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Commentaire financier du jour

Canada

La découverte annoncée par la Banque Laurentienne de problèmes additionnels concernant ses prêts hypothécaires représente plus un risque opérationnel qu'un risque financier, mais détourne l'attention de l'affaire sous-jacente, écrit Robert Sedran, analyste de CIBC qui rétrograde la banque de « neutre » à « rendement inférieur ».

Petroliam Nasional Bhd. de Malaisie s'est engagée à prendre une participation de 25 pour cent dans un projet de gaz naturel liquéfié au Canada dirigé par Royal Dutch Shell Plc. L'unité canadienne de Shell détiendra 40 pour cent, alors que des filiales de PetroChina Co. et Mitsubishi Corp. auront chacune 15 pour cent, selon un communiqué publié jeudi par Petronas. Une unité de Korea Gas Corp. détiendra 5 pour cent. Le projet d'installation d'exportation de GNL de 40 milliards $ à Kitimat près de Prince-Rupert – le port nord-américain le plus proche de l'Asie – pourrait, à terme, avoir une capacité d'expédition de 26 millions de tonnes de gaz liquéfié par an. L'accord marque un retournement de situation pour Petronas qui avait abandonné son propre projet de GNL de 27 milliards $US en Colombie-Britannique en juillet dernier après une escalade des coûts et une forte opposition des groupes de protection de l'environnement et autochtones. Cette décision la laissait sans plan pour expédier le gaz produit par son unité Progress Energy Canada à l'Asie, comme prévu initialement.

La Banque du Canada ouvre la voie à une nouvelle ronde d'augmentations des taux d'intérêt au deuxième semestre alors que l'économie nationale atteint les limites de ses capacités et que l'inflation oscille autour du niveau le plus élevé depuis sept ans. Son gouverneur, Stephen Poloz, a laissé le taux inchangé à une troisième reprise mercredi, mais a présenté une évaluation optimiste de l'économie et abandonné ses appels à la prudence antérieurs. Le huard et les rendements des obligations canadiennes ont monté après l'annonce à Ottawa. Le changement de ton indique que les grands argentiers prennent davantage confiance dans la résilience de l'expansion actuelle et la capacité de l'économie de faire face à une augmentation des coûts d'emprunt, alors même que les dettes des ménages continuent d'augmenter. La BdC a déjà haussé les taux d'intérêt trois fois depuis le milieu de l'an dernier, dans le cadre d'un effort pour ramener le loyer de l'argent historiquement bas à un niveau plus normal.

États-Unis

Darren Woods d'Exxon Mobil Corp. a dit que sa société est en train de se livrer à un délicat exercice d'équilibrisme entre ceux qui aspirent à un environnement plus propre et ceux qui visent une croissance économique reposant sur une augmentation de la demande d'énergie. Exxon prévoit d'investir plus de 200 milliards $US dans d'importants projets de gaz et de pétrole répartis dans le monde sur sept ans, ce qui révèle que la croissance l'emporte dans les plans de l'entreprise. « La société aspire à la croissance économique, à une énergie fiable et abordable et à la protection de l'environnement, a dit M. Woods à l'assemblée annuelle d'Exxon à Dallas, mercredi. Notre rôle, tel que nous le percevons, est d'aider à réduire le fossé entre ce que les gens veulent et ce qui peut être fait de manière responsable. C'est, à mon sens, ce que signifie le développement durable. »

Europe

Les craintes d'une guerre commerciale mondiale augmentent alors que l'administration Trump envisage aussi des droits de douane sur les importations d'automobiles aux États-Unis et sur 50 milliards $US d'importations de la Chine. Le Fonds monétaire international a averti qu'une vague de forces protectionnistes représente le plus grand risque pour les perspectives économiques mondiales. Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, a dit qu'elle ne pense pas que l'UE sera totalement exemptée de nouveaux droits de douane ou quotas. « Nous souhaiterions une décision positive du côté américain, sans droits de douane ni quotas », a-t-elle dit au parlement européen mardi, message qu'elle a réitéré après sa rencontre avec Wilbur Ross, le secrétaire au Commerce américain. « Mais en tout réalisme, nous ne pensons pas pouvoir espérer cela. »

Les actions européennes ont dérivé après un rebond asiatique, car les investisseurs avaient du mal à regagner confiance devant des perspectives politiques embrouillées dans le sud de l'Europe et la situation incertaine du commerce international. Le dollar américain a baissé alors que l'euro remontait et que les rendements obligataires italiens redescendaient. L'indice Stoxx Europe 600 a réduit un gain au moment où les populistes italiens s'efforçaient de ranimer leur projet de coalition gouvernementale, où le premier ministre espagnol affrontait les perspectives d'une motion de censure et où l'UE se préparait à l'imposition possible de droits de douane américains. L'euro s'est apprécié alors que l'inflation de la zone euro atteignait le rythme le plus rapide depuis plus d'un an.

Asie

L'indice officiel de la production industrielle de Chine a monté plus que prévu, les commandes à l'exportation s'étant accélérées. Le commerce continue donc de stimuler la croissance, l'économie mondiale poursuivant sa route en dépit des risques. L'indice des directeurs des achats industriels a atteint en mai un sommet de 51,9, vieux de huit mois, dépassant ainsi les prévisions des économistes interrogés par Bloomberg, qui avaient tablé sur un indice inchangé à 51,4. L'indice des directeurs des achats non industriels, ce qui comprend les services et la construction, a progressé un troisième mois de suite à 54,9, a déclaré le bureau de la statistique ce jeudi. Il s'était établi à 54,8 en avril. Un niveau supérieur à 50 indique une amélioration. L'indice des directeurs des achats pour les nouvelles commandes à l'exportation est passé de 50,7 à 51,2, les prix des intrants et des extrants ayant augmenté tandis que les stocks et les carnets de commandes diminuaient. L'activité se maintient malgré le ralentissement des emprunts, les tensions commerciales avec les États-Unis et les querelles politiques de la Turquie à l'Italie qui assombrissent les perspectives générales. La trêve entre les deux grandes économies mondiales sur les échanges commerciaux risque d'être rompue après que le président Donald Trump a déclaré cette semaine que les États Unis imposeront des droits de douane sur les produits chinois, ce qui est susceptible de nuire à la production nationale.

La demande extérieure a contribué à la croissance économique qui durait depuis deux ans au Japon avant la contraction survenue au premier trimestre. La demande mondiale devrait rester robuste, mais le cycle technologique tributaire de la production de téléphones intelligents à l'origine d'une grande partie de la croissance récente en Asie s'essouffle, comme en témoigne la production des usines japonaises en avril. Les économistes s'attendent à une reprise de la croissance au Japon ce trimestre, mais elle pourrait être compromise par l'accroissement des frictions commerciales et le protectionnisme américain, notamment avec la menace d'imposition de droits de douane sur la production automobile.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.