterling a grimpé au plus haut niveau en près d'un mois, porté par l'espoir que la crise qui secoue le gouvernement de la première ministre du Royaume-Uni Theresa May n'aboutisse pas à une remise en cause de son leadership. La livre a progressé par rapport au dollar américain et à l'euro à Londres, les opérateurs ayant estimé que la démission de David Davis, le secrétaire au Brexit, rendrait plus probable une sortie en douceur de l'Union européenne, même si son remplaçant désigné, Dominic Raab, s'est lui aussi prononcé pour le Brexit. Jacob Rees-Mogg, un député favorable au Brexit, a dit lundi qu'un vote de confiance à la première ministre n'est pas immédiatement en vue. La monnaie britannique pourrait être vulnérable si la démission de M. Davis déclenchait une contestation ouverte de la place de Mme May à la tête du gouvernement, alors que la nomination de M. Raab comme secrétaire au Brexit ne changera pas fondamentalement la donne. D'autre part, si Mme May réussit à étouffer la rébellion, cela sera considéré comme un feu vert dans sa quête d'une relation plus étroite avec l'UE.

Asie

Un aéroport régional au Royaume-Uni et une compagnie de chemin de fer express en Suède sont deux placements qu'un fonds de retraite australien de 41 milliards $US considère comme sûrs lors de la fin inévitable du cycle économique. L'incertitude du commerce international et un ralentissement plus fort que prévu de la Chine a incité Sunsuper Pty Ltd. à déplacer davantage de ses capitaux vers des biens d'infrastructures, selon son chef des placements, Ian Patrick. Par ailleurs, le gestionnaire de fonds de retraite de 55 milliards $A qui compte parmi ses clients le personnel de la banque centrale d'Australie et Unilever réduit son exposition aux titres cotés en bourse, dont les actions, alors que les valorisations grimpent en flèche, dit-il. « Dès qu'on entre dans la phase finale du cycle, les gens oublient à quel point les valorisations sont étirées, a dit M. Patrick dans un récent entretien à Sydney. Les valorisations des titres non cotés ne grimpent pas à des niveaux aussi élevés et gardent donc plus de valeur relative. » Le cycle économique mondial culminera probablement d'ici 12 à 18 mois, a-t-il ajouté.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.