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Commentaire financier du jour

Canada

La défense par Justin Trudeau des droits de douane canadiens appliqués aux produits laitiers ne concerne pas uniquement l'agriculture et la politique – mais aussi la dette. Le premier ministre a affronté Donald Trump ce mois-ci au sujet du système de « gestion de l'offre » du Canada, qui établit des quotas pour les produits laitiers, les œufs, les volailles et impose des droits de douane élevés au-delà de ces seuils. En dépit de l'excédent des États-Unis dans les échanges de produits laitiers avec le Canada, le président américain veut faire voler en éclats le système canadien. M. Trudeau s'y oppose pour diverses motifs, notamment en raison de l'enjeu financier. Le système de protection du marché des produits laitiers du Canada plafonne la production afin d'éviter toute surproduction et d'assurer aux agriculteurs une stabilité des prix. Les permis délivrés dans le cadre de ce système de gestion de l'offre, appelés quotas, valent actuellement 35 milliards $CAN (26 milliards $US), les quotas de produits laitiers valant environ 30 milliards $CAN. Les agriculteurs utilisent ces quotas comme garantie. La dette totale des agriculteurs canadiens s'élève à environ 102 milliards $CAN, près d'un tiers de cette somme étant prêtée par une agence fédérale.

Les actions canadiennes se sont appréciées tandis que les marchés mondiaux reculaient, le secteur de l'énergie ayant enregistré les gains les plus importants malgré la crainte croissante d'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. L'indice composé S&P/TSX a gagné 0,4 pour cent à 16 383,63, ce qui le situe à moins de 30 points d'un sommet à la clôture. Tandis que le secteur énergétique progressait de 1,5 pour cent, Baytex Energy Corp. reculait après que cette société s'est engagée à acquérir un producteur pétrolier rival dans l'Ouest canadien, Raging River Exploration Inc. Cette acquisition pour 1,6 milliard $CAN (1,2 milliard $US) pourrait avoir indisposé les investisseurs, selon les observateurs.

États-Unis

Les tensions commerciales entre les deux grandes économies mondiales se sont aggravées, la Chine s'apprêtant à riposter énergiquement aux droits de douane supplémentaires de 200 milliards $ que le président Donald Trump s'apprête à imposer sur les importations chinoises. M. Trump a demandé de recenser pour 200 milliards $US de tarifs supplémentaires de 10 pour cent sur les importations chinoises, avec 200 milliards $US de plus si Pékin riposte. Les droits de douane de 50 milliards $ déjà annoncés vendredi visaient essentiellement des produits industriels. Les droits supplémentaires feraient augmenter le prix des jouets, des outils, des t-shirts et de bien d'autres biens de consommation aux États-Unis.

Les dirigeants américains ont cherché pendant des années à éviter ce qu'ils considèrent comme le mal japonais, caractérisé par une économie déprimée, plombée par la déflation. Cependant, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, espère désormais que la croissance américaine se comporte un peu comme le Japon sous l'un de ses principaux aspects : le marché de l'emploi. Pour éviter que le taux de chômage baisse au point d'atteindre le niveau de la fin des années 60, M. Powell fait le pari qu'il ne débouchera pas sur une spirale des salaires et des prix qui se traduirait par une hausse rapide de l'inflation comme celle qui a caractérisé cette époque. Il semble plutôt compter sur le développement d'une situation s'apparentant un peu plus à la situation actuelle du Japon, où le taux de chômage, bien inférieur à celui des États-Unis, n'a pas exercé autant de pression sur les salaires et l'inflation.

Europe

Mario Draghi a promis que la Banque centrale européenne prendra le temps qu'il faudra pour hausser les taux d'intérêt, ce qui renforce l'accord intervenu la semaine dernière entre les dirigeants pour maintenir les coûts d'emprunt tels quels, au moins jusqu'à l'été 2019.

Asie

L'indice boursier de référence de la Chine a plongé de près de 5 pour cent à un moment et, à la clôture, l'aggravation des tensions avec les États-Unis a fait reculer 1 023 titres jusqu'à la limite quotidienne à 10 pour cent – soit plus d'un titre sur quatre. Ces pertes ont été aggravées par la glissade de l'indice composé de Shanghai au-dessous de 3 000 points, un niveau atteint lors de l'effondrement du marché en 2015 et 2016.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.