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Commentaire financier du jour

Canada

Les vendeurs à découvert sont de plus en plus nombreux à parier que la Banque du Canada assouplira sa position suite aux tensions commerciales aggravées qui ébranlent la confiance des marchés à l'égard d'éventuelles hausses des taux d'intérêt. L'écart entre les acceptations bancaires de septembre 2018 et de décembre 2018 n'était plus que de 14,5 points de base mardi, après un volume record de règlements sur deux jours. Les participants du marché estiment désormais que le durcissement de la politique d'ici à la fin de l'année se limitera à 41 points de base au lieu des 60 points de base prévus le mois dernier. Le dollar canadien a du même coup baissé, cédant 2,5 pour cent par rapport au dollar américain depuis le début de juin.

Il se pourrait bien que l'oléoduc Keystone XL de TransCanada Corp. soit de trop Canada, du moins pour le moment. La construction de cet oléoduc aux fins d'exportation doterait l'Ouest canadien d'une capacité de transport supérieure à ses besoins jusqu'en 2030, si on suppose que ce pipeline sera exploité au cours de la prochaine décennie en même temps que le réseau pipelinier agrandi de Trans Mountain et que la canalisation 3 d'Enbridge Inc., selon un rapport de recherche publié mardi par le Canadian Energy Research Institute (CERI). Ces trois canalisations feraient passer la capacité d'exportation de brut du pays, d'un peu mois 4 millions de barils par jour l'année dernière, à environ 5,5 millions selon le CERI. La production croissante de pétrole brut de l'Alberta, provenant essentiellement des sables bitumineux, ne dépassera pas la capacité des oléoducs existants et des trois oléoducs devant être agrandis, au cours des douze prochaines années.

États-Unis

L'économie américaine a été florissante ce trimestre, les réductions d'impôt ayant profité aux consommateurs et aux entreprises. Cette embellie risque toutefois d'être de courte durée. Le marché de l'habitation a peine à poursuivre sa progression du fait des contraintes imposées à l'approvisionnement et de la poussée du prix des propriétés, les données publiées mardi faisant état d'une forte baisse inattendue des permis de construction. Le secteur industriel ralentit par suite de l'allongement de l'arriéré des commandes et d'une hausse accélérée du prix des intrants, notamment du pétrole, mais aussi des métaux avec l'imposition de tarifs. En outre, le président Donald Trump est sur le point d'entamer une guerre commerciale avec la Chine susceptible de se traduire par l'imposition de centaines de milliards de dollars de droits de douane sur des biens. Il y a donc multiplication de facteurs défavorables à la croissance économique, qui a été bonne ce trimestre à 4 pour cent, la plus forte depuis 2014. Alors que l'administration Trump déclare que cette vigueur arrive au bon moment pour serrer la vis aux partenaires commerciaux des États-Unis, en particulier la Chine, les marchés ont eu une vision moins optimiste mardi, les économistes avertissant que des sanctions commerciales prolongées compliqueront les choses pour les entreprises et les consommateurs.

Le secrétaire d'État, Steven Mnuchin, a fait part de son mécontentement concernant la guerre commerciale que le président Donald Trump livre à la Chine en s'abstenant de tout commentaire. M. Mnuchin, qui se fait généralement l'avocat des réalisations économiques mêmes minimes de M. Trump, reste délibérément silencieux pour montrer son mécontentement, tandis que le président va de l'avant avec l'imposition de droits de douane sur des dizaines de milliards de dollars de biens chinois, ont déclaré deux personnes au courant de ce qu'il pense. Celui-ci cherche à régler à l'interne les différends sur la politique commerciale, ont-elles déclaré.

Europe

Les bourses européennes ont monté en même temps que les contrats à terme américains, ce qui a accéléré l'élan imprimé par l'Asie, tandis que la panique créée par le risque d'une guerre commerciale mondiale donnait des signes d'apaisement. Les taux des obligations du Trésor ont augmenté et le dollar s'est maintenu, tandis que l'euro baissait et que le pétrole montait. Tous les secteurs de l'indice Stoxx Europe 600 a progressé, l'indice ayant bondi après trois jours de recul. Plus tôt en Asie, les actions japonaises et chinoises avaient inversé leurs tendances à la baisse, même si l'indice composé de Shanghai est demeuré sous la barre des 3 000 points depuis son repli mardi. Le cours du pétrole a monté avant la tenue de la réunion des membres de l'OPEP qui aura lieu à la fin de la semaine. Le cours de l'euro a reculé après que le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Ewald Nowotny, a commenté la voie divergente qu'empruntent les taux aux États-Unis et en Europe. La livre anglaise s'est repliée avant la tenue d'un vote important sur le Brexit.

Asie

La menace brandie par Donald Trump d'imposer des droits de douane sur 200 milliards $US supplémentaires d'importations chinoises pourrait amputer d'un demi-point de pourcentage la croissance économique du pays, selon les économistes. Cet avertissement survient au moment où la deuxième économie mondiale – qui est aussi celle qui contribue le plus à la croissance mondiale – donne déjà des signes de ralentissement au moment où le conflit commercial qui couve avec les États-Unis risque de se transformer en une longue guerre commerciale. L'économie de la Chine a affiché un taux de croissance de 6,9 pour cent en 2017 et son gouvernement s'est fixé un taux de croissance de 6,5 pour cent pour l'année en cours.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.